« The Voice » : « J’étais sûr à 99 % qu’Amel Bent allait me reconnaître », confie Jérôme Sebag

INTERVIEW Samedi, l’auteur et compositeur, qui a signé plusieurs chansons pour Amel Bent, dont « Où je vais », a participé au télécrochet de TF1

Propos recueillis par Fabien Randanne
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L'auteur, compositeur et interprète Jérôme Sebag, candidat de la saison 11 de the Voice.
L'auteur, compositeur et interprète Jérôme Sebag, candidat de la saison 11 de the Voice. — Bureau233
  • Le cinquième épisode des auditions à l’aveugle de la saison 11 de The Voice a été diffusé samedi 12 mars 2022 sur TF1.
  • Jérôme Sebag était l’un des candidats en lice. Ce compositeur et interprète a signé plusieurs chansons pour Amel Bent.
  • « Je suis d’un naturel optimiste, donc j’imaginais le grand sourire d’Amel, sa surprise… Là, il y a eu ça, le premier contact visuel, c’était un grand sourire mais, dans un deuxième temps, ces questionnements ont surgi et ont mis un petit nuage gris sur le moment. Amel ne voulait pas être accusée de favoritisme et en même temps, elle savait que si elle venait à m’éliminer, elle vivrait un moment délicat », déclare Jérôme Sebag à 20 Minutes.

Un talent pas comme les autres. Jérôme Sebag a marqué le cinquième épisode de la onzième saison de The Voice, diffusé samedi sur TF1. L’artiste n’a rien d’un débutant. Il est un auteur et compositeur aguerri qui a notamment écrit des chansons pour… Amel Bent. La chanteuse a presque instantanément reconnu la voix de celui qui a œuvré sur la majorité de ses albums, signant entre autres son tube Où je vais. C’est cependant avec un enthousiasme contenu et circonspect qu’elle l’a accueilli dans son équipe. Jérôme Sebag revient en détail pour 20 Minutes sur cette séquence peu banale.

Votre participation à « The Voice » est donc due à un concours de circonstances…

Oui, je coachais une jeune de 16 ans très talentueuse, Jessie, dont l’audition a également été diffusée samedi – elle a rejoint l’équipe de Marc Lavoine. Elle m’avait fait part de son rêve de participer à The Voice. Je connaissais le directeur de casting, Bruno Berberes, que j’avais rencontré dans le cadre d’auditions pour une comédie musicale. Il est quelqu’un de très bienveillant. Je lui ai donc envoyé une vidéo de Jessie, qu’il a validée. Je l’ai accompagnée à la toute première étape du casting de la saison 11, sans envisager une seconde de passer moi-même l’audition. Une fois sur place, Bruno m’a demandé de chanter aussi. Et c’est parti comme ça. Il m’a laissé tout l’été pour réfléchir puisque l’étape suivante avait lieu en septembre.

Il y avait le risque que personne ne se retourne. Vous l’auriez vécu comment ?

Cela aurait été atroce. C’était tout mon questionnement lors de ma période de réflexion. Les gens ont tendance à dire : « Tu n’as rien à perdre ». Là, ce n’était pas vrai. La sensibilité, l’état psychologique d’un artiste, c’est du lourd à perdre, parce qu’il y a le risque de se sentir comme une daube. J’étais persuadé qu’au moins Amel allait se retourner. J’étais assez confiant mais, malgré tout, j’étais en flip. J’avais demandé à la production de ne pas diffuser mon passage au cas où aucun coach se serait retourné.

Amel Bent, Vianney et Marc Lavoine ont mis un certain temps avant de se retourner. Vous l’avez mal vécu ?

Non, parce que je n’ai rien vu. J’étais de trois quarts et j’étais vraiment dans ma chanson. Je n’ai pas subi cette pression du tout. A la fin, il y a eu un moment de flottement où je me suis dit « merde, personne ne s’est retourné » [pour rappel : les bruits des buzzers sont ajoutés au montage. Lors du tournage, les fauteuils se retournent en silence]. J’ai ressenti une espèce de déception, comme si une météorite me tombait sur la tête. Cela a duré huit ou dix secondes – en réalité cela semble très long – jusqu’à ce que je comprenne que trois coachs s’étaient retournés.

Vous étiez certain qu’Amel Bent allait reconnaître votre voix ?

Il y a toujours une part de doute, mais j’en étais quand même sûr à 99 %. On se connaît tellement. Ce n’est pas comme d’autres artistes pour qui j’ai pu composer et avec lesquels on a des liens de loin, voire parfois, on ne se rencontre pas car c’est un travail d’éditeur à éditeur. Amel, je ne l’ai pas rencontrée pour son premier album. Pour son deuxième, on s’est croisés par hasard car j’étais en promo pour Martin Solveig [Jérôme Sebag, sous le pseudo de Jay Sebag, est la voix du tube Rejection] sur Radio Champagne et elle l’était pour Nouveaux français. Je suis allé me présenter à elle dans les loges en lui disant que c’est moi qui avais fait Tu n’es plus là et c’est comme ça qu’on s’est connus. Par la suite, on s’est retrouvés en studio pour valider Où je vais, extrait de son troisième disque. J’ai ensuite composé la moitié de son quatrième album. On a alors passé beaucoup de temps en studio, elle est venue chez moi, je l’ai accompagné sur sa promo radio à Paris et en province. On s’est toujours suivis. Sur le cinquième album, elle a repris une de mes chansons, En silence. Elle a donc eu l’occasion de m’entendre chanter. On a une vraie relation.

Ce qui n’est pas banal, c’est que, vu votre expérience, les trois coachs semblaient réticents à vous avoir dans leurs équipes. Amel Bent la première qui redoute d’être accusée de copinage…

A posteriori, je me fais le reproche de ne pas avoir envisagé cela. Je suis d’un naturel optimiste, donc j’imaginais le grand sourire d’Amel, sa surprise… Là, il y a eu ça, le premier contact visuel, c’était un grand sourire mais, dans un deuxième temps, ces questionnements ont surgi et ont mis un petit nuage gris sur le moment. Amel ne voulait pas être accusée de favoritisme et en même temps, elle savait que si elle venait à m’éliminer, elle vivrait un moment délicat. Dans tous les cas, elle est perdante. Je m’en suis voulu de ne pas avoir anticipé ce truc-là qui, après coup, est évident à comprendre. Au départ, je voulais aller dans l’équipe de Vianney car il a une telle fraîcheur, une telle écriture… Il aurait pu m’apprendre des choses sur le volet auteur-compositeur. Mais comme ni lui, ni Marc Lavoine n’étaient accueillants dans leurs propos – tout en restant très bienveillants –, j’ai fini par dire, esprit de famille oblige, je vais chez Amel.

Sans trop en dire sur la suite de votre parcours dans « The Voice », vous avez pu préparer la battle sereinement avec Amel Bent ?

Je dirais que oui. Elle voulait toujours préciser, pour ne pas qu’il y ait de malaise entre nous, qu’elle était là pour être objective, qu’elle ne ferait pas de quartiers. Elle l’a redit en souriant durant la préparation des battles. Après, les échanges étaient assez rapides, elle avait quand même sept battles à gérer en une après-midi… Amel ne me faisait pas de cadeaux, mais dans la sympathie.