« Une ambition intime » : Karine Le Marchand revient avec cinq femmes politiques, des punchlines et des confidences

« LE DIVAN » Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Rachida Dati, Marlène Schiappa se confient ce dimanche soir à Karine Le Marchand sur M6

Clément Rodriguez
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Marine Le Pen a reçu Karine Le Marchand chez elle pour « Une ambition intime »
Marine Le Pen a reçu Karine Le Marchand chez elle pour « Une ambition intime » — PIERRE OLIVIER/M6
  • A quelques mois de l'élection présidentielle, M6 propose un numéro inédit d’Une ambition intime ce dimanche, dès 21h05.
  • Karine Le Marchand reçoit Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Rachida Dati et Marlène Schiappa pour un épisode spécial « femmes politiques au pouvoir ».
  • « Je ne pensais pas qu’on empêchait à ce point les femmes d’avancer en politique », explique l’animatrice qui considère son émission comme « militante ».

Installée sur un canapé, Karine Le Marchand boit sa tasse de thé. « Votre maman n’a jamais su lire ni écrire ? Ça vous embête qu’on vous compare à votre père ? Vous êtes très jeux de société ? » Les questions qui se succèdent ne sont pas posées à un agriculteur ou une agricultrice de L’amour est dans le pré mais à des femmes politiques. Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Rachida Dati et Marlène Schiappa ont toutes accepté de participer à la deuxième saison d’Une ambition intime, dont le seul et unique numéro sera diffusé ce dimanche sur M6.

La préparation du programme démarre en avril lorsque les équipes d’Une ambition intime contactent l’entourage des personnalités interrogées. Les coups de fil s’enchaînent jusqu’à obtenir une « bible d’à peu près 150 pages » a expliqué Karine Le Marchand lors de la conférence de presse organisée par la chaîne. « En fonction de ce qu’on nous dit, on arrive à sortir les traits principaux », ajoute l’animatrice qui invite les proches à intervenir par le biais d’interviews préenregistrées.

La mère d'Hidalgo, le mari de Schiappa, les enfants de Pécresse

Ainsi, les téléspectateurs et téléspectatrices verront Nicolas Sarkozy et Christian Jacob parler de Rachida Dati, découvriront le mari de Marlène Schiappa, entendront les enfants de Valérie Pécresse et la mère d’Anne Hidalgo. Surtout, le public devrait être surpris d’apprendre que Marine Le Pen vit en colocation avec Ingrid, une amie d’enfance. « On ne s’engueule jamais. Il y en a une qui fait les courses, l’autre qui prépare à déjeuner ou à dîner. Marine s’occupe très bien du jardin, je m’occupe plus de la cuisine », dévoile celle qui vit avec la candidate à la présidence de la République depuis cinq ans.

Une trentaine de minutes est accordé à chaque femme politique dans l’émission. Le tournage, d'une durée de trois à quatre heures pour chacune des rencontres, a eu lieu en juillet pour trois d’entre elles, en août pour Anne Hidalgo et mi-septembre pour Marlène Schiappa. A l’époque, toutes n’avaient pas encore affiché leur ambition quant à l’échéance d’avril prochain. « Pour certaines, on a tourné deux fins. On a dit pourquoi elles ne se présentaient pas et pourquoi elles se présentaient », a dévoilé Karine Le Marchand, affirmant qu’elles « avaient de super arguments pour les deux [options] ». Cette astuce permettait aux politiciennes de garder la maîtrise de leur calendrier d’annonce, à l’image de ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy lors de sa participation à l’émission il y a cinq ans.

Une émission militante ?

Jusqu’à environ minuit, les témoignages des femmes politiques s’enchaîneront. On y apprendra que Valérie Pécresse a une folle passion pour le fromage, on se baladera dans le potager de Marine Le Pen et on en saura plus sur la rencontre des parents de Marlène Schiappa. Outre cette volonté de Karine Le Marchand de voir ses invitées lui ouvrir les portes de leur quotidien, l’animatrice estime qu’Une ambition intime est devenue une émission militante au fil du tournage.

« Elle est militante en ce sens où je crois qu’on comprend bien que c’est compliqué, indique-t-elle. Je ne pensais pas qu’on empêchait à ce point les femmes d’avancer en politique. » A travers leurs anecdotes, les intervenantes attestent de leurs difficultés à accéder au pouvoir et de la façon dont elles doivent légitimer leur place. Anne Hidalgo, par exemple, confie : « Il y a des gens qui ont vraiment intérêt à ce que rien ne change. […] Ils sont venus me menacer, là, dans ce bureau, physiquement. »

Chez M6, le son de cloche n’est pas tout à fait le même. « Cette émission n’est pas militante, mais l’espérance est simple : ces paroles à nu, sans fard ni langue de bois, seront peut-être capables de faire avancer les choses », souligne le dossier de presse. Guillaume Charles, directeur général des programmes de la chaîne, précise que « ce n’est pas un documentaire militant mais [qu'] il l’est un peu devenu parce que ce qu’elles nous racontent peut parfois être choquant, surprenant et va interpeller. »

« Je pensais que Trotski et Marx étaient des copains de la famille »

Karine Le Marchand l’affirme : les femmes politiques parlent plus facilement de leurs émotions que les hommes, en comparaison de Nicolas Sarkozy, Arnaud Montebourg ou Bruno Le Maire, qui avaient participé au premier numéro en 2016. L’émission proposée ce dimanche permet notamment à Marine Le Pen d’aborder le débat de l’entre-deux-tours de la précédente élection présidentielle. « Je l’ai trouvée courageuse de revenir sur ce sujet, sur le fait qu’elle n’a pas été bonne, qu’elle a mis un an à s’en remettre. Je ne suis pas certaine que beaucoup d’hommes politiques assument être mauvais », constate l’animatrice.

Les canapés installés sur le lieu de travail des invitées ne sont pas seulement propices aux confidences mais aussi aux punchlines. « C’est un peu comme Loft Story, la politique », lance Valérie Pécresse. « Quand j’étais petite, je pensais que Trotski et Marx étaient des copains de la famille », rigole Marlène Schiappa au moment d’évoquer les discours très communistes de ses parents.

Pour l’heure, aucun autre numéro d’Une ambition intime n’est prévu avec l'ensemble des candidates et candidats à l’élection présidentielle lorsque la liste sera définitive. Plusieurs raisons sont évoquées : le temps de préparation que demande un tel programme et l’équité des temps de parole encadrée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel à partir de janvier. M6 évoque réfléchir à une autre émission, dans « une forme beaucoup plus reportage », en fonction des plannings de chacun et de chacune.