« Koh-Lanta » : « Il n’y a jamais eu d’alliance à quatre », jure Shanice

INTERVIEW Shanice évoque dans le détail pour « 20 Minutes » les coulisses de son éviction lors du dernier conseil de « Koh-Lanta »

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Shanice, candidate de Koh-Lanta, les armes secrètes.
Shanice, candidate de Koh-Lanta, les armes secrètes. — A.ISSOCK/ALP/TF1
  • Shanice, 26 ans, a été éliminée lors du conseil de l’épisode de Koh-Lanta, les armes secrètes diffusé vendredi sur TF1.
  • C’est son ex-coéquipier des jaunes, Vincent, qui a fait basculer le résultat en votant contre elle. Quelques instants plus tôt, elle insistait pour qu’il vote contre Laure, ce qu’il a refusé de faire. « Bien sûr que se prendre des coups de pression, ce n’est pas cool et je comprends que Vincent ait eu envie de se rebiffer », affirme-t-elle à 20 Minutes.
  • « Pour moi, il n’y a jamais eu d’alliance à quatre. Je n’ai jamais promis, ni à Myriam, ni à Mathieu, ni à Thomas, qu’on irait loin ensemble », assure-t-elle par ailleurs.

Elle avait le profil de la candidate qui va loin dans Koh-Lanta. Respectée sur le camp, bien placée sur la plupart des épreuves, Shanice était l’une des forces tranquilles de cette saison. Pourtant, la Parisienne de 26 ans a subi la « sentence irrévocable » de ses pairs lors du conseil de l’épisode des Armes secrètes diffusé ce vendredi sur TF1. En voulant contraindre Vincent à voter contre Laure, elle se l’est mis à dos : il a fini par voter contre elle en s’alliant aux anciens rouges. Et cela s’est soldé par son élimination. « C’est une trahison », confie-t-elle à 20 Minutes, tout en concédant « avoir [ses] torts là-dedans ».

Quand vous arrivez au conseil, vous attendez-vous à voir apparaître votre nom lors du dépouillement des votes ?

Oui, parce que c’est la première fois où je me sens en danger. Dès que je vois mon nom, je sais que c’est la fin et que Vincent m’a trahi. Je le sais parce qu’on a malheureusement eu cette discussion cinq minutes avant le conseil, donc c’était dans la précipitation et ça a chauffé…

Vous dites que le moment où vous vous réunissez afin de faire valoir pourquoi il vaut mieux voter contre Laure plutôt que contre Magali, c’est juste avant de partir au conseil, et non plusieurs heures avant ?

Voilà, c’est là la petite erreur qu’on a faite et j’ai mes torts là-dedans. Je dis que c’est une trahison et je le dirai toujours parce que c’est ce que je pense et ce que j’ai ressenti. Mais il y a des torts de tous les côtés. On a été bêtes de parler de la stratégie cinq minutes avant le conseil, ce n’était pas le moment propice. Je me suis dit que Vincent allait voter Magali comme prévu. Je savais que les rouges ne voulaient pas voter contre moi parce qu’ils m’appréciaient, donc quand j’ai vu les bulletins Shanice, j’ai compris qu’on leur avait poussé la main parce qu’ils avaient un bon coup à jouer.

N’avez-vous pas sous-estimé Vincent ?

Pas du tout. Je ne suis pas quelqu’un qui a un excès de confiance – c’est ce que je reprochais à Aurélien, ce serait un comble que j’en ai un. J’ai toujours trouvé que mes coéquipiers étaient très intelligents. J’étais juste persuadée que voter Laure était la bonne chose à faire car un binôme dans Koh-Lanta, c’est extrêmement fort. J’étais convaincue qu’éliminer Laure était la meilleure stratégie. A chaque moment, je n’ai pensé qu’aux jaunes. J’aurais peut-être dû penser à moi un peu plus. Mais cela ne me ressemble pas, je ne regrette pas du tout.

Vouloir éliminer Maxine ou Laure pour casser leur binôme, n’est-ce pas une réaction d’orgueil après que les rouges ont éliminé Mathieu, l’un des membres du quatuor jaune ?

Il faut savoir que, pour moi, il n’y a jamais eu d’alliance à quatre. Je n’ai jamais promis, ni à Myriam, ni à Mathieu, ni à Thomas, qu’on irait loin ensemble. L’erreur que j’ai faite – j’ai mes torts – est que, au jeu de confort, en voyant qu’on était tous les quatre en finale, ça m’a touché et, sous le coup de l’émotion, j’ai dit à voix haute : « C’est les deux binômes du début de l’aventure ». Forcément, quand on n’est pas dans ma tête mais dans celle d’un Vincent, on se demande si ce n’est pas une alliance.

