« Pékin Express » : « Nous n'avons jamais considéré l’auto-stop comme une force », remarquent Rose-Marie et Cinzia

INTERVIEW Rose-Marie et Cinzia n’ont pas remporté la finale de « Pékin Express » et laissent le trophée à Christophe et Claire

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Rose-Marie et Cinzia, les as de l'auto-stop de « Pékin Express : La route des 3 continents »
Rose-Marie et Cinzia, les as de l'auto-stop de « Pékin Express : La route des 3 continents » — Patrick ROBERT/M6
  • M6 diffusait, ce mardi soir, le dernier épisode de la quatorzième édition de Pékin Express.
  • Au terme d’une finale plus serrée que jamais, Christophe et Claire sont arrivés avant Rose-Marie et Cinzia et ont remporté 58.730 euros.
  • « Il y a une forme de soulagement quand on arrive. On est évidemment tristes de perdre, mais d’un autre côté, ça a été tellement intense qu’on se dit qu’on est enfin arrivées au bout », expriment les deux Parisiennes face à 20 Minutes.

À bout de force et à bout de souffle, Rose-Marie et Cinzia ont fait le maximum pour décrocher la victoire de la quatorzième saison de Pékin Express. Malgré tout, Christophe et Claire ont été plus forts qu’elles. Six mois après la fin du tournage, les deux Parisiennes ne regardent pas leur aventure avec un goût amer en bouche et évoquent la finale comme si elles y étaient encore. Et elles l’affirment : malgré leurs nombreuses séances de kinésithérapie et les journées qu’elles ont dû passer alitées pour se remettre de leurs émotions, elles sont prêtes à préparer à nouveau leur sac rouge pour une saison all-stars.

On se doutait dès le départ que ce serait une finale très serrée et vous le prouvez en croisant Christophe et Claire…

Cinzia : On a eu conscience de leur position, ce qui, je pense, n’a pas été le cas pour eux. Nous, on savait que c’était ultraserré. À la fin, la dernière voiture qu’on prend nous dit qu’un binôme était en train de chercher une voiture ici. On ne sait pas très bien s’ils sont déjà partis ou s’ils cherchent encore. Là, on a un doute et on se dit que c’est possible qu’ils soient devant nous pour le sprint final. Mais peut-être que leur voiture s’est trompée de route, on ne sait jamais, donc on ne lâche rien jusqu’au bout.

Au moment où vous démarrez le sprint final à pied, est-ce que vous sentez que c’est fini pour vous ou est-ce que vous y croyez totalement ?

Rose-Marie : On se doutait mais on s’est quand même dit que pour n’avoir aucun regret, on ne lâcherait rien.

Cinzia : On court ce sprint final dans la douleur et dans les pleurs. Je suis ultrablessée et j’ai mal. On sait que dans Pékin Express rien n’est jamais fini. Et jusqu’au bout, on n’a rien lâché, même si on avait cette connaissance de la position du père et de la fille. Tant qu’on ne les voit pas, tant qu’on n’est pas arrivées, on ne lâche rien.

Au moment où vous arrivez sur le tapis rouge, Cinzia garde le sourire et Rose-Marie fond en larmes… C’est la pression qui redescend ?

Rose-Marie : Tout au long de cette finale, Cinzia est en souffrance. Moi, j’ai aussi de nombreuses blessures mais qui ne se voient pas forcément. Je prends le dessus, je la porte et je tire même sur la corde parce que je vois qu’elle pleure, qu’elle a envie de marcher. Il faut qu’on tente le tout pour le tout pour ne rien regretter. Quand on arrive sur le tapis rouge… [Elle s’arrête] Oh mon dieu, j’ai l’émotion qui revient là ! Quand on arrive sur le tapis rouge et que je les vois, je lui dis que je suis trop fière d’elle. [Elle s’arrête à nouveau] Là, on est en train de pleurer [rires]. Je suis tellement fière de tout ce qu’on a parcouru avec toutes les blessures que l’on a à ce moment-là. Moi, la catapulte… Quand je me suis réveillée le jour de la finale, je ne pouvais plus bouger la nuque. Les blessures ne se voient pas, je prends le dessus vu que la douleur de Cinzia augmentait.

Cinzia : Il y a une forme de soulagement quand on arrive. On est évidemment tristes de perdre, mais d’un autre côté, ça a été tellement intense qu’on se dit qu’on est enfin arrivées au bout. En plus, on sait qu’on a échoué de peu parce que malgré les blessures, on est arrivées à huit minutes, même pas. Il faut savoir perdre avec panache et ils ont mérité cette victoire et on l’aurait méritée tout autant donc c’était vraiment une belle finale pleine d’incertitude, personne ne savait qui allait gagner.

On dirait que vous avez rarement eu du mal à trouver des voitures pendant l’auto-stop. Est-ce que c’était effectivement l’un de vos points forts ?

Cinzia : Non, pas du tout. [Elles explosent de rire.] On a aussi galéré. Je pense que l’auto-stop a même été beaucoup plus facile pour Claire et Christophe parce qu’un père et sa fille, c’est tout de suite attendrissant, ça met en confiance. Nous, on a eu de la facilité aussi à certains moments, mais de manière générale, on a galéré.

Rose-Marie : Très honnêtement, nous n’avons jamais considéré l’auto-stop comme une force. Je n’ai pas trouvé qu’on était ultraperformantes en auto-stop.

La course a été arrêtée en plein milieu du tournage à cause du Covid-19. Pensez-vous que la pause vous a servi ou desservi ?

Rose-Marie : Quand on part de l’Ouganda, on vient de se faire deux duels finaux, on est remontées à bloc et prêtes pour aller en finale. On redoutait le deuxième départ parce qu’on se disait que les dés allaient être relancés. Les gens qui étaient affaiblis allaient reprendre du poil de la bête. On repart à zéro mais on voit que notre mental reprend le dessus rapidement.

Cinzia : Si on avait continué sur l’Ethiopie, on était clairement dans une dynamique qui nous aurait menées jusqu’à la finale. Beaucoup de binômes étaient affaiblis à la fin de l’Ouganda. On a vécu deux Pékin Express en fait, et vu l’état dans lequel on arrive en finale, je ne sais pas comment on aurait fait si on avait dû cumuler les dix épisodes. Physiquement, c’était chaud.

Quel souvenir le plus marquant gardez-vous en tête ?

Rose-Marie : Pour l’émotion que ça me met à chaque fois que j’en parle, je pense que c’est le moment où l’on arrive sur le tapis rouge et que je dis à Cinzia qu’on peut arrêter de courir et qu’on relâche la pression.

Cinzia : C’est l’accomplissement de toute notre aventure, c’est le moment le plus intense. Durant tous les épisodes, on se surpasse, on est face à nos faiblesses, on se découvre des forces. Et surtout, on a la chance d’être là l’une pour l’autre. Quand on arrive sur ce tapis rouge, c’est vraiment l’accomplissement. Notre victoire est aussi là, malgré le fait que l’on n’ait pas remporté Pékin Express, on a quand même gagné.