« Top Chef » : Sept ans après sa victoire, qu’est devenu le prodige Xavier Koenig ?

CUISINE L’Alsacien, Xavier Koenig, avait remporté « Objectif Top Chef » puis « Top Chef » en 2015 sur M6. Il reste aujourd’hui encore le seul à avoir réussi ce doublé

Thibaut Gagnepain
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Xavier Koenig dans la cuisine de son restaurant à Colmar. Il y travaille seul et fait « même la plonge » !
Xavier Koenig dans la cuisine de son restaurant à Colmar. Il y travaille seul et fait « même la plonge » ! — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Vous souvenez-vous de Xavier Koenig ? L’Alsacien avait illuminé et remporté la saison 6 de Top Chef en 2015.
  • Près de sept ans après et avant le lancement de la saison 2022, qu’est-il devenu ? 20 Minutes est allé à sa rencontre à Colmar.
  • « Mon travail, c’est faire plaisir aux clients grâce aux assiettes. Je n’aime pas la notoriété », explique-t-il, lui qui préfère qu’on ne le réduise pas à l’émission de M6.

Sa télévision sera éteinte ce mercredi soir, pour le lancement de la nouvelle saison de Top Chef. « En plus, je serai en service », s’amuse Xavier Koenig, qui n’avait de toute façon pas prévu de regarder la célèbre émission sur  M6. Pas par mépris ou manque de reconnaissance au sujet d’un programme qui l’a révélé en 2015. Non, tout simplement « parce que ça fait sept ans maintenant, je ne veux plus qu’on me résume à Top Chef », avoue  l'Alsacien de 27 ans. Surtout que l’ancien gagnant en a vu des cuisines depuis…

Xavier Koenig, à l'émission «Top Chef» en 2015
Xavier Koenig, à l'émission «Top Chef» en 2015 - Pierre Olivier / M6

Mais commençons par le dessert. Le digestif même. Où en est-il aujourd’hui ? Toujours dans sa région natale, peu quittée finalement. Juste après son triomphe national, il avait confié à 20 Minutes vouloir travailler « dans un restaurant où il n’y a pas trop de couverts, vingt-cinq ou trente. Où l’on propose une cuisine simple, de bonne qualité avec des produits du marché, où l’on change les plats en fonction des arrivages. » Le tout en évoquant sa volonté d’ouvrir son propre lieu « dans le Haut-Rhin ». Objectifs atteints !

Pour le trouver désormais, il faut connaître un peu Colmar. Au bout d’une ruelle proche du centre historique, la devanture de « L’incontournable » ne mentionne nulle part son nom. « C’est un choix, explique-t-il. Quand on a voulu ouvrir en mars 2020 mais qu’on n’a pas pu à cause du premier confinement, j’avais fait de la pub sur ma page Facebook. Depuis, j’ai tout retiré car les gens ne venaient que pour Top Chef et les seules mauvaises remarques venaient d’eux. Ils s’attendaient à un show, que je vienne en salle, etc. Sauf que moi, je déteste tout ça ! Mon travail, c’est faire plaisir aux clients grâce aux assiettes. Je n’aime pas la notoriété. »

« La truffe, je trouve ça insipide ! »

Pire, la célébrité soudaine vécue en 2015 lui a longtemps pesé. « Je ne pouvais plus faire mes courses tranquillement, ni aller au marché. Il fallait faire des photos… Moi je suis bien dans ma cuisine ! » Le natif de Thann (Haut-Rhin) le regrette aussi maintenant, certains restaurants l’avaient alors contacté voire embauché « pour se faire de la pub ». D’où une certaine instabilité jusqu’en 2019, quand il a enchaîné les contrats, rarement plus longtemps que quelques mois.

La salle de « L'incontournable » peur accueillir jusqu'à 24 couverts.
La salle de « L'incontournable » peur accueillir jusqu'à 24 couverts. - T. Gagnepain / 20 Minutes

« J’étais instable, je ne savais pas trop ce que je voulais et j’avais envie de découvrir plein de choses », justifie Xavier Koenig en avouant aussi « un problème avec l’autorité ». Pas donc question pour lui de s’éterniser au sein des grandes brigades propres aux restaurants étoilés. « J’y suis aussi passé mais ce n’est pas mon truc. C’est trop de pression et il faut travailler des produits que je n’aime pas trop. La truffe par exemple, je trouve ça insipide ! Je préfère un bon cèpe des Vosges. »

Pendant l’émission, il était présenté comme un prodige en cuisine, aujourd’hui son credo à « L’incontournable » est « une cuisine d’instinct où il n’y a pas de recette écrite, répond-il. Le tout avec des fruits et légumes qui ne sortent pas d’un rayon de 20 km. Je m’inspire de tout et je ne me freine pas dans mes idées. Hier, j’ai eu une idée de dessert à l’échalote et je me suis lancé. Il faut qu’on goûte ça. »

Un dessert… au chou blanc

Les clients de la dernière quinzaine, le temps maximum du changement d’ardoise, ont aussi eu droit à une sucrerie avec du chou blanc, un confit aux épices, un crumble noisette et une crème vanille. « J’aime bien proposer un dessert insolite et ça plaît », se félicite l’entrepreneur, qui a repris avec sa femme ce restaurant et tout réagencé juste avant la crise sanitaire. « Pour un prêt à la banque, je dois le dire, ça a été plus facile car j’avais gagné Top Chef », rigole-t-il, content des premiers vrais mois de fonctionnement.

« On vient d’arriver, on aimerait maintenant se faire un nom et rester au moins une dizaine d’années, reprend Xavier Koenig. Après ? Non, je ne pense pas retourner dans un étoilé. Mon rêve, c’est d’ouvrir un jour un restaurant dans un gros corps de ferme. Il y aurait le potager avec des herbes aromatiques que j’adore. » Et peut-être toujours pas la télé en cuisine.