« Cash Investigation » : Elise Lucet répond à Dominique Strauss-Kahn après ses accusations

PANDORA PAPERS Les accusations concernent une enquête de « Cash Investigation » où il est question d’affaires fiscales de l’ancien patron du FMI

C.W. avec AFP
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La journaliste Elise Lucet.
La journaliste Elise Lucet. — Francois Mori/AP/SIPA

« Nous parlons de deux choses différentes et de deux périodes différentes ». Contactée par le site Puremédias mardi, Elise Lucet a répondu aux accusations de Dominique Strauss-Khan concernant le numéro de Cash Investigation que France 2 diffusera jeudi soir. Lundi, l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) avait réagi sur Twitter à la diffusion de la bande-annonce de cette enquête réalisée dans le cadre des  Pandora Papers intitulée DSK, enquête sur un homme d’influence.

« Quand la méchanceté devient mensonge. Vos équipes de professionnels auraient pu vérifier que je suis résident fiscal marocain depuis 2013 et que j’y paye mes impôts à hauteur de 23,8 % de mes bénéfices, soit 812.000 euros pour les années 2018, 2019 et 2020 », écrivait-il, accompagné du hashtag #cashinvestigation. Elise Lucet a notamment regretté que Dominique Strauss-Khan réagisse « avant de voir l’enquête ».

« Malheureusement, il n’a pas souhaité répondre à nos questions »

« Nous parlons de deux choses différentes et de deux périodes différentes. Nous parlons de l’impôt sur les sociétés de 2013 à 2018. Il parle du fait qu’il est résident fiscal marocain et avance des chiffres sur les années postérieures, de 2018 à 2020 », explique Elise Lucet à Puremédias. De son côté, Linda Bendali explique notamment que « dans la deuxième partie de son tweet, il additionne deux impôts qui n’ont absolument rien à voir : les impôts sur les revenus et les impôts sur les sociétés. Puis, il mélange les périodes. Il a additionné les 15 % d’impôts sur les revenus, avec les 8,75 % sur les sociétés, qu’il paye uniquement depuis 2018 ». « C’est un peu bizarre de la part d’un économiste de haut rang », note la journaliste.

Au-delà du contenu du tweet de Dominique Strauss-Khan, Elise Lucet s’est aussi exprimée sur le fait que l’ancien patron du FMI n’avait pas répondu aux sollicitations de son équipe. « Nous avons contacté son assistante en ligne et son avocat par mail. Moi, j’ai appelé ses portables français et marocain. Je lui ai laissé des messages partout. Malheureusement, il n’a pas souhaité répondre à nos questions. Moi, ce qui me frappe un peu, c’est répondre par un tweet de trois lignes, en décalage par rapport à ce que nous disons. C’est dommage. On le regrette. On aurait préféré un entretien en bonne et due forme », déplore la journaliste.

Des sociétés implantées dans des pays à la fiscalité avantageuse

Comme le rapportait l’AFP lundi, selon l’émission Cash Investigation, l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn aurait implanté dans des pays à la fiscalité avantageuse les sociétés via lesquelles il se ferait rémunérer pour ses activités de conférencier et de consultant. Cette enquête, à laquelle ont collaboré environ 600 journalistes réunis au sein du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), s’appuie sur quelque 11,9 millions de documents provenant de 14 sociétés de services financiers et a mis au jour plus de 29.000 sociétés offshore, pour certaines utilisées à des fins d’évasion fiscale.

Parmi ces documents, l’émission Cash Investigation s’est penchée sur des éléments comptables de la société Parnasse International, créée par l’ex-ministre socialiste français en mai 2013.