« Avec "Koh-Lanta", tu signes pour aller en enfer, tu y vas et puis c’est tout », affirme Moussa

« KOH-LANTA » ET MOI (1/6) « Koh-Lanta » – dont la saison anniversaire, intitulée « La Légende », est lancée ce mardi sur TF1 – fête ses 20 ans. L’occasion, pour « 20 Minutes », d’aller à la rencontre d’ex-candidats et candidates émblématiques et de recueillir leurs souvenirs

Fabien Randanne
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Moussa lors de la saison de Koh-Lanta, l'île des héros, diffusée en 2020.
Moussa lors de la saison de Koh-Lanta, l'île des héros, diffusée en 2020. — © Philippe LEROUX/ALP/TF1
  • Koh-Lanta célèbre cette année ses 20 ans d’antenne. A cette occasion, tous les lundis, pendant six semaines, 20 Minutes publie les témoignages d’anciens candidats et candidates.
  • Cette semaine, Moussa revient sur ses trois participations au jeu d’aventure en 2003, 2012 et 2020.
  • « Chaque fois que je revenais, je me disais "Plus jamais !" et, bizarrement, quand l’île te rappelle, c’est comme dans la série Lost, tu réponds toujours présent et tu y retournes », explique-t-il.

« Avec Koh-Lanta, j’ai pu vivre mes rêves au lieu de rêver ma vie », poétise Moussa, faisant écho à la fameuse citation d’Antoine de Saint-Exupéry : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité. » S’il y a une dimension cauchemardesque dans sa description du jeu d’aventure de TF1 qu’il compare à « un enfer », l’Essonnien, qui a fêté ses 41 ans cet été, insiste davantage sur la manière dont l’émission a contribué à faire de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. En saison 3, en 2003, il s’était incliné dans la dernière ligne droite, tombant à l’eau au bout de deux heures et demie d’effort lors de l’épreuve de poteaux, remportée par Isabelle. Cette dernière avait préféré choisir Delphine lors du duel final : elles ont toutes les deux remporté cette édition, ex aequo… De retour en 2012 pour la saison spéciale La Revanche des héros, Moussa a été éliminé à mi-course. Huit ans plus tard, sur L’île des héros, il a quitté le jeu à l'issue de l'orientation et s’est classé quatrième. S'il ne figure pas au casting de la saison anniversaire, on le retrouvera prochainement pour une autre aventure... sur le parquet de la nouvelle saison de Danse avec les stars.

Qu’est-ce que « Koh-Lanta » a changé pour vous ?

Koh-Lanta m’a apporté beaucoup de sagesse et m’a appris beaucoup de choses sur moi-même. L’émission fait partie de mon histoire. Lors de ma première participation en 2003, j’étais un gamin. Aujourd’hui, je suis père de famille et un adulte responsable. Cela a été pour moi une sorte de thérapie, de quête de soi. C’est tellement dur. J’ai participé à trois saisons, et, à chaque fois que je revenais, je me disais « Plus jamais ! » et, bizarrement, quand l’île te rappelle, c’est comme dans la série Lost, tu réponds toujours présent et tu y retournes.

Qu’est-ce que cela a révélé en vous que vous ne soupçonniez pas ?

Le challenge, la compétition. A l’époque, j’aimais le sport, mais je venais de démarrer. C’est indirectement grâce à ça que j’ai pris confiance en moi. J’ai été deux fois champion du monde de sanda [un art martial chinois], cela m’a peut-être aidé. Cela m’a aussi appris à vivre en communauté avec des personnes de milieux sociaux différents du mien. Et puis, en 2003, je venais de perdre un frère. Vraiment, ça m’a fait du bien de prendre l’air, de faire table rase, de recommencer à zéro. A Koh-Lanta, tu arrives avec rien si ce n’est deux pauvres t-shirts et tu dois apprendre toutes les bases de la survie, la vie en communauté… Avec Koh-Lanta, j’ai pu vivre mes rêves au lieu de rêver ma vie.

Quelle est la question que les gens qui vous reconnaissent dans la rue vous posent le plus souvent sur « Koh-Lanta » ?

Est-ce que vous mangez ? Est-ce que vous dormez à l’hôtel quand les caméras ne tournent pas ? La réponse est non. Tu as signé pour aller en enfer, tu y vas et puis c’est tout. Il est logique que les gens se posent ces questions à la maison. Ils ne se rendent pas compte quand ils sont sur leur canapé de la manière dont on éprouve notre corps sur une aventure comme ça, en passant quarante jours quasiment sans manger. C’est dur, Koh-Lanta, c’est la souffrance. Mais les gens sont bienveillants dans l’ensemble. Il y en a plein qui rêvent de faire Koh-Lanta. Pour eux, on est des héros, on a vécu une aventure de fous. Peut-être qu’ils ont conscience indirectement que les conditions sont dures.

Quelle est la question que l’on ne vous pose jamais et à laquelle vous auriez bien aimé répondre ?

Celle de la souffrance, justement. Celle que l’on éprouve après une épreuve, après une dure journée sur le camp, sous la pluie… Autant les îles sont paradisiaques, mais quand il pleut, on est vraiment en enfer : tu ne dors pas de la nuit, il faut surveiller le feu… J’aurais aimé qu’on me pose davantage de questions sur ces conditions extrêmes. C’est cet aspect-là qui nous a tous fait grandir, je pense.

Quel est votre souvenir le plus fort ?

Il y en a plusieurs. J’ai plein de flashs qui me viennent. Dans ma tête, c’est le fouillis, parce que quand je cherche, je tombe sur un moment et je repense à un autre bon moment… La rencontre avec Teheiura avec qui j’ai fait deux aventures entre 2012 et 2020. En 2003, quand j’ai rencontré Tony et Moundir. S’il fallait ne garder qu’un souvenir marquant, il serait lié aux épreuves où tu peux contacter ta famille ou lire ton courrier.

Avez-vous gardé contact avec les candidats de votre première saison. Elle s’est déroulée alors que les réseaux sociaux n’existaient pas…

C’est compliqué de garder contact. On ne s’entend pas avec tout le monde, ce serait hypocrite de dire le contraire. J’ai plus ou moins entretenu le lien avec les personnes que j’apprécie. Même si on se voit une fois par an, ou qu’on ne s’est pas vus depuis dix ans, comme, par exemple, Tony que je n’avais pas recroisé depuis quinze ans, on se prend tout de suite dans les bras quand on se revoit parce qu’on a partagé une aventure de fous furieux, qu’on se respecte. Grâce à cette aventure – ou à cause –, on est liés à jamais.

Vous continuez de suivre les nouvelles saisons de « Koh-Lanta » ?

Oui, je regarde mais pas tout le temps. Cela dépend des saisons. Si la saison est top et que j’ai loupé un épisode, je vais suivre en replay pour ne pas être perdu. Si je m’attache à certains aventuriers et personnalités, je veux les suivre. Cela me fait plaisir d’en parler avec d’autres anciens de Koh-Lanta, de faire des pronostics. Je suis fan du programme mais j’ai un autre regard que la majorité des téléspectateurs, je me concentre davantage sur la partie technique, tactique.

Lundi prochain : Chantal, finaliste de « Koh-Lanta Johor » en 2015 et candidate de la saison spéciale « Le Combat des héros » en 2018.