Jean-Jacques Bourdin visé par une enquête : Valérie Pécresse impose ses conditions à BFMTV

MEDIAS Jean-Jacques Bourdin, visé par une enquête pour des soupçons d’agression sexuelle, est censé animer ce mardi soir « La France dans les yeux » sur BFMTV

F.R. avec AFP
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Valérie Pécresse et Jean-Jacques Bourdin.
Valérie Pécresse et Jean-Jacques Bourdin. — Loïc Venance - Joël Saget / AFP

Ce mardi, Jean-Jacques Bourdin lance sa nouvelle émission politique sur BFMTV, La France dans les yeux. Un rendez-vous délocalisé au cours duquel candidats et candidates à la présidentielle répondront aux questions des citoyens.  Valérie Pécresse (LR) est l’invitée de ce premier numéro qui se déroulera à Uzerche en Corrèze. L’occasion aussi de cimenter le rôle central que l’animateur est censé tenir dans le dispositif de la chaîne pour couvrir l’élection.

Mais ce mardi est loin d’être comme les autres pour Jean-Jacques Bourdin. Le parquet de Paris a annoncé dans la matinée qu’une enquête a été ouverte contre lui pour des soupçons d'agression sexuelle. Une ancienne journaliste de BFMTV/RMC a déposé une plainte contre lui la semaine dernière pour des faits qui remontent à 2013.

BFMTV, contacté par 20 Minutes, a indiqué que la présence du journaliste aux commandes de l’émission en prime-time n’était pas remise en cause. Du moins, c’était le cas lors de notre appel à 15h25.

Valérie Pécresse a cependant conditionné sa participation à La France dans les yeux à « un propos introductif » qu’elle fera lors de la prise d’antenne et au sujet duquel son entourage n’a pas donné de détails. La chaîne aurait donné son accord.

Les syndicats s’interrogent sur le maintien à l’antenne

Dimanche déjà, au lendemain de l’annonce du dépôt de plainte, les SDJ (société de journalistes) de BFMTV, RMC et RMC Sport s’interrogeaient « sur la pertinence du maintien à l’antenne de Jean-Jacques Bourdin le temps de l’enquête ». Ce mardi, la CGT et le SNJ (syndicat national des journalistes) de NextRadioTV ont fait savoir qu’ils s’associaient à ce communiqué : « Si nos syndicats sont attachés au respect de la présomption d’innocence, nous estimons aussi que [le témoignage de la plaignante] est crédible. »

Et d’ajouter : « Nous nous interrogeons sur le choix de maintenir Jean-Jacques Bourdin à l’antenne le temps de l’enquête. Il en va de la crédibilité de nos antennes. (…) Comment imaginer des salariés encore en poste témoigner contre une personnalité de notre antenne. »

Dimanche, le groupe Altice Media, propriétaire de RMC et BFMTV, annonçait le lancement d’une enquête interne. « Nous ne minimisons pas cette accusation, ni lui donnons une dimension disproportionnée, avait déclaré au Parisien Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFMTV. Il n’y a rien qui empêche Jean-Jacques Bourdin de faire son travail. Une simple plainte ne justifie pas le fait de disqualifier quelqu’un. » Mais ces propos ont été tenus avant que le parquet ouvre son enquête.