« Pékin Express » : Dans les coulisses de l’enregistrement de la voix off de Stéphane Rotenberg

REPORTAGE En moins de deux heures, l’animateur pose sa voix sur chacun des épisodes de « Pékin Express »

Clément Rodriguez
Stéphane Rotenberg, à gauche dans sa cabine, enregistre la voix d'un épisode de « Pékin Express »
Stéphane Rotenberg, à gauche dans sa cabine, enregistre la voix d'un épisode de « Pékin Express » — C.R./20 Minutes
  • Ce jeudi, M6 poursuit la diffusion de la quinzième saison de Pékin Express.
  • Chaque semaine, Stéphane Rotenberg pose sa voix sur les images proposées quelques jours plus tard à l’antenne.
  • 20 Minutes l’a suivi durant l’une de ses sessions d’enregistrement.

Ce mardi, Stéphane Rotenberg a rendez-vous à quelques dizaines de mètres de la tour TF1. Non, on ne vient pas tout juste de lâcher la plus grosse info mercato de la saison. En milieu de matinée, l’animateur de M6 se rend dans les locaux d’Atlantis Télévision, une entreprise spécialisée en postproduction. Il est attendu au quatrième étage pour enregistrer la voix off d’un nouvel épisode de Pékin Express.

Le visage de l’émission d’aventure prend place dans une petite cabine insonorisée. A travers la vitre, il peut jeter un œil à l’épisode qu’il double et communiquer avec le mixeur aux manettes de la table de mixage. Lunettes vissées sur le nez, deux verres d’eau devant lui, l’animateur est prêt pour plus d’une heure d’enregistrement.

Dix-sept pages de texte

La session commence par un rapide entraînement pour s’échauffer la voix. « Je n’ai pas un peu la voix nasillarde ? », s’inquiète-t-il avant d’être rapidement rassuré par l’ingénieur du son. Après quelques secondes de travail, Stéphane Rotenberg doit apporter de petits ajustements sur la prononciation de certains lieux, à l’instar de Wadi Rum, un site désertique prononcé « Wadi Roum ». Comme si on y était, c’est parti pour le lancement de la huitième et dernière étape en Jordanie.

Ensemble, le mixeur et l’animateur refont le fil de tout l’épisode mais ne le regardent pas en entier. En quelques clics, l’ingénieur fait défiler uniquement les séquences sur lesquelles Stéphane Rotenberg doit poser sa voix. En face de lui, le globe-trotteur tient dix-sept pages de texte. « Le texte est généralement écrit par un responsable d’épisode », précise-t-il. Il découvre alors les phrases quelques secondes avant de les prononcer et y ajoute ou retire certains détails. « Un moment d’inattention risquerait de mettre le binôme en difficulté », lit-il lorsque le micro est allumé. Il s’interroge : « on va peut-être mettre le verbe au présent ? ».

« Ce sont des ajustements à la marge, c’est plus que ça ne correspond pas à mon débit particulier, confie Stéphane Rotenberg à 20 Minutes. Au début, ça m’énervait de mal articuler. Mais ça fait partie de mon phrasé, il faut que je l’accepte. Quand ça devient incompréhensible, je recommence mais souvent, j’accepte cette idée. »

« Je crois beaucoup à l’intensité de la voix »

La plupart du temps, le présentateur parvient à enregistrer ses séquences d’une seule traite. Mais de temps en temps, il bafouille. Virgil, le mixeur, le reprend aussi parfois lorsqu’il sent une hésitation sur le nom d’un candidat. Aucun souci pour Stéphane Rotenberg qui reprend alors la suite de son discours avec la même intonation. Désormais, vous saurez qu’une phrase prononcée à l’antenne peut en réalité être un patchwork de trois bouts différents. « J’aimerais être capable de le vivre comme dans un rêve. Je pense qu’on peut le faire avec moins d’erreurs mais je cherche la conviction », témoigne-t-il.

Au bout d’une heure d’exercice, les raclements de gorge se font de plus en plus fréquents. « Je me dis toujours que si quelqu’un rentre à n’importe quel moment dans le programme, ça se joue sur l’image mais aussi dans l’intensité de la voix, justifie l’animateur. Ça me plaît beaucoup de penser que je peux porter le truc, devenir l’un des ambassadeurs. Je crois beaucoup à l’intensité de la voix. » Le contenu d’un verre d’eau avalé, c’est reparti pour un tour.

Un épisode par semaine

A certains moments, le texte est trop long pour qu’il soit lu intégralement dans les temps impartis par le montage. Lire plus vite ou supprimer quelques mots sont alors les deux options qui s’offrent à Stéphane Rotenberg. « J’ai viré trois merdouilles, on peut reprendre », dit-il armé de son stylo dont on entend les griffes sur la feuille de papier grâce au micro.

Après environ une heure et demie, la session d’enregistrement touche à sa fin. « C’est fou comme tout passe par la voix alors il faut faire abstraction de la fatigue, de la contrariété, de l’humeur du moment », résume la personnalité de M6. Une fois le montage achevé, l’épisode est visionné par la chaîne qui peut éventuellement faire des retours. D’ailleurs, avant de quitter sa cabine, Stéphane Rotenberg a quelques « rustines » à enregistrer. En deux minutes, l’animateur rejoue quelques bouts de phrases pour le prochain épisode. La semaine suivante, il reviendra pour poser sa voix sur les images de la demi-finale.