« The Voice » : « On ne joue pas notre vie », affirme Eric di Meco qui participe aux auditions avec son groupe

INTERVIEW L’ex-footballeur de l’Olympique de Marseille et de l’AS Monaco évoque pour « 20 Minutes » son passage dans le télécrochet de TF1 qui sera diffusé samedi

Propos recueillis par Fabien Randanne
— 
Eric di Meco dans la saison 11 de The Voice.
Eric di Meco dans la saison 11 de The Voice. — Bureau233
  • Le sixième épisode de la saison 11 de The Voice est diffusé samedi 19 mars 2022 à 21h10 sur TF1.
  • Parmi les candidats en lice : Eric di Meco avec son groupe, Osiris, qui rend hommage à Oasis.
  • « Aller devant les fauteuils, c’était déjà gagner. C’est une aventure particulière pour des mecs de notre âge qui ne sont pas du milieu musical. On n’avait pas la même pression que la plupart des autres participants qui veulent absolument faire carrière dans la musique », confie Eric di Meco à 20 Minutes.

Il est fréquent de retrouver dans The Voice des têtes connues. Douchka, Ginie Line, Sonia Lacen, Claire des L5, Sophie Tapie ou encore Caroline Costa ont tenté leur chance au télécrochet avec plus ou moins de succès. En revanche, on ne s’attendait pas à voir un ex-footballeur pousser la chansonnette. Surprise : dans le sixième épisode de la onzième saison diffusé ce samedi soir sur TF1, Eric di Meco sera sur la feuille de match des auditions à l’aveugle. La production a convaincu le vainqueur de la Ligue des champions 1993 de se présenter aux auditions à l’aveugle avec son groupe Osiris. 20 Minutes a profité de l’occasion pour lui demander comment il a vécu cette expérience et en savoir plus sur ses goûts en matière de rock.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans « The Voice » ?

Je n’ai toujours pas compris ! (rires) Bruno Berberes, le directeur de casting, était dans le sud en août et disait que cette saison serait ouverte aux groupes lives, que c’était une petite révolution. Il avait envie de trouver des « papys » qui jouent du rock. Quelqu’un qui nous connaissait lui a parlé de nous et lui a suggéré de regarder notre compte Instagram. C’est ce qu’il a fait, ça lui a plu, et il a contacté mon guitariste, Alain, qui, dans un premier temps, a refusé. Bruno Berberes a insisté pour qu’on passe les différentes sélections. On s’est pris au jeu.

Bruno Berberes m’a dit qu’il ignorait que vous étiez un ancien footballeur…

Mon guitariste l’a eu plusieurs fois au téléphone et lui disait à chaque fois « Eric va avoir du mal avec son emploi du temps », « ça va être compliqué avec Eric… ». Bruno Berberes m’a raconté après coup qu’il a fini par demander « Mais c’est qui cet Eric ! ? » Alain lui a répondu : « Di Meco, un ancien joueur de foot. » Bruno lui a dit : « Je ne sais pas qui sait et on s’en fout. Ce n’est pas ça qui m’intéresse. » Quand nous nous sommes rencontrés, il s’est confondu en excuses, en m’expliquant qu’il ne connaissait rien au foot. Je lui ai dit que c’était tant mieux, que cela aurait été dommage que l’on nous sélectionne par rapport à ma présence dans le groupe.

Celles et ceux qui connaissent votre carrière sportive ne savent en revanche pas forcément que vous êtes passionné de musique. Vous avez commencé à jouer de la basse en 1995, c’est ça ?

Oui, j’étais à Monaco à l’époque. J’avais déjà essayé avant quand j’étais au centre de formation parce que je suis fan de musique depuis toujours. A ma sortie du centre, j’ai habité avec un copain qui était batteur, je me suis acheté ma première basse à ce moment-là, mais je n’étais pas trop assidu. J’ai donc laissé tombé et puis, en 1995, j’ai sympathisé avec le propriétaire d’un magasin de musique. Il avait une basse magnifique en vitrine, je suis entré dans la boutique en lui expliquant que j’aimerais bien savoir en jouer. Il m’a sorti un livre de tablatures des Red Hot [Chili Peppers] – je n’ai pas commencé par le plus facile. Il m’a prêté une basse « de débutant » en me disant de revenir dans un mois si ça me plaisait. En 1996, je suis parti deux mois à Clairefontaine et à l’Euro en Angleterre avec ma basse. Aimé Jacquet [le sélectionneur de l’équipe de France à l’époque] était stupéfait de me voir arriver avec ce truc-là. J’étais tellement passionné que je passais ma vie sur ma basse.

Trois des membres du groupe Osiris sur le plateau de The Voice.
Trois des membres du groupe Osiris sur le plateau de The Voice. - Bureau233

Comment est né votre groupe, Osiris ?

Chaque année, Christian Jeanpierre organise un concert caritatif en novembre à L’Olympia pour l’association Premiers de cordée. En 2017, je suis allé jouer un morceau des Stones avec lui. En sortant de scène, j’ai dit à mon ami Alain, le guitariste, que je m’étais régalé et que je voulais monter un groupe. Il a réuni des potes mais le projet Osiris vient surtout de la rencontre avec le chanteur car nous, on n’est pas de la culture Oasis – on jouait du Marylin Manson, du AC/DC. J’avais passé un appel à la radio pour trouver un mec sur Marseille qui avait envie de chanter. Le petit Axel, qui n’est pas de notre génération parce qu’il a 34 ans, m’a contacté. On lui a fait passer une audition et on a vite compris qu’AC/DC et Marilyn Manson, ça ne marchait pas, par contre Oasis, c’était sa culture. Il a baigné là-dedans depuis tout petit. La mode des groupes tribute [hommage] arrivait en France, donc on a créé Osiris.

Dans le fameux débat Oasis contre Blur, vous avez tranché…

Je n’ai pas connu ce débat mais, à l’oreille, je suis plus Oasis que Blur…

Vous semblez avoir abordé l’audition à l’aveugle de « The Voice » sans pression…

Nous étions étonnés d’être là. Aller devant les fauteuils, c’était déjà gagner. C’est une aventure particulière pour des mecs de notre âge qui ne sont pas du milieu musical. On n’avait pas la même pression que la plupart des autres participants qui veulent absolument faire carrière dans la musique. Je me suis retrouvé à passer des journées entières aux sélections ou en tournage avec d’autres participants et je me suis retrouvé comme projeté quarante ans en arrière, quand j’étais jeune, que je faisais des sélections de foot et que je jouais ma vie sur un match. A The Voice, certains jouent leur vie sur une audition. Il y avait des personnages attachants, avec lesquels je discute toujours sur Instagram.

Quelle que soit l’issue de l’audition, il y a des chances pour que vous soyez beaucoup sollicité après la diffusion. Vous êtes prêts ?

Dans le groupe, tout le monde bosse à côté. D’entrée, on a pris le parti de jouer dans des salles de concerts et non dans des pubs ou dans des bars. Maintenant, quand j’appellerai pour louer une salle, on me répondra peut-être plus facilement. On va aussi peut-être avoir plus de sollicitations, mais on ne pourra malheureusement pas toutes les assumer. Au lieu de jouer devant 200 personnes, on jouera devant 400. Comme je l’ai dit, on ne joue pas notre vie sur The Voice, ça n’a pas changé notre quotidien. C’est avant tout une super expérience qui met un coup de projecteur sur ce qu’on fait.