« Qui veut être mon associé ? » : Qui sont Anthony Bourbon et Jean-Pierre Nadir, nouveaux investisseurs de l’émission de M6 ?

PORTRAITS Anthony Bourbon et Jean-Pierre Nadir, les deux nouvelles recrues de l'émission de M6, se distinguent par leurs parcours et leur franc-parler

Fabien Randanne
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Anthony Bourbon et Jean-Pierre Nadir sont deux nouveaux investisseurs de Qui veut être mon associé ?
Anthony Bourbon et Jean-Pierre Nadir sont deux nouveaux investisseurs de Qui veut être mon associé ? — PIERRE OLIVIER/M6
  • La saison 2 de Qui veut être mon associé ? est lancée le mercredi 5 janvier 2022 à 21h05 sur M6.
  • Anthony Bourbon, 32 ans, créateur de Feed, et Jean-Pierre Nadir, 56 ans, à l’origine du portail Fairmoove, sont deux des nouveaux investisseurs de l’émission.
  • « On a tous les deux des tempéraments assez forts. Cela permet des moments de télévision qui sont sympathiques, estime Anthony Bourbon. Il y a de temps en temps des petits clashs qui sont toujours bienveillants et dans l’intérêt de l’entrepreneur. »

«- C’est toi qui nous attaques en nous disant vous êtes des ringards !
- J’ai pas dit que t’étais ringard, j’ai dit que c’était l’ancien monde… »

Cet échange sans pincettes et à bâtons rompus est extrait de la deuxième saison de Qui veut être mon associé ? lancée mercredi à 21h05 sur  M6. Il implique deux des  nouveaux investisseurs : Jean-Pierre Nadir, 56 ans, créateur de la plateforme Easyvoyage, et Anthony Bourbon, 32 ans, fondateur de  Feed, société spécialisée dans les substituts de repas. Il y est moins question d’un choc des générations que de la rencontre de deux francs-parlers.

« On a tous les deux des tempéraments assez forts. Cela permet des moments de télévision qui sont sympathiques, estime le trentenaire. Chacun a sa vision. L’émission montre comment on va réfléchir et aborder un projet. Il y a de temps en temps des petits clashs qui sont toujours bienveillants et dans l’intérêt de l’entrepreneur. C’est aussi en faisant du débat qu’on arrive à faire émerger les bonnes idées. »

« On a le même parcours de gens qui ont œuvré pour arriver là où ils sont »

« Avec Anthony, on s’est découvert le premier jour du tournage. On a bien fitté. Il décortique très bien les cas, il a beaucoup de vista dans sa capacité à analyser », assure le quinquagénaire qui dit se reconnaître dans son cadet. « On a le même parcours de gens qui sont partis d’un milieu qui n’avait pas grand-chose à voir avec le business et qui ont œuvré pour arriver là où ils sont. »

Anthony Bourbon ne cache rien de sa jeunesse chaotique et heurtée. Il l’intègre d’ailleurs au storytelling de l’entreprise qu’il a créée en 2017. « Père violent, mère dépressive, il se retrouve à la rue à l’âge de 16 ans, mais ne baisse pas les bras et continue de respecter ce qui deviendra plus tard les valeurs de Feed », lit-on sur la page d’accueil du site Internet qui souligne que l’entrepreneur « veut secouer le système, changer la donne, en faisant primer la méritocratie sur l’héréditaire. »

Un message qu’il tâche de défendre dans Qui veut être mon associé ? « C’est une occasion de tendre la main et de dire malgré les cartes qu’on t’a donné, même si tu es défavorisé, que tu n’as pas beaucoup d’argent, que tu n’as pas fait d’études, tu peux t’en sortir. »

« J’estime avoir une certaine légitimité à dire des choses compliquées »

Anthony Bourbon, dont la start-up a depuis sa création levé plus de 40 millions d’euros et écoule ses produits dans quelque 4.000 points de vente en Europe, revendique son statut de self-made-man. « Dans l’émission, j’ai tendance à être très dur [avec les entrepreneurs]. Au vu de mon parcours, j’estime avoir une certaine légitimité à dire des choses compliquées parce que je me les suis moi-même appliquées. C’est plus compliqué, quand tu as fait de grandes écoles et que tes parents ont gagné beaucoup d’argent, de dire "Tu devrais faire ci, tu devrais faire ça", c’est beaucoup moins crédible. »

L’homme au sourire immaculé (il confie se laver les dents cinq fois par jour), a investi par ailleurs dans une quarantaine d’autres entreprises et a créé une fondation, Feed. Back. pour tendre la main à « des associations et des collectifs engagés dans l’aide aux enfants defavoriséśs, aux étudiants en difficulté́ ou aux jeunes femmes déterminées à construire leur avenir. »

Nadir devait passer devant le jury

Jean-Pierre Nadir a lui aussi tracé une route professionnelle qui n’avait pas été balisée d’avance. Il aime à se présenter comme issu d’un « milieu paysan-intello-fauché », ce qui ne suffit pas vraiment à en faire un transfuge de classe. Il a d’abord grandi à la ferme avec sa grand-mère puis bougé avec sa mère, professeure d’espagnol non titulaire aux affectations mouvantes. L’été de ses 16 ans, il se fait un trip bourlingueur après avoir lu Sur la route de Jack Kerouac. L’année suivante, il monte son commerce de crêpes dans un commerce breton, et deux ans plus tard, intègre l’Ecole supérieure de publicité à Paris. Il a d’abord fait carrière avec un groupe de presse puis, au début des années 2000, lancé Easyvoyages, l’un des principaux sites de tourisme français, qu’il a revendu il y a deux ans à Webedia. Son nouveau dada, Fairmoove, est un portail centré sur « le tourisme responsable ».

Jean-Pierre Nadir a rejoint la deuxième saison de Qui veut être mon associé ? un peu par hasard. Dans un premier temps, il aurait dû y participer… côté entrepreneurs cherchant à convaincre les investisseurs. « La production m’avait contacté parce que j’avais créé Fairmoove, et elle me proposait de passer devant le jury. Au début, je pensais que ça allait donner beaucoup de visibilité à ma start-up. C’est comme ça qu’on a commencé à échanger sur le sujet. J’ai dit que j’étais aussi investisseur », raconte-t-il.

Dans Qui veut être mon associé ?, il a voulu montrer « la décontraction avec laquelle on peut faire les choses. Tout n’est pas toujours rigueur, organisation, discipline. Il y a des moments où l’empathie et l’intuition peuvent être des leviers extrêmement forts. » Avant le début du tournage, il pensait que « les stars, c’était le jury ». « Au bout de dix minutes j’ai compris que les stars, ce sont les candidats et qu’on est là pour les valoriser et les aider à s’exprimer », complète-t-il, modeste ou inconscient de la capacité de son bagout à voler la vedette à tout ce qui l’entoure.