« Je ne veux pas refaire "Koh-Lanta" à cause des réseaux sociaux », affirme Amel, gagnante en 2002

« KOH-LANTA » ET MOI (5/6) « Koh-Lanta » – dont la saison anniversaire, intitulée « La Légende », est diffusée sur TF1 – fête ses 20 ans. L’occasion, pour « 20 Minutes », d’aller à la rencontre d’ex-candidats et candidates émblématiques et de recueillir leurs souvenirs

Propos recueillis par Fabien Randanne
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Amel dans Koh-Lanta, le retour des héros.
Amel dans Koh-Lanta, le retour des héros. — F. Pugnet / TF1
  • Koh-Lanta célèbre cette année ses 20 ans d’antenne. A cette occasion, tous les lundis, pendant six semaines, 20 Minutes publie les témoignages d’anciens candidats et candidates.
  • Cette semaine, Amel, première gagnante de l’émission évoque notamment sa première participation en 2002, avant l’ère des réseaux sociaux.
  • « Si je ne veux pas refaire Koh-Lanta, c’est en partie pour ça : les réseaux sociaux. J’ai des ados à la maison et je n’ai pas envie qu’ils lisent la haine – parce qu’il y en a forcément aussi – à mon sujet », déclare-t-elle à 20 Minutes.

Elle est la première femme à avoir gagné Koh-Lanta. C’était à l’issue de la deuxième saison, en 2002. Amel, 48 ans cette année, avait fait un passage éclair dans Le Retour des héros en 2009 : elle n’y a passé qu’une journée avant de partir en raison d’une défaite dans une épreuve éliminatoire. A l’en croire, le jeu d’aventure fait partie du passé pour elle : plus que la crainte de la faim, de la fatigue ou de la pluie, ce sont les trolls des réseaux sociaux qu’elle redoute en cas de nouvelle participation.

Qu’est-ce que « Koh-Lanta » a changé pour vous ?

Koh-Lanta m’a changée. J’ai fait des choix de vie différents, donc ça a changé ma vie. L’émission m’a redonné confiance en moi et permis de voir jusqu’où je pouvais aller dans des conditions extrêmes. Dans la vie de tous les jours, on pense savoir ce que l’on ferait dans telle ou telle situation mais confronté à la vraie dureté du jeu, de la survie, on découvre vraiment qui on est. On est loin de notre confort, de notre famille, de nos amis, de tout ce qui peut rassurer et on est livrés à nous-même avec des inconnus même si des amitiés se forgent au fur et à mesure. Je dis toujours qu’il faut faire au moins un Koh-Lanta dans sa vie parce qu’on se découvre et qu’il y a toujours un avant/après.

Quelle est la question que les gens qui vous reconnaissent dans la rue vous posent le plus souvent sur « Koh-Lanta » ?

Est-ce que c’est vrai que vous ne mangez pas ? Est-ce que c’est vraiment dur ? Est-ce que les vers, c’est bon ? L’épreuve de « dégustation » impressionne toujours les téléspectateurs, tout le monde trouve ça dégueulasse. Ils veulent connaître l’envers du décor.

Quelle est la question que l’on ne vous pose jamais et à laquelle vous auriez bien aimé répondre ?

Combien de temps ça dure ? On ne m’a jamais demandé combien de temps je suis restée sur le jeu. Pour moi, c’est 40 jours, mais selon les saisons, pour les finalistes, la durée n’est pas la même.

Quel est votre souvenir le plus fort ?

Pour moi, ça a été les deux épreuves finales parce qu’il n’y avait plus d’élimination au conseil et mon avenir dans le jeu ne dépendait que de moi. J’étais seule contre trois qui avaient une alliance. Je savais que si je voulais aller au bout, je ne pouvais compter que sur moi-même. Chaque victoire a été un feu d’artifice pour moi, je savais qu’il n’y avait que comme ça que je pouvais aller au bout.

Avez-vous gardé contact avec les candidats de votre saison ?

Oui ! Maude était ma compagne d’aventure dès la première seconde alors que l’on n’avait absolument rien à voir. Elle était dans le milieu de la mode, moi dans le social donc on ne se serait jamais rencontré dans la vraie vie. On a tout de suite accroché. Je suis aussi toujours en lien avec Jimmy et Béatrice. Dans l’équipe adverse, il y avait Nicolas – qui est malheureusement décédé l’année dernière – et Isabelle avec qui j’ai gardé contact par la suite.

Les réseaux sociaux n’existaient pas à l’époque de votre première participation…

Il y avait Internet, mais ça coûtait tellement cher que même moi, je ne l’avais pas. On n’avait vraiment l’avis du public qu’en direct, dans la rue. On recevait aussi beaucoup de courrier. J’ai gardé les lettres, elles sont remplies d’amour et on se rend compte que les gens lisent nos interviews parce qu’ils nous envoient plein de cadeaux en lien avec ce qu’on y dit. J’ai reçu plein de tablettes et de livres de recettes parce que j’avais déclaré que j’adorais le chocolat. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent complètement le lien entre les candidats et le public.

Les réseaux sociaux peuvent être un frein à une éventuelle nouvelle participation ?

Oui, je vous le dis franchement, si je ne veux pas refaire Koh-Lanta, c’est en partie pour ça : les réseaux sociaux. J’ai des ados à la maison et je n’ai pas envie qu’ils lisent la haine – parce qu’il y en a forcément aussi – à mon sujet. Je ne souhaite pas gérer ça. J’assume ce que je suis et ce que je fais, mais quand ça a un impact sur la famille, c’est différent.

Vous continuez à suivre « Koh-Lanta » ?

J’essaye. Il y a quelques saisons que j’ai raté. Avec le confinement, ça a été plus facile de s’y remettre. Le Koh-Lanta tout de suite après le mien m’a fait un choc émotionnel. Quand j’ai vu le générique et qu’on n’était plus dedans, ça m’a fait bizarre. La page était vraiment tournée.

La semaine prochaine, Vincent, candidat de « Koh-Lanta, les armes secrètes »