« Drag Race France sera diffusé sur France.tv Slash », annonce la cheffe des divertissements de France Télévisions

INTERVIEW Alexandra Redde-Amiel, directrice des jeux et divertissements de France Télévisions dresse pour « 20 Minutes » un bilan de l’année et confirme que le service public a acquis les droits d'adaptation de « RuPaul’s Drag Race »

Propos recueillis par Fabien Randanne
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Le logo de l'émission Drag Race France.
Le logo de l'émission Drag Race France. — FTV / Endemol

Alexandra Redde-Amiel, la directrice des divertissements et des jeux de France télévisions a une fin d’année particulièrement chargée à un peu plus de deux semaines de l'  Eurovision Junior qui se tiendra à la Seine musicale (Boulogne-Billancourt). Pour 20 Minutes, elle fait un point sur les derniers préparatifs de l’événement, dresse un bilan de l’année écoulée sur les antennes du service public et en profite pour officialiser l’arrivée de la version française du cultissime talent-show RuPaul's Drag Race dans le giron du groupe.

Il y a quelques semaines, la mise en chantier d’une version française de « RuPaul’s Drag Race », célèbre compétition de drag queens, était annoncée. Des rumeurs annoncent une diffusion côté France Télévisions. Vous confirmez ?

Oui, Drag Race France arrive sur France Télévisions. Quand on a eu l’opportunité d’adapter ce format qui est un énorme succès à l’international, on n’a pas hésité une seule seconde. C’est une grande fierté pour nous. Ce programme sera diffusé sur France.tv Slash. Il est à destination d’un public jeune et a vocation à avoir un large écho sur nos plateformes numériques, à générer de la conversation, à montrer que le service public ose, surprend. L’unité des divertissements et jeux travaille d’arrache-pied avec les équipes d’Endemol France et Slash pour présenter une adaptation française innovante et ambitieuse.

L’identité française sera-t-elle très marquée ?

On mise sur la French Touch ! Drag Race célébrera la culture française, ses savoir-faire, la mode, le maquillage, l’art de la scène, la chorégraphie… On va montrer nos spécificités. Ce concours s’inscrit dans une logique d’universalité du service public – France Télévisions s’adresse à toutes, à tous et à chacun et à chacune –, d’envie de découverte et de recherche de nouveaux talents dans tous les domaines. La scène drag française est riche, on est heureux d’offrir à ces artistes un plateau à la mesure de leur art incroyablement complet, leur permettant d’exprimer toute leur créativité, leur univers artistique, leur personnalité. C’est un spectacle qui va nous faire du bien, nous permettre de partager des émotions et rassembler un public que l’on veut large et divers.

Dans un autre registre, une autre compétition, « Quelle sera la meilleure danse folklorique de France ? », présentée par Cyril Féraud, est attendue sur France 3…

L’émission a été tournée au Royal Palace de Kirrwiller en Alsace, le plus grand cabaret d’Europe. Dix troupes régionales s’affronteront pour le titre de meilleure danse folklorique de France. Vincent Niclo, Mareva Galanter, Caroline Margeridon et Laurent Luyat composent le jury. Les danseurs ont tous les âges, de 7 à 77 ans. Les costumes sont magnifiques, les danses ont été retravaillés, le spectacle est époustouflant ! C’est un véritable événement. Cette émission est dans la lignée des divertissements culturels et régionaux qui sont l’une de nos singularités que l’on revendique à France Télévisions. Le Village préféré des français, qui fêtera ses 10 ans l’an prochain, Le Monument préféré et La Carte au trésor sont aussi dans cette dynamique.

L’Union européenne de radio-télévision (UER) a annoncé jeudi que la répétition générale de l’Eurovision junior, prévue le samedi 18 décembre à la Seine Musicale, à la veille de la finale, se ferait sans public en raison des conditions sanitaires. A cet instant T, les indicateurs sont ils au vert pour assurer la tenue du show en direct ?

On a mis en place une bulle sanitaire stricte et on a un protocole exemplaire. On fait attention à tout. On sait que des petites choses seront peut-être à affiner au fur et à mesure. Les décisions sont prises avec un objectif : que le show puisse avoir lieu en direct le 19 décembre à 16 h. On a donc décidé avec l’UER et la direction de France Télévisions de retirer le public du samedi pour nous donner le plus de chances que tout se passe bien. On est bien entendu tout ouïe sur tout ce qui se passe. Que ce soit nous ou les autres délégations, on a hâte, on a envie de partager ce Christmas show à Paris. Je les avais encore ce matin [jeudi] au téléphone, tout le monde est impatient d’arriver.

L’Eurovision Junior donnera en quelque sorte le coup d’envoi de la programmation des fêtes de fin d’année. Quels seront les temps forts ?

En résumé, la grille des fêtes sera riche en divertissements, en plaisir, en humour et en musique pour faire du bien à nos téléspectateurs en cette période morose. Nous aurons l’honneur de diffuser le 18 une soirée exceptionnelle signée Laurent Gerra. La première de Prodiges sera diffusée le jeudi 23 décembre sur France 2. Faustine Bollaert prend les commandes. Elle arrive avec sa bienveillance, amène beaucoup de fraîcheur, son regard de mère de famille. Nous avons été conquis. Laurence Boccolini sera aux manettes de La grande soirée de Noël le vendredi 24. Un prime pensé pour les familles et les gens seuls ce soir-là. Ce sera un rendez-vous dans l’humeur, dans le jeu, où l’idée sera de jouer avec des invités et de vivre une vraie soirée de Noël dans un chalet, le chalet de Laurence Boccolini (sourire) qui réserve plein de surprises pour cette soirée. Le 31 décembre sera animé par Stéphane Bern qui continuera de faire découvrir des lieux patrimoniaux uniques. Cette année, la soirée aura lieu aux Grandes écuries du château de Chantilly et il y aura du grand spectacle en perspective.

