« Braqueurs » : Karine Le Marchand dresse le portrait de ceux « qui ont brassé des millions et qui galèrent »

PROGRAMME TELE Six hommes fichés au grand banditisme se racontent dans « Braqueurs » ce dimanche sur M6

Clément Rodriguez

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D'anciens braqueurs se repentissent sur M6
D'anciens braqueurs se repentissent sur M6 — Capture d'écran/M6
  • Ce dimanche, à 23h20, M6 propose le premier des deux épisodes de Braqueurs, un documentaire dans lequel six hommes anciennement fichés au grand banditisme se livrent.
  • Le projet est produit par Karine Le Marchand et a mis environ trois ans à aboutir.
  • « On a sélectionné des anciens braqueurs qui avaient tous une part de rédemption », certifie l’animatrice.

Le grand banditisme, des millions d’euros volés et des années passées en prison. Autant de points communs que partagent David, Nunzio, Gérard, Khaled, Raymond et François. Ces six anciens malfrats sont au cœur de Braqueurs, diffusé ce dimanche soir à 23h20 sur M6. Le documentaire, produit et conté par Karine Le Marchand, donne la parole à ces hommes qui ont commis des vols avec violence, des cambriolages, des attaques de banque et de fourgons.

L’animatrice de L’amour est dans le pré a eu l’idée de ce projet il y a trois ans alors qu’elle découvrait la justice restaurative, une initiative notamment expérimentée en Belgique, dont le but est de mettre en relation des victimes et les auteurs du crime qu’ils ont commis. « J’essaye de faire parler les gens, de leur donner la parole quand ils n’ont pas l’habitude de la donner toujours sans juger et sans un point de vue présupposé », témoigne Karine Le Marchand lors d’une visioconférence de presse.

« Il y en a un qui était super mais qui s’est fait arrêter pour braquage »

Si ce documentaire en deux parties a été difficile à mettre sur pied, c’est notamment parce qu’il a fallu convaincre les personnes de témoigner à visage découvert. Pour cela, la réalisatrice Delphine Cinier a passé plusieurs semaines avec eux, sans sa caméra, pour les apprivoiser et leur exposer la vision de son travail, à savoir « comprendre les origines du mal sans forcément être dans le cliché de l’enfance difficile et comprendre pourquoi on en arrive là. »

Outre leurs nombreux braquages, les six hommes sélectionnés pour participer au projet devaient tous faire preuve « d’une part de rédemption », assure Karine Le Marchand qui a également rencontré des personnes qui n’avaient aucun recul sur leurs actes et leurs conséquences sur les victimes. « Et puis, il y en a d’autres qu’on a laissés en chemin parce qu’ils sont notamment retombés. Il y en a un qui était super mais qui s’est fait arrêter pour braquage », se souvient l’animatrice.

Ne pas tomber dans l’héroïsation

« Au début, quand je les ai rencontrés la première fois, ils m’ont fait très peur », confie Delphine Cinier. La réalisatrice a donc dû dompter ses peurs et surmonter ses préjugés pour aller jusqu’au bout, sans toutefois tomber dans la fascination et la glorification. « Il fallait montrer ce que c’était qu’un braquage. Forcément, il y a un côté cinématographique », se défend-elle.

« D’aucune manière, il n’y a de glorification dans le documentaire, enchérit Jonathan Curiel, directeur général adjoint des programmes de M6, W9 et 6ter. On est dans une logique de regrets et de remords par rapport à ce qu’ils ont pu faire, pas dans une épopée de braqueurs. » Pour cela, les deux épisodes décrivent les périodes de faste des braqueurs, parle des millions qu’ils détiennent entre les mains mais apporte aussi un contre-pied grâce à la présence de Jean-François Maugard, ancien de la Brigade de répression du banditisme.

« Ce sont des gens qui ont brassé des millions et qui galèrent. Il n’y en a pas un qui est richissime, peinard. Je ne suis pas certaine que ce soit si héroïque que ça », conclut Karine Le Marchand. Après avoir été condamnés à des peines allant de 18 à 70 ans de prison, les anciens braqueurs ne vivent pas dans une villa en comptant leurs billets. Aujourd’hui, ils tentent de reprendre une vie normale, tout en transmettant un message de prévention par le biais de poèmes, de spectacles ou de ce documentaire.