C’est quoi Pitchoun Ile-de-France, la télé locale pour les enfants « à mi-chemin de Casimir et du Club Dorothée » ?

BAMBINS CATHODIQUES Le CSA auditionnait mercredi Pitchoun TV, une télévision pour enfants, seul candidat restant à l’obtention d’un canal TNT à temps partiel, le matin de 6 heures à 9heures

Aude Lorriaux
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Pitchoun, la mascotte de Pitchoun TV
Pitchoun, la mascotte de Pitchoun TV — Pitchoun TV
  • Sur la tranche 6 heures-9 heures, Pitchoun TV promet une émission quotidienne avec du magazine, du documentaire, du reportage le tout animé par Cerise Calixte, chanteuse et comédienne, ancienne voix de Disney.
  • « Ce serait une nouveauté, car il n’y a pas de TV de proximité pour les enfants », fait valoir Laurent Brochet, le président et fondateur de la chaîne actuellement diffusée chez les fournisseurs Orange, Free et Bouygues Telecom.

Edit du 9 juillet: ajout de la réponse positive du CSA.

 « Je veux que ça transpire l’amour dans cette chaîne ! », s’exclame Laurent Brochet, devant les cinq membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel qui lui font face. Dans les locaux de l’instance de régulation de l’audiovisuel, le président de Pitchoun médias défend son projet de télévision locale pour les enfants, qu’il veut pouvoir installer sur la TNT. Les sages du CSA seront les seuls à pouvoir décider de lui accorder le précieux sésame, qui apparaît pourtant bien étriqué : une diffusion à temps partiel, entre 6 heures et 9 heures seulement, et dans la région parisienne exclusivement. Son groupe est désormais le seul dans la course.

Mais cela ne décourage pas Laurent Brochet, qui se définit comme un « passionné » et un « artiste », et promet de « faire le maximum pour ne pas décevoir » le CSA. Né il y a cinq ans, son groupe multimédia s’est lancé dans la télévision il y a trois ans, et rêve de s’étendre. Tout repose sur LA mascotte, la star Pitchoun, ce petit animal qui ressemble à un ours, aux oreilles violettes et bleues.

« Il n’y a pas de TV de proximité pour les enfants »

Pour animer cette « matinale de réveil des enfants », le groupe mise sur son animatrice Cerise Calixte, chanteuse et comédienne, ancienne voix de Disney, qui devrait prendre la tête d’une émission quotidienne, avec du magazine, du documentaire, du reportage, promet Laurent Brochet. On trouvera aussi dans cette matinale un agenda culturel, une émission sur la cuisine « avec un cuisinier d’Ile-de-France », de quoi « prendre soin de l’environnement », et même apprendre l’anglais avec un ventriloque.

« Ce serait une nouveauté, car il n’y a pas de TV de proximité pour les enfants » fait valoir Laurent Brochet, qui veut mettre en avant les monuments de la capitale à travers des partenariats et compte sur un soutien de la région Ile-de-France. « S’implanter à Paris permettrait de compléter notre maillage territorial », complète Frédéric Andrieu, le directeur général.

En face, dans une salle aux murs blancs, à l’ambiance studieuse, les membres du CSA écoutent patiemment, puis questionnent les dirigeants. Laurent Brochet insiste beaucoup sur les valeurs de sa chaîne, met en avant le fait qu’il est père de deux enfants à qui il veut « donner le meilleur » – « ils vont construire le monde de demain » – et promet 600 heures de contenus inédits par an.

Publireportages ?

Ex-productrice de documentaires, devenue membre du CSA, Carole Bienaimé Besse demande quelle sera l’originalité de Pitchoun TV par rapport aux nombreuses chaînes pour enfants qui existent déjà. « Nos concurrents ont une offre de dessins animés uniquement. Nous, c’est un vrai plateau, une vraie émission qu’on propose », plaide Laurent Brochet, qui ajoute : « On est à mi-chemin de Casimir et du Club Dorothée ».

Roch-Olivier Maistre, président du CSA, s’enquiert d’une levée de fonds du groupe, dont il a entendu parler. Le président du groupe affirme que des gros investisseurs l’ont déjà contacté, mais qu’il a pour l’instant tout refusé car il « tient à sa liberté. » « On sait faire de la production pour pas cher », se vante-t-il, affirmant même : « Si on devait respecter les normes de production TV on ne s’y retrouverait pas. » Sa baguette magique ? « Une façon de travailler », indique-t-il.

Carole Bienaimé Besse s’inquiète aussi des « publi-reportages » annoncés par la chaîne : « Déjà on est sur un horaire avant école, et il n’est pas recommandé aux enfants de regarder la télévision à cette heure-là, alors si c’est pour faire du placement de produits… » Mais le patron de la régie publicitaire rectifie le terme : « Il s’agit bien de partenariats », dit-il, s’excusant d’une erreur sur le terme. 

De quoi rassurer le CSA ? La réponse, tombée ce vendredi 9 juillet, est positive: Le CSA « a décidé de sélectionner » cette candidature « et va désormais engager les discussions » avec la société « sur les termes » de sa future convention. « Je n'y croyais pas trop, c'est une très bonne nouvelle, ça va faire un beau développement pour mon petit groupe média ! » s'est réjoui auprès de 20 Minutes Laurent Brochet.