Peut-être le montage de l’épisode joue-t-il en ce sens, mais cette entente à quatre est évoquée à plusieurs reprises. Lorsque vous profitez du confort, Myriam insiste sur le fait qu’elle vous imagine tous les quatre à l’orientation. Le mot « quatuor » est souvent prononcé…

Il n’est jamais prononcé par moi. En effet, Thomas et Myriam, de leur côté – Mathieu était moins dans les stratégies –, disaient avoir envie qu’on aille loin tous les quatre. C’était leur volonté à eux. Mais moi, à ce moment du jeu, j’étais aussi proche de Myriam que de Laëtitia, de Vincent, que de Thomas. Dire, « on va aller ensemble aux poteaux », ça n’existe pas dans Koh-Lanta, quand on regarde, comme moi, tous les ans, on sait très bien que ça ne se passe jamais comme ça. Mais j’entends qu’on puisse voir une alliance, c’est sans doute un peu de ma faute.

Vous vouliez voter contre Laure, Vincent contre Magali… Pourquoi n’avoir pas voté contre Arnaud qui, dans ce cas de figure, semblait être un bon compromis. Vous n’avez pas pensé à l’éliminer plutôt lui ?

Non. C’est vrai, on n’a pas évoqué le nom d’Arnaud. Je pense que Vincent et moi avons été très bornés. Je ne voulais pas voter contre Magali car cela ne me semblait pas du tout intelligent dans le jeu. Elle n’était déjà plus rouge, elle était orange, voire totalement blanche. L’éliminer à ce moment-là n’aurait pas eu d’impact fort sur l’équipe des ex-rouges. Je savais qu’il fallait enlever une des filles du binôme parce qu’elles sont très proches. Si l’une s’en va, pour l’autre, cela devient beaucoup plus difficile.

Après l’élimination de Mathieu, vous confiez votre tristesse face caméra mais vous saluez aussi la carte jouée par Jonathan. Avec le recul, ne pensez-vous pas que Vincent a joué un bon coup stratégique, même si vous en avez fait les frais ?

C’était très bien joué de la part de Jonathan. En plus, c’était cinématographique de voir Thomas et Mathieu se disputer leur place dans l’aventure. Concernant Vincent, ce qui me peine, au moment où je pars, c’est que je sais que cela va être difficile pour les jaunes soit de lui pardonner, soit de contrer les rouges et ça m’énerve. Et vraiment, à ce moment-là, je ne veux absolument pas que Vincent soit le prochain éliminé.

Myriam, Thomas et vous avez mis la pression à Vincent. N’était-ce pas le meilleur moyen de le braquer ?

Totalement. Ce qui ne ressort pas et, encore une fois, c’est de ma faute, c’est que lorsque je lui réponds « oui » quand il me demande si c’est une menace, c’est parce que je sais très bien que les jaunes lui en tiendront rigueur s’il ne vote pas comme nous. Cela m’a embêtée, je me disais qu’on ne pouvait pas se déchirer juste pour ça. J’aurais bien aimé faire un épisode de plus pour le prouver mais, si un rouge était sorti, je sais que j’aurais tout fait pour protéger Vincent et dire aux autres que ce n’était pas grave, qu’il a son libre arbitre et qu’on est toujours sur la même ligne de voter contre les rouges. Bien sûr que se prendre des coups de pression quand il y a derrière un Thomas qui menace et moi qui n’explique pas correctement pourquoi je confirme qu’il s’agit d’une menace, ce n’est pas cool et je comprends qu’il ait eu envie de se rebiffer. J’en ai depuis parlé beaucoup avec Vincent et je sais très bien qu’il avait aussi très peur de moi, il voyait que les gens me suivaient et il a voulu prendre cette place. C’est un peu de l’orgueil, c’est dommage.

Votre « Koh-Lanta » a été plus compliqué que vous l’imaginiez ?

Non (rires) ! C’était mieux que ce que j’avais imaginé. Ce qui est bien, c’est qu’en regardant l’émission, je me retrouve dans ce que j’ai fait : au début, je suis très à l’écoute, un peu en retrait, j’analyse, j’observe, je regarde les relations entre les uns et les autres, qui agace, qui est suivi… Et ensuite, j’active mon arme la plus puissante, mon cerveau, et je fais en sorte que tout se passe bien pour l’équipe. Socialement, c’est pareil que dans la vie de tous les jours alors que je pensais que cela allait être difficile. Pour les épreuves, j’étais prête, mais le niveau des candidats m’a surpris. Tout le monde était quand même très sportif.