La téléréalité a 20 ans : « Elle a une meilleure image aujourd'hui parce que les candidats se sont professionnalisés »

GENERATION LOANA 20 ans après « Loft Story », le youtubeur et spécialiste de la téléréalité Sam Zirah dresse le bilan de la professionnalisation des candidats et candidates

Clément Rodriguez

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Sam Zirah : « La téléréalité a une meilleure image aujourd'hui car les candidats se sont professionnalisés » — 20 Minutes
  • À l’occasion des 20 ans de la téléréalité, 20 Minutes propose une série d’articles sur ce phénomène qui a bouleversé le petit écran.
  • En deux décennies, les acteurs et actrices de ce type d’émissions ont appris à gérer leur image et à la rentabiliser.
  • « La téléréalité a une meilleure image aujourd’hui qu’auparavant parce que les candidats se sont professionnalisés », observe le youtubeur Sam Zirah.

Il y a vingt ans, personne ne connaissait le mot « téléréalité », pas même les candidates et candidats qui s’apprêtaient à évoluer sous l’œil des vingt-six caméras de Loft Story. Si, au départ, le projet a été présenté comme une « expérience sociologique », la production de l’émission et le public ont rapidement compris que les amourettes de Loana et Jean-Edouard auraient plus d’intérêt que les analogies avec les théories de Pierre Bourdieu.

Au fil des années, le concept a pris un tournant, les chaînes de télévision délaissant les programmes dits d’enfermement comme Nice People ou Secret Story, pour une nouvelle génération d’émissions lancée par Les Anges de la téléréalité qui consistait, rappelons-le, à faire cohabiter d’anciens participants et participantes de L’Île de la tentation, Loft Story ou encore Secret Story. Quand bien même le cadre était nouveau, le principe, lui, restait le même, et les candidates et candidats l’avaient bien assimilé.

« Loft Story, à l’époque, on était dans une certaine naïveté, dans une téléréalité totalement spontanée, où les candidats n’étaient pas du tout au courant, aguerris des pratiques », remarque Sam Zirah, le youtubeur au million et demi d’abonnés qui reçoit régulièrement des stars de la téléréalité dans son studio parisien. « Les candidats qui aujourd’hui sont dans Les Anges, Les Marseillais, Les Princes de l’amour sont des candidats qui ont suivi, qui ont un historique, qui peuvent savoir ce qu’il s’est passé », ajoute-t-il.

Proposer une image de marque

En prenant part aux différentes émissions en toute connaissance de cause, « les candidats se sont professionnalisés », raconte Sam Zirah. Conséquence ? « La téléréalité a une meilleure image aujourd’hui qu’auