« Top Chef » : Pour quelles raisons les candidats passent-ils le casting de l’émission ?

CHAUD DEVANT Parmi les centaines de candidatures reçues chaque année, la production de « Top Chef » ne doit choisir que 15 cuisiniers

Clément Rodriguez
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Les quatre brigades de la saison 13 de « Top Chef »
Les quatre brigades de la saison 13 de « Top Chef » — PIERRE OLIVIER/M6
  • La treizième saison de Top Chef a été lancée mercredi dernier sur M6.
  • Le public a pu faire la connaissance des quinze cuisiniers en compétition, sélectionnés parmi les centaines de candidatures envoyées à la production.
  • Tremplin incomparable, excitation de passer à la télé, volonté de se mesure à plus fort que soi… Mais pourquoi les candidats passent-ils le casting de l’émission ?

Courir dans tous les sens, transpirer à grosses gouttes, répondre à des questions tout en voyant le chronomètre tourner, se faire fracasser l’épaule par Philippe Etchebest… Il faut avoir les nerfs solides si l’on veut participer à Top Chef. Pourtant, cela n’effraie pas les centaines de personnes qui envoient leur CV à la production chaque année. Parmi elles, quinze sont parvenues à se qualifier pour la première étape de la saison la semaine dernière. Outre l’envie de rencontrer Stéphane Rotenberg, les motivations des uns et des autres ne sont pas toujours les mêmes.

« Allô Maman ? Je passe à la télé ! »

Contrairement à The Voice qui vient solliciter des talents croisés au détour d’un concert ou sur les réseaux sociaux, Top Chef ne repère pas les cuisiniers en vogue afin de leur demander de s’inscrire au concours. « Il y a un tel bouche-à-oreille qu’ils savent bien quand se passent les castings. Ce ne sont que des candidatures spontanées », assure Florence Duhayot, la productrice de l’émission.

« Oui, certains se disent qu’ils vont passer à la télé, concède Stéphane Rotenberg. Mais bizarrement, ceux qui viennent, ce ne sont pas tellement ceux qui pensent qu’ils vont tout écraser. Il y en a juste un ou deux. » Pourtant, avec 3,9 millions de fidèles l’an dernier, la célébrité acquise en quelques semaines grâce à l’audience du programme est fulgurante.

C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que la majorité des quinze candidats sur la ligne de départ de cette édition sont à la tête de leur propre établissement, à l’instar de Lucie, Louise, Mickaël, Logan ou encore Ambroise. « Ils avaient peut-être l’envie d’être là, de se montrer et de montrer leur cuisine au plus grand nombre », estime l’animateur de M6.

Se faire juger par les plus grands

Pour la plupart des membres des brigades de Top Chef, la compétition sert d’abord à confronter sa cuisine à l’avis de chefs professionnels, qu’il s’agisse des membres du jury ou des invités prestigieux, Français ou internationaux. Constatant l’impact que pouvaient avoir les retours sur la motivation des candidats, la production a décidé de les faire assister à la dégustation il y a quelques années.

« Quand il y a ce moment où vous avez des commentaires extraordinaires, ça vous change quelqu’un, souligne Stéphane Rotenberg. On se rend compte qu’ils ont besoin d’entendre ça puisque ce sont des compliments argumentés de pros qui jugent des pros. Un chef respecté peut vous engueuler une fois mais lorsqu’il vous dit bravo, c’est super important. »

Savoir où on se situe

À 25 ans, Lilian souhaitait ouvrir son propre restaurant, devenir l’un des plus grands chefs de sa génération et accumuler les étoiles sur son tablier. Malheureusement, à quelques jours de la signature qui allait changer sa vie, le premier confinement s’est abattu sur le pays. Pour subvenir à ses besoins, le jeune homme est devenu directeur d’un hypermarché et n’a pas touché à un couteau entre cet événement et son entrée dans le concours.

« Il y a des gens qui veulent savoir où ils en sont dans leur cuisine et aussi sur eux-mêmes, témoigne Philippe Etchebest, en citant notamment le nom de Lilian. Ils se posent des questions. Cette année, on va le voir, c’est très révélateur. "Comment je me situe ? J’en suis où dans ce que je fais dans mon métier ?" Et ils ont besoin d’un jugement. » Se confronter à l’avis des professionnels et au niveau de quatorze concurrents est l’occasion rêvée pour lui de trouver des raisons de s’atteler de nouveau au travail.

Sortir de sa zone de confort

Comme on a pu le voir dans le premier épisode de la saison, les quinze candidats ont tous un univers très tranché, voire « radical ». C’est notamment le cas d’Ambroise qui a décidé de surprendre tout le monde en cuisinant un énorme silure pour se qualifier. Dans son resto, le cuisinier ne prépare que des poissons pêchés dans la Loire. Thibaut, lui, souhaite avoir la plus petite empreinte carbone possible dans son établissement et a décroché une étoile verte.

En participant à Top Chef, tous sont au courant que parmi la trentaine d’épreuves proposées par les chefs, certaines comporteront de la viande tandis que d’autres seront intégralement végétales. De quoi déstabiliser Lucie et sa cuisine très verte ou Mickaël pour qui « le gras, c’est la vie » comme ça avait pu être le cas l’an dernier avec la finaliste Sarah. « On a des candidats qui disent : "Ça, je ne l’ai jamais fait. Ça, je n’ai pas envie de le faire, ça ne m’inspire pas" », relate Stéphane Rotenberg. Pourtant, avec la pression du concours et des caméras, ils vont essayer de sortir de leur zone de confort. « Parfois, ça va marcher au-delà de ce qu’ils imaginaient », rassure l’animateur.