« Top Chef » : À part goûter les assiettes, que font les chefs de brigade ?

OUI, CHEF ! L’expérience des candidats et candidates de « Top Chef » serait-elle bien différente sans leur coach de brigade ?

Clément Rodriguez

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Les quatre membres du jury de « Top Chef » sont-ils coachs mentaux ou chefs de brigade ?
Les quatre membres du jury de « Top Chef » sont-ils coachs mentaux ou chefs de brigade ? — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • M6 diffuse ce mercredi l’avant-dernier épisode de la douzième saison de Top Chef.
  • Cette année encore, Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Michel Sarran et Paul Pairet ont continué leur guéguerre. Mais que représentent-ils pour les candidats et candidates ?
  • « Les coachs sont comme une stimulation perpétuelle sur chaque épreuve, comme un électrochoc », certifie Romuald Graveleau, le producteur de l’émission, à 20 Minutes.

Le plateau de Top Chef est-il un ring de boxe, une cour de récréation ou une cuisine ? La question peut se poser lorsque l’on voit Philippe Etchebest taper un peu trop fort dans le dos de Matthias pour l’encourager ou Paul Pairet faire l’avion avec Sarah pour célébrer ses victoires.

Garants du spectacle, les quatre chefs de brigade se tirent la bourre et se prennent au jeu pendant toute la durée de la compétition. Mais s’ils aiment s’envoyer des piques, les quatre membres du jury ne sont pas là que pour faire leur show.

Règle n° 1 : ne pas mettre la main à la pâte

Sur le papier, lorsque l’on a demandé à Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Michel Sarran et Paul Pairet de participer au programme, leur mission était simple : stimuler la créativité des candidats et candidates. « Ils servent à les pousser plus loin que la première idée qu’ils peuvent avoir à l’énoncé du thème, indique le producteur Romuald Graveleau à 20 Minutes. Ils font en sorte que le candidat se pose les bonnes questions pour faire un truc encore plus dingue. »

Attention, aider les candidats et candidates à se surpasser ne veut pas dire qu’il faut les prendre par la main et leur donner des idées de bon petit plat. C’est d’ailleurs interdit : « Pendant le tournage, on fait très attention à ce que les chefs de brigade ne se positionnent pas comme les créateurs de la recette », souligne le producteur. Les membres doivent donc amener les compétiteurs et compétitrices à se poser les bonnes questions : est-ce que ma proposition est la bonne ? Est-ce que je suis dans le thème ? Est-ce que je peux aller plus loin ?

Lorsque Sarah ne sait plus où donner de la tête lors de la première épreuve de la demi-finale, Paul Pairet est donc obligé de rester dans son rôle, à savoir aider sa protégée après qu’elle a trouvé son idée, et non pas lui dire quoi faire. La cheffe, elle, doit conjuguer le stress du challenge avec celui de la présence de son coach. « On a une pression supplémentaire quand ils sont là. On se dit qu’on ne veut pas décevoir », commente-t-elle.

Le mental, c’est capital

Mais alors, à part goûter les préparations de chacun et chacune et leur dire de faire attention à leurs cuissons, à quoi servent les membres du jury ? « Ils donnent quand même énormément d’idées, de bons conseils en cuisine, et on a besoin d’avoir leur avis sur plein de choses », nuance Matthias.

Plus que des chefs gastronomiques, Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Michel Sarran et Paul Pairet se glissent presque dans la peau de préparateurs sportifs au fil des semaines. « Ce sont beaucoup plus des coachs qui vont jouer sur le mental durant l’épreuve en nous remontant les bretelles ou, au contraire, en nous poussant », appuie Sarah. « C’est vrai qu’il y a aussi une vraie part de coaching mental, c’est vraiment très important », ajoute Matthias.

Si les jurés sont présentés comme des chefs de brigade, les candidats et candidates ne sont pas pour autant sous leurs ordres. « Les coachs sont comme une stimulation perpétuelle sur chaque épreuve, comme un électrochoc », certifie Romuald Graveleau. À l’instar de coachs sportifs, les quatre personnalités vont pousser leurs poulains sans être dans la capacité de faire les exercices à leur place.

Et s’ils n’avaient pas été là ?

Matthias, lui, se confronte depuis seize semaines à Philippe Etchebest, le plus fougueux des jurés. Et s’il a souvent le droit à quelques tapes sur l’épaule, le candidat considère que la compétition aurait été différente sans son mentor. « Je trouve que l’aventure n’est que plus belle avec eux parce que c’est un échange, c’est toujours beaucoup plus enrichissant », confie-t-il.

D’abord sélectionnée par Hélène Darroze, Sarah a ensuite intégré la brigade de Paul Pairet. Et selon elle, ça ne fait aucun doute, son aventure n’aurait pas été la même s’il et elle n’avaient pas été là. « Même si ça avait été l’inverse, je ne sais pas si je serais restée aussi longtemps, avance-t-elle. J’avais vraiment besoin d’une Hélène Darroze au début, un truc un peu maternel qui rassure, puis d’avoir cette deuxième naissance, ce deuxième coup de fouet, avec Paul Pairet. »

Grâce à leur entraîneur ou leur entraîneuse, les jeunes chefs ont pu faire évoluer leur cuisine. Sarah a notamment pris confiance en elle, Matthias a gardé en tête tout un tas de conseils qui pourront lui servir à l’avenir, et Mohamed a pu se concentrer sur ses points forts, dont les sauces et les jus. En pointant du doigt les belles réalisations de leurs protégés, les chefs permettent aussi de faire un état des lieux des forces de chacun et chacune dans le but de les mettre encore plus en avant, et donc de gagner les épreuves. Qui d’Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Michel Sarran et Paul Pairet aura été le ou la meilleure dans son coaching pour mettre le pied en finale ? Réponse ce mercredi soir.