« Koh-Lanta » : « Je retiens la leçon qu’un peu d’égoïsme n’est pas mauvais », affirme Samira, éliminée dans l’épisode 3

INTERVIEW La coach sportive de 34 ans revient pour « 20 Minutes » sur son parcours dans le jeu d’aventure de TF1

Samira, candidate de Koh-Lanta, le totem maudit.
Samira, candidate de Koh-Lanta, le totem maudit. — A.ISSOCK/ALP/TF1
  • Le troisième épisode de Koh-Lanta, le totem maudit a été diffusé le mardi 8 mars 2022 sur TF1.
  • Cette épisode a vu les trois équipes disparaître au profit des deux équipes habituelles : les rouges et les jaunes. Lors du conseil, les rouges ont décidé d'éliminer Samira, la coach sportive franco-marocaine de 34 ans.
  • « La leçon que j’en tire, c’est que j’ai voulu prendre les choses en mains, que Pauline puisse s’exprimer, j’en ai déduit que c’était parce qu’il y avait de forts caractères et que ça s’est retourné contre moi », explique-t-elle à 20 Minutes.

La recomposition des équipes a décomposé les équilibres. Au cours du troisième épisode de Koh-Lanta, le totem maudit diffusé mardi sur TF1, les tribus bleue, verte et violette ont fait leur temps. Place désormais aux rouges, les Cadlao, et aux jaunes, les Matingi… Dans cette nouvelle configuration, c’est une ancienne des bleus, Samira, qui a fait les frais des stratégies. La Franco-marocaine de 34 ans, ex-championne de handball devenue coach sportive, n'avait pas vu le coup bas venir, comme elle le confie à 20 Minutes.

Lorsque vous arrivez au conseil, vous vous sentez en danger ?

Pas le moins du monde. Je sens qu’il y a une atmosphère pesante. C’est un peu tendu. Mais je ne sens absolument pas que je vais partir ce soir-là.

Selon vous, votre élimination est due à une concertation avant le conseil ? Ou c’est le fait d’avoir évoqué explicitement la situation de Pauline sur le campement qui a braqué les votes contre vous ?

Je suppose qu’ils l’avaient décidé avant le conseil. Ce n’est pas ma prise de parole qui a changé les choses mais, je pense, le fait d’avoir été la porte-parole des bleus ce soir-là, d’avoir voulu prendre Pauline sous mon aile et d’avoir parlé en toute transparence sur le camp. Je crois que c’est ça qui explique qu’on a voté contre moi.

Vous avez voulu aider Pauline qui s’estimait mal intégrée…

Pauline n’arrivait pas à trouver sa place. Je la voyais comme une petite sœur et je voulais l’aider à s’épanouir, à s’intégrer. Je me disais que c’était peut-être par rapport à François et Jean-Philippe… Et ça s’est retourné contre moi. J’ai tellement voulu penser aux autres au détriment de ma personne. Cela montre un peu ce qu’il se passe dans la vie de tous les jours. Koh-Lanta, c’est une microsociété, un condensé de ce que l’on vit au quotidien. La leçon que j’en tire, c’est que j’ai voulu prendre les choses en mains, que Pauline puisse s’exprimer, j’en ai déduit que c’était parce qu’il y avait de forts caractères et que ça s’est retourné contre moi.

Avant le conseil, vous soumettez l’idée à des coéquipières de voter contre François. Voter contre un gros bras à ce stade de l’aventure, ça reste un tabou ?

Je n’ai pas trop fait attention aux statistiques à ce niveau-là. On sent qu’il faut éliminer les femmes qui sont a priori un peu moins fortes physiquement, mais cela ne veut rien dire parce qu’il y a des épreuves statiques et de résistance musculaire où les femmes sont beaucoup plus fortes que les hommes. Là, je voulais éliminer un homme parce que ça aurait débloqué un peu le jeu et l’ambiance, l’esprit d’équipe. C’était dans ce sens-là que je l’envisageais, pas pour éliminer un homme par principe.

Que retenez-vous de votre aventure ?

Koh-Lanta m’a beaucoup apporté en termes de développement personnel. J’ai réussi à calmer mon moi intérieur. C’est très important. Je suis hyperactive, diagnostiquée TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité), et il y a des choses que je ne pouvais pas faire avant. Par exemple, méditer trente secondes. Avant je bougeais dans tous les sens, je n’étais pas bien. Là, j’arrive à faire du yoga, à prendre du temps… J’ai trouvé la réponse à certaines questions : est-ce que j’arrive à me maîtriser dans des situations extrêmes ? C’était ce qui avait de plus difficile parce que mon premier objectif était d’être moi-même. Et on ne sait pas si on reste soi-même ou non dans des conditions extrêmes. Cela a été le cas, j’en suis très fière. Je sors par la grande porte. La leçon à retenir, c’est qu’il faut que je pense davantage à moi, qu’un peu d’égoïsme n’est pas mauvais.

Vous êtes une sportive, habituée au stress et aux enjeux des compétitions. Sortir si tôt de « Koh-Lanta », c’est un échec ?

La compétitrice en moi dit que c’est un échec. Mais, je sors assez fièrement. Sur le moment, il y a de l’incompréhension, un sentiment d’injustice, de la colère, de la tristesse… Un échec n’est cependant pas quelque chose de négatif. Je me dis avant tout que j’ai été moi-même.