Mali : La junte ordonne la suspension de la diffusion de RFI et France 24

MEDIAS Le gouvernement accuse les deux médias de « fausses allégations » d’exactions commises par l’armée

20 Minutes avec AFP
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Au siège de France 24, à Issy-les-Moulineaux
Au siège de France 24, à Issy-les-Moulineaux — JPDN/SIPA

La suspension de RFI et France 24. C’est ce que la junte malienne a ordonné dans la nuit de mercredi à jeudi en raison, selon elle, de « fausses allégations » d’exactions commises par l’armée malienne et rapportées par les deux médias français. Le gouvernement malien « rejette catégoriquement ces fausses allégations contre les vaillantes Fama », les Forces armées maliennes, et « engage une procédure pour suspendre jusqu’à nouvel ordre la diffusion de RFI et France 24 », précise un communiqué signé du colonel Abdoulaye Maiga, porte-parole du gouvernement. Les émissions des deux médias se poursuivaient encore jeudi matin.

Une suspension qui n’a pas de précédent au Mali

Une telle suspension de deux grands médias d’information étrangers n’a pas de précédent récent au Mali. RFI et France 24, qui couvrent de près l’actualité africaine, sont très suivies au Mali. Le gouvernement malien estime que « ces fausses allégations » ont été rapportées notamment dans un reportage des 14 et 15 mars, dans lequel RFI a donné la parole à des victimes présumées d’exactions qui auraient été commises par l’armée malienne et le groupe privé russe Wagner.

Le communiqué du colonel Maiga « interdit à toutes les radios et télévisions nationales, ainsi qu’aux sites d’information et journaux maliens, la rediffusion et/ou la publication des émissions et articles de presse de RFI et de France 24 ». Le colonel Maiga estime en outre que « les agissements de RFI et France 24 ressemblent, dans un passé récent, aux pratiques et au rôle tristement célèbre de la radio Mille Collines », qui avait encouragé le génocide au Rwanda en 1994.