Quels bilans tirez-vous côté divertissements cette année ?

Sous l’impulsion de Stéphane Sitbon-Gomez [le directeur des antennes et des programmes], nous avons événementialisé nos offres. Nous continuons les créations de divertissements et les rendez-vous s’installent. Il y a de beaux rendez-vous gagnants : la création d’Eurovision France, l’hommage à Johnny Hallyday, les Victoires de la musique qui ont battu leur record depuis 2014, la Fête de la musique en direct de Roland-Garros, Le Quiz des champions, La Boîte à secrets, Allez viens je t’emmène, les 300 Chœurs ou encore les programmes du week-end comme Vivement Dimanche de Michel Drucker. Il y a eu de beaux records avec Laurent Ruquier et Les enfants de la télé et Jean Luc Lemoine avec sa bande dans Samedi d’en rire.

« The Artist », lancé à la rentrée n’a pas trouvé son public. Plusieurs observateurs ont noté que le concept était une bonne idée mais que la mécanique était confuse. Une saison 2, remaniée, pourrait-elle voir le jour ?

Comme je l’ai dit, découvrir des talents est une marque de fabrique de France Télévisions et nous le revendiquons. C’est une des grandes forces de Nagui, d’ailleurs, avec Taratata. Cette mise en lumière, on la retrouve dans d’autres émission comme Basique ou Eurovision France. C’était aussi l’objectif de The Artist avec la mission de faire découvrir des auteurs, compositeurs et interprètes. C’était un pari. On peut bien sûr toujours analyser ce qui a marché ou non – et c’est essentiel pour construire la suite – mais il me semble important de retenir sur cette émission que Nagui et France Télévisions ont contribué à faire découvrir de très beaux talents qui, je peux vous le dire, nous réservent de belles surprises. Nous continuons à oser, à étonner, à renouveler. C’est un pari difficile, avec des moments faciles et d’autres moins mais c’est essentiel pour avancer.

Quel bilan tirez-vous de la version remaniée de « Spectaculaire ! » avec Jean-Marc Généreux rejoint par Cyril Féraud ?

Quand on lance des nouveautés, l’important est de s’installer. On a modifié des choses dans le prime. Ce n’était que le deuxième numéro, un troisième va arriver bientôt. On fera un bilan après cette prochaine diffusion et on verra ce qu’on décidera. Une chose est sûre : on est en adéquation avec l’ADN de France Télévisions qui est de continuer à offrir du grand spectacle.

Cette année, la visibilité de Cyril Féraud sur les antennes du service public n’a cessé de s’étendre…

C’est ce que l’on travaille avec nos animateurs : la possibilité de se déployer au sein du groupe. Le Quiz des champions a signé une performance plus qu’excellente, 16.3 %, 3 millions un samedi soir sur France 2, c’était la première de Cyril et ça a été absolument dingue.

Il y a eu aussi plusieurs nouveautés dans les grilles concernant les jeux avec Laurence Boccolini qui a succédé à Nagui à la présentation de « Tout le monde veut prendre sa place »…

C’est un pari gagné avec Laurence comme pour la refonte des matinées dans l’ensemble. Avec Laurence Boccolini, l’enjeu était important. On est sur un socle solide en quelques mois – ce n’est que le début - on est à 1.5 million de téléspectateurs et 16 % de part d’audience en moyenne, donc on est très content de cette transition parce que ce n’était pas forcément gagné d’avance. Il y a eu une belle passation, bienveillante, entre Nagui et Laurence.

« Chacun son tour » a été lancé en remplacement des « Z’amours », également présenté par Bruno Guillon. Là aussi vous estimez que le pari est gagné ?

Chacun son tour a très bien démarré. On est à plus de 700.000 téléspectateurs avec des pointes à 18 %. On est ravis de ce qui se passe sur les jeux du matin. il y a aussi Y’a pas d’erreur ? avec Alex Goude qui est venu enrichir la case du samedi. On est autour de 600.000 téléspectateurs et 12 % de part d’audience. En soirée Tout le monde a son mot à dire présenté par Olivier Minne et Sidonie Bonnec a pris trois points sur un an, avec 1.4 millions de téléspectateurs.

« N’oubliez pas les paroles » est inamovible ?

C’est notre access star avec Nagui toujours aussi puissant qui garde le lead quasiment tout le temps avec des progressions de presque 1 point sur un an. Le prime spécial a fait 17 % de part d’audience samedi dernier avec plus de 3 millions de téléspectateurs. Cette émission est le rendez-vous que les téléspectateurs attendent et que l’on a envie d’avoir. Slam, Questions pour un champion, Des chiffres et des lettres, entre autres, sont aussi de véritables rendez-vous. On a un socle extrêmement solide de jeux. L’unité divertissements et jeux, c’est 2000 heures de programmes par an, dont 1.500 rien que sur les jeux.