« The Voice » : Dans les coulisses des auditions à l’aveugle de la saison 11, un cocon musical sans public

TELECROCHET « 20 Minutes » a assisté mardi à une session d’enregistrement de la nouvelle édition de l’émission de TF1 qui reviendra à l’antenne début 2022

Fabien Randanne
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Florent Pagny, Amel Bent, Vianney et Marc Lavoine sur le plateau des auditions à l'aveugle de la saison 11 de The Voice.
Florent Pagny, Amel Bent, Vianney et Marc Lavoine sur le plateau des auditions à l'aveugle de la saison 11 de The Voice. — Franck Castel/Bureau 233
  • Le tournage des auditions à l'aveugle de la saison 11 de The Voice a commencé samedi et prendra fin jeudi, au studio du Lendit (Seine-Saint-Denis). 20 Minutes était sur place mardi.
  • Une poignée des 125 candidats séléctionnés pour cette étape a été testée positive au Covid-19 avant sa venue. Les talents concernés devront attendre une prochaine édition pour tenter leur chance. « On sent la pression du variant Omicron», confie le producteur Matthieu Grelier d’ITV Studios. La décision a été prise de tourner sans public.
  • « On a plus de musiciens que d’habitude, glisse Olivier Schulteis, le directeur musical de l’émission croisé rapidement en coulisses. La jeune génération est plus musicienne. On voit passer de plus en plus de talents qui ne sont pas seulement des interprètes. »

Fidèles de The Voice, vous connaissez forcément le bruit qui retentit lorsqu’un coach appuie sur son buzzer pour que son fauteuil se retourne. Cet effet sonore est ajouté lors du montage. Au moment du tournage, le siège pivote dans la discrétion afin de ne pas déconcentrer ou déstabiliser le candidat venu tenter sa chance. « D’habitude, le public autour du plateau applaudit, ce qui lui donne quand même une indication », explique Bruno Berberes, le directeur de casting du télécrochet de  TF1. Mais comme les auditions à l’aveugle de la onzième saison, auxquelles 20 Minutes a assisté mardi, se déroulent sans spectateurs ni spectatrices en gradins ou en fosse, « beaucoup de talents ne se rendent même pas compte que ça se retourne. » La situation sanitaire en France a convaincu la production de rester prudente et d’instaurer ce quasi-huis clos, presque un cocon.

Pour accéder au studio du Lendit, à Saint-Denis, (Seine-Saint-Denis), il faut montrer patte blanche, ou plutôt passe sanitaire et test antigénique de moins de 48 heures. Une poignée de candidats, testés positifs au Covid-19 avant leur venue, devra attendre une prochaine édition pour tenter sa chance. « On sent la pression du variant Omicron, confie le producteur Matthieu Grelier d’ITV Studios. On essaie de préparer un espace qui pourra divertir le public début 2022. On va en avoir besoin. Les téléspectateurs verront quelque chose de très frais, tout sera presque diffusé en temps réel. »

« Florent Pagny ouvre ses chakras »

Cette année, le calendrier de tournage débute plus tard qu’à l’accoutumée. Généralement, en novembre, les auditions à l’aveugle sont déjà en boîte. Cette fois-ci, elles ont été programmées fin décembre – elles ont commencé samedi et se finissent jeudi –, afin de permettre aux coachs, et notamment à Vianney et Florent Pagny actuellement en tournée, d’être réunis.

C’est la première fois depuis la saison 2 qu’un même quatuor officie deux saisons de suite. En saison 10, l’alchimie entre Amel Bent, Marc Lavoine, Vianney et Florent Pagny, fonctionnait particulièrement bien. « Ils ont tous les quatre eu envie de se retrouver ensemble. C’est comme une famille qui se réunit, souligne Matthieu Grelier. Là, ils surprennent, ils essayent d’aller vers d’autres talents. Amel Bent, par exemple, se tourne vers le rock et la pop. Florent ouvre ses chakras. »

Sans public pour les observer, les coachs ont le débat ou le chambrage facile, que les caméras tournent ou non. « Vianney et Marc Lavoine se sont vraiment rencontrés la saison dernière et leur complicité évolue cette année », note le producteur. Amel Bent bataille gentiment avec le premier pour avoir le dernier mot sur une chanson de Ben Mazué qu’elle rêverait de proposer aux battles. Chaque moment de pause est un petit théâtre où les réparties fusent. Comme ce moment volé où l’interprète de Ma Philosophie se dit réticente à l’idée d’une séance de spiritisme pour communiquer avec Dalida. Pagny lui répond : « Là où elle est, on y va tous. Et ça à l’air d’être bien : personne n’en est jamais revenu. » Vianney relance d’un : « Si : Jésus ! » L’arrivée d’un nouveau talent sur scène coupe court au débat mystico-théologique.

Davantage de musiciens et de chansons francophones

125 candidats et candidates ont passé les étapes jusqu’à ces auditions à l’aveugle. « Les gens pensent qu’on sélectionne beaucoup de pros. C’est faux. Cette année, on n’en a pas plus de vingt. Les autres ont des professions très variées : agriculteur, gérant d’entreprise… » « On a plus de musiciens que d’habitude, glisse Olivier Schulteis, le directeur musical de l’émission croisé rapidement en coulisses. La jeune génération est plus musicienne. On voit passer de plus en plus de talents qui ne sont pas seulement des interprètes. » Matthieu Grelier, lui, note un retour en force de la chanson française. « On sort du répertoire francophone habituel, précise-t-il. Il y a un renouveau depuis quelques années grâce à Pomme, Clara Luciani, Juliette Armanet, Julien Doré, Louane ou Orelsan… » Et cela se ressent dans les choix des titres.

Ce mardi, Vianney était celui dont l’équipe était la moins garnie. « Le devoir d’honnêteté nous coûte parfois, avance-t-il à un chanteur qui ne l’a pas convaincu. Tu es allé en force sur cette chanson, ça me gêne. » Le coach confiait un peu plus tôt à ses acolytes avoir l’intention de se retourner uniquement s’il est pleinement enthousiasmé par une voix. On le voit parfois hésiter. Puis se mordre les doigts de ne pas s’être retourné. De quoi remettre en question sa stratégie ? Réponse prochainement sur TF1.