Présidentielle 2022 : La soirée électorale, « un grand moment » qui attend les journalistes

BREAKING NEWS Anne-Claire Coudray, Nathalie Renoux et Maxime Switek se confient sur cette première échéance importante de l’élection présidentielle

Clément Rodriguez
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Anne-Claire Coudray de TF1, Nathalie Renoux de M6 et Maxime Switek de BFMTV
Anne-Claire Coudray de TF1, Nathalie Renoux de M6 et Maxime Switek de BFMTV — CHRISTOPHE CHEVALIN/TF1/Philippe QUAISSE/PASCO AND CO/M6/Abaca Press/Jérôme Dominé
  • Ce dimanche soir, les chaînes de télévision basculeront en édition spéciale pour faire vivre aux téléspectateurs les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.
  • Anne-Claire Coudray de TF1, Nathalie Renoux de M6 et Maxime Switek de BFMTV se confient à 20 Minutes sur l’importance de cette soirée et l’enjeu qu’elle représente pour eux.
  • « Être journaliste et annoncer le nom du président, c’est forcément une fierté », assure Nathalie Renoux. « Il faut accepter de ne pas totalement savoir ce que l’on va raconter une demi-heure avant », reconnaît Anne-Claire Coudray. « Il va falloir rester très concentré et très calme », note Maxime Switek.

« Il est 20 heures, voici les noms de deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle ». Une phrase symbolique, un marqueur de la démocratie, que plusieurs dizaines de millions de Français entendront dimanche soir et que seule une poignée de journalistes prononceront à la télévision. Ce privilège revient cette année à Anne-Claire Coudray (accompagnée de Gilles Bouleau) sur TF1, à Nathalie Renoux sur M6 et à Maxime Switek (en duo avec Apolline de Malherbe) sur BFMTV.

Pour ces trois visages de l’info, un véritable marathon a démarré cette semaine et ce seront sans nul doute les derniers kilomètres qui seront les plus difficiles à endurer. « C’est une soirée intense, on n’est pas là pour s’ennuyer », sourit Nathalie Renoux qui sera aux commandes d’une édition spéciale du 19.45 tandis qu’Anne-Claire Coudray évoque « une soirée passionnante mais aussi un peu stressante » puisqu’il faudra s’adapter aux surprises et aux incertitudes de l’exercice.

Le moment « prévisible » le plus important de l’année

Pour Nathalie Renoux, « le 10 et le 24 avril seront indéniablement deux moments très forts » à vivre. Il est impossible pour la journaliste de dire s’il s’agira de la soirée la plus importante de l’année « pour la simple et bonne raison qu’on ne sait pas ce que l’actualité nous réserve » mais elle estime tout de même qu’ils sont en tête de liste « en matière d’événements prévisibles ».

Il est également difficile pour Anne-Claire Coudray de répondre à cette question, tant sa carrière a été marquée par « des moments d’une gravité ou d’une joie extrême, comme une soirée d’attentats ou une victoire de Coupe du monde ». Mais la présentatrice du JT du week-end de TF1 cite « un moment solennel où l’on sort vraiment de l’exercice classique du journal ».

De la concentration pour pallier l’incertitude

Chacun des journalistes saisit l’enjeu du verdict de 20 heures et de la pression qui entourera ce moment. « C’est surtout une question de concentration maximale dans le quart d’heure qui va précéder. On va sans doute être bombardé d’informations, il va falloir rester très concentré et très calme pour afficher un résultat clair et lisible », note Maxime Switek.

Les journalistes connaîtront les noms de deux finalistes du second tour quelques minutes seulement avant le public, ce qui laisse planer beaucoup de doute au-dessus de cette édition spéciale. « Il faut accepter de ne pas totalement savoir ce que l’on va raconter une demi-heure avant. C’est ce qui fait de cette soirée un exercice stimulant pour nous parce qu’on s’adapte en permanence », souligne Anne-Claire Coudray qui animera sa deuxième soirée de présidentielle sur TF1 dimanche et qui sait à quel point rien n’est totalement joué.

