« Top Chef » : « Ce n’est pas la manière dont j’aurais aimé finir », regrette Matthias Marc

INTERVIEW L’un des candidats les plus prometteurs de cette saison de « Top Chef » échoue aux portes de la finale

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Matthias, candidat de la douzième saison de « Top Chef »
Matthias, candidat de la douzième saison de « Top Chef » — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • Ce mercredi, M6 proposait la demi-finale de la saison 12 de Top Chef.
  • Arrivés à égalité, Sarah et Matthias ont été jugés par Michel Sarran, qui a préféré les plats de la candidate nantaise.
  • « Dans les deux cas, c’est un mauvais choix. On aurait aimé se faire départager sur une épreuve coup de feu », témoigne Matthias Marc auprès de 20 Minutes.

Il n’avait plus qu’une demi-marche supplémentaire à franchir pour se livrer à la bataille finale. Mais ce mercredi, Michel Sarran en a décidé autrement. Après une (trop) longue séquence souvenirs, le chef de brigade a fait le choix, à l’aveugle, de sélectionner Sarah pour l’ultime épreuve, condamnant Matthias à se voir offrir la troisième place de cette saison de Top Chef. Le jeune cuisinier part du concours sans regret, mais avec une pointe de frustration. Il se confie à 20 Minutes.

Vous attendiez-vous à découvrir une pastille orange sous la cloche des résultats ?

Je m’y attendais grave parce qu’en fait, je savais que ça n’avait pas été facile sur la demi-finale et je m’attendais à ce que ce soit ex aequo ou rien. Je ne m’attendais pas à avoir la pastille verte, pour être honnête.

Finalement, c’est Michel Sarran qui vous départage à l’aveugle. Est-ce frustrant de terminer son aventure de cette façon ?

Oui, ça ne peut être que frustrant. Ce n’est pas la manière dont j’aurais aimé finir. Lui a un choix à faire mais c’est forcément un choix de merde. Dans les deux cas, c’est un mauvais choix. On aurait aimé se faire départager sur une épreuve coup de feu ou un truc de quinze ou vingt minutes. A la fois, Sarah a fini une fois première et deux fois troisième donc ça veut dire qu’elle a fait un grand plat et deux plats moins bien. Et moi, je n’ai pas fait de grand plat mais j’étais plus constant parce que je termine deux fois deuxième et une fois troisième. Et au final, c’est moi qui sors. Est-ce qu’il vaut mieux être fulgurant que constant ? Chacun sa réponse, moi je ne l’ai pas…

Qu’est-ce qui a mené à votre défaite selon vous ?

Je pense qu’en demi-finale j’ai plus joué avec le frein à main que d’habitude. Je suis plus fort quand je lâche tout et là, j’ai un peu plus joué la sécurité en me disant qu’il allait y avoir des épreuves techniques. Les macaronis, j’ai fait un truc que je connais par cœur, je n’ai pas cherché à aller plus loin et je me suis fait avoir. L’agneau, je n’ai pas été malin en prenant ce thème parce que Mohamed est chaud là-dessus. Je n’avais pas envie de faire un thème d’enfoiré mais j’aurais dû faire un thème d’enfoiré, ce serait peut-être passé. J’ai joué trop petit bras.

Si c’était à refaire, feriez-vous les choses différemment ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir de regrets, je suis déjà très content d’arriver troisième. A la fin, on me demande si je suis triste et je dis que je ne vais pas pleurer parce que je suis troisième de Top Chef, il y a pire dans la vie. Je pense juste que j’ai manqué de lucidité en demi-finale où j’aurais dû faire une épreuve plus dure parce que j’aurais pu les mettre en difficulté, mais je trouvais ça bâtard. J’ai joué trop bon copain sur la fin.

Vous êtes un candidat qui a beaucoup divisé le public. Comprenez-vous les critiques ?

Ouais, je comprends d’une part et, en vrai, je ne m’intéresse pas forcément à ça. Quand tu as du caractère, c’est toujours plus compliqué dans ces émissions. Le montage du début avec Charline, la petite protégée, ça a un peu joué contre moi. Quand j’en parle avec les autres candidats de Top Chef, ils me disent qu’ils n’auraient pas aimé être à ma place parce que ça ne peut que mal se passer. Je n’ai pas fait Koh-Lanta ou Secret Story, je suis là pour cuisiner, pas pour raconter ma vie. Et puis, j’ai vraiment vu l’évolution de ouf avec les gens. Les histoires au début avec Charline, c’était compliqué et ensuite, j’ai gagné plus d’épreuves, la guerre des restos, l’apologie de l’excès. Quand tu gagnes et que tu fais des beaux trucs, les gens t’aiment bien. Il faut aussi prendre de la hauteur par rapport à ça. Je suis concentré sur mon travail et pas sur trois tweets.

Est-ce que vous appréhendiez le fait de devoir cuisiner tout en parlant devant des caméras ?

C’est clairement pas facile, c’est vraiment le plus dur de devoir tout expliquer. C’est la partie la plus chiante du concours, mais il faut jouer le jeu.

Vous venez d’ouvrir un deuxième restaurant à Paris. Top Chef a-t-elle accéléré les choses ?

Je n’ai pas eu besoin de Top Chef pour ouvrir ce restaurant mais de là à dire que ça n’aide pas pour la fréquentation, ce serait complètement faux de dire ça. Par contre, croire que Top Chef va faire que les deux restaurants marcheront sur le long terme, c’est une connerie. Tu as beau avoir fait l’émission, si les choses que tu envoies ne sont pas bonnes ou pas au bon prix, ça va forcément mal se passer.