« Chacun son tour » : « Je ne suis pas nostalgique des "Z’amours" », assure Bruno Guillon

INTERVIEW Lundi, l’animateur présentera « Chacun son tour », un nouveau jeu sur France 2, et lancera une nouvelle saison de sa matinale « Bruno dans la radio » sur l’antenne de Fun

Propos recueillis par Fabien Randanne
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Bruno Guillon sur le plateau du jeu de France 2, Chacun son tour.
Bruno Guillon sur le plateau du jeu de France 2, Chacun son tour. — Gilles GUSTINE - FTV
  • La page des Z’amours est définitivement tournée. Dès ce lundi, à 11h20 sur France 2, Bruno Guillon présentera désormais le jeu Chacun son tour.
  • Chacun son tour ​combine, hasard, culture générale et jeu d’adresse.
  • Côté radio, l’animateur entamera lundi la onzième saison de sa matinale sur Fun Radio et présentera le Bon Dimanche Show, un « talk-show à l’américaine » les dimanches après-midi sur RTL.

Les Z'amours ont été éconduits. Dès ce lundi, à 11h20, Bruno Guillon retrouvera le public de France 2 à 11h20 avec un nouveau jeu, Chacun son tour. Un mélange de hasard, de culture générale et d’adresse. A chaque tour, deux participants seront tirés au sort. Celui qui sortira vainqueur d’un duel de questions pourra tenter sa chance au billard japonais et, s’il est encore en course à la fin de l’émission, de décrocher la cagnotte… On a demandé à l’animateur de nous en dire davantage sur ce concept et de nous parler de sa rentrée radio sur Fun et RTL.

Comment présenteriez-vous, en quelques mots, le concept de « Chacun son tour » ?

Les candidats de ce jeu sont les membres du public. Ils sont trente. La petite originalité, c’est qu’on peut ne jamais en sortir tant qu’on n’a pas gagné la cagnotte finale. On va donc fidéliser les téléspectateurs avec des candidats qui vont être amenés à passer dans plusieurs émissions et qui, peuvent se retrouver face à leur moitié ou à leur collègue de travail.

Vous avez pris facilement vos marques à la présentation ? Ou vous aviez encore des automatismes des « Z’amours » contre lesquels il a fallu lutter ?

Je ne lutte pas contre les automatismes parce que, dans ma façon de présenter, je fais du Bruno Guillon. Je ne vais pas chasser mon naturel. Je suis à l’antenne comme je suis dans la vie.

« Les Z’amours » fonctionnait beaucoup sur le ping-pong avec les couples, leurs anecdotes, leurs petites chamailleries… Là ce n’est pas plus compliqué ?

Non parce que, comme je le disais, les candidats restent dans le jeu tant qu’ils n’ont pas gagné la cagnotte. Il y en a donc que les téléspectateurs pourront voir pendant deux ou trois semaines. Il se créé des lien entre les participants qui font que, à l’instar de ce que je faisais dans Les Z’amours, je peux jouer sur cette connivence, d’autant que certains viennent en couple. Cela arrive que homme et femme ou homme et homme se retrouvent face à face pour répondre à mes questions.

Vous éprouvez une forme de nostalgie envers « Les Z’amours » ?

Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique. La nostalgie a un côté spleen que je n’aime trop. Toutes les expériences que j’ai vécues restent comme de doux souvenirs. Je ne suis pas dans la culture du passé. La fin des Z’amours m’a évidemment peiné parce que c’est la fin d’une histoire de vingt-six ans pour les téléspectateurs et, pour moi à l’animation, cela a été trois ans avec une équipe de plusieurs dizaines de personnes qui, pour certaines, étaient là depuis le début. Forcément, la dernière émission a été un pincement au cœur mais, maintenant, je suis passé à autre chose, avec le sentiment du devoir accompli car, à la fin, les audiences étaient les meilleures depuis une dizaine d’années.

« Les Z’amours », c’était vingt-six ans à l’antenne… Cette longévité, ça met une pression pour le jeu qui le remplace ?

Je ne suis pas du genre à me mettre la pression. Je suis assez serein. Je n’attaque pas du tout en me disant que ce jeu va durer vingt-six ans. Si on arrive à faire une saison complète, ça veut déjà dire que le jeu fonctionne bien. Après, on verra. J’ai commencé à faire de la radio parce que je me disais que c’était un truc où il fallait constamment se renouveler et que je n’aime pas tirer des plans sur la comète pour le long terme. Je fais la même chose en télé.

Vous avez désormais, depuis cet été, 50 ans. C’est un cap. Quel regard portez-vous sur votre parcours professionnel, sur le chemin accompli et celui qui reste à accomplir ?

Mon rêve de gamin était d’être un jour animateur sur une radio nationale. Je l’ai concrétisé à 25 ans. Depuis, c’est du bonus. J’ai deux phrases qui me décrivent pas mal, qui ne sont pas du Schopenhauer ou du Descartes. La première, c’est Michel Blanc/Jean-Claude Dusse qui dit, dans Les Bronzés : « Oublie que tu n’as aucune chance, vas-y fonce, sur un malentendu ça peut marcher. » Donc je prouve que ça marche. La deuxième, est tirée du sketch de Coluche intitulé « Le Belge ». Il disait : « Je mets une pièce, y’a une canette qui tombe. Je mets une deuxième pièce, y’a une deuxième canette qui tombe… » Et la chute c’était : « Tant que je gagne, je joue ! » Je suis un peu dans cette dynamique-là : tant que je gagne, je joue et le jour où ça ne marchera plus, je passerai à autre chose. Mais ce n’est pas à moi de décider. J’ai choisi un métier qui est porté par le public, donc tant qu’il me donne son aval, c’est super. Le jour où il ne le donnera plus, ce que je peux comprendre, je ferai autre chose.

Ce lundi, vous faites votre rentrée sur Fun Radio. « Bruno dans la radio » fêtera ce jour-là ses dix ans et un jour. Vous avez préparé les bougies ? Quelque chose de spécial ?

(Il rit) Non. Tout à l’heure, vous mettiez le doigt sur le fait que j’avais fêté mes 50 ans et je ne suis pas trop sur les marqueurs d’âge. On va attaquer cette onzième saison comme si c’était une première saison sur une nouvelle radio. Je compare souvent notre métier au mythe de Sisyphe qui montait une pierre tout en haut d’une montagne et, lorsqu’il se réveillait le lendemain, se rendait compte que la pierre était retombée en bas et qu’il devait recommencer. Notre métier, c’est ça, se dire que rien n’est jamais acquis. Ce n’est pas parce que c’est la onzième saison qu’on arrive les mains dans les poches et qu’on déroule en faisant comme d’habitude, je ne veux pas tomber là-dedans.

Vous allez par ailleurs présenter une nouvelle émission sur RTL…

Oui, tous les dimanches. RTL me laisse carte blanche pour faire une émission d’une heure et demie, de 14h à 15h30, qui s’appellera le Bon Dimanche Show. Je n’aime pas l’expression « talk-show à l’américaine » mais pour le coup on va jouer ce cliché-là car on va faire l’émission dans un décor de talk-show à l’américaine et le but sera de se marrer avec un invité. Le premier sera Kad Merad, il devrait ensuite y avoir Pierre Niney, Marc Lavoine, Laurent Laffitte, etc. J’ai hâte parce que c’est un projet en radio qui me tient à cœur depuis longtemps.

Une casquette de producteur de séries

Bruno Guillon a créé « une nouvelle société pour écrire ou produire de la série télé ». Une première est en développement, en cours d’écriture. Les diffuseurs potentiels seront contactés dans un second temps.