Nathalie Renoux, elle, sera entourée en plateau de Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Harris Interactive, et d'Olivier Bost, journaliste politique de RTL. En revanche, elle sera la seule cheffe d’orchestre de ce moment qu’elle considère comme « hyper excitant » mais « il ne faut pas se laisser déborder par sa propre émotion, par sa propre impatience, et rester canalisée », se répète-t-elle. Car tous s’accordent à dire que cette soirée est un événement que tout journaliste rêve de vivre.

« Je sais que c’est un grand moment qui m’attend »

« Être journaliste et annoncer le nom du président, c’est forcément une fierté, fait valoir Nathalie Renoux. Ce sont des moments comme ça qui font que la vie d’un présentateur devient très excitante. Je sais que c’est un grand moment qui m’attend. » Un sentiment partagé par son homologue de TF1. « Les gens pensent que l’on est militants et politisés. Je ne sais pas comment leur expliquer que c’est tout le contraire. Vous ne pouvez pas être militant politique parce que ça vous empêche de vivre ces moments-là comme vous devez les vivre, c’est-à-dire de façon journalistique », argumente Anne-Claire Coudray qui sera là pour recueillir les réactions des différents candidats et questionner l’avenir des partis politiques.

Si les deux journalistes de TF1 et M6 ont déjà animé des soirées présidentielles, ce sera une première pour Maxime Switek. « Il y a de l’excitation parce que c’est un moment que je n’ai jamais vécu en direct, que ça fait partie des passages attendus quand vous faites de l’antenne, témoigne le présentateur de BFMTV. Là, on a un des événements les plus marquants de la politique française donc évidemment, vous avez envie de le vivre. Il y aura forcément un peu de stress dimanche soir mais tout se passera bien. »

Afin de vivre au mieux ce premier tour, différents scénarios ont été imaginés en amont pour ne pas se laisser surprendre par l’annonce des gagnants. « On sait très bien qu’on aura peu de temps avec chaque invité et qu’il faudra que notre première question pose l’enjeu pour eux, avance Maxime Switek. Ça se prépare d’une certaine manière parce qu’il y a des choses que l’on peut envisager. Il nous faut toute la palette des configurations et des hypothèses possibles pour pouvoir réagir au plus vite. »

Une soirée jonchée de pièges

Animer une soirée électorale n’est pas sans risque. Au moment fatidique, il est même possible que les noms de deux personnalités qualifiées pour le second tour ne soient pas connus. « Il y a une ligne rouge au-delà de laquelle on pourrait être obligé de dire à nos téléspectateurs qu’on ne peut pas départager les deux finalistes et qu’il nous faut encore quelques minutes », explique Anne-Claire Coudray en parlant de l’abstention, des indécis et de la fermeture de tous les bureaux de vote à 19 heures minimum comme autant d’éléments qui pourraient rendre difficile la proclamation des résultats.

Toutefois, s’ils sont connus avant 20 heures et que l’information circule déjà dans les quartiers généraux, il faudra veiller à ne pas montrer l’ambiance qui y régnera. « En fonction du QG où vous allez, vous voyez si les gens sont plus ou moins dépités ou très joyeux, raconte Nathalie Renoux. Il faut faire très attention à ne pas le montrer à l’antenne et ne pas donner des indices qui pourraient éclairer les téléspectateurs. » Aucun sondage ne peut en effet faire l’objet d’une publication, d’une diffusion ou d’un commentaire le jour de l’élection avant « la fermeture du dernier bureau de vote sur le territoire métropolitain » indique la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d’opinion.

Dernier piège à éviter pour les journalistes : ne pas se faire embarquer par les intervenants qu’ils reçoivent en plateau. « Les candidats ou leurs représentants sont dans la confrontation et ont la fâcheuse tendance d’utiliser les journalistes comme vecteurs de leur colère, rapporte Anne-Claire Coudray. Il ne faut évidemment jamais se laisser entraîner dans ce jeu-là. Vous n’êtes ni l’adversaire ni l’allié de personne. »

Entre la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, on a maintes fois répété que cette élection présidentielle n’était pas comme les autres. « Peut-être que tout ça mènera à des soirées électorales qui ne ressembleront pas aux précédentes », imagine Maxime Switek. La réponse dimanche à 20 heures. Ou peut-être un peu plus tard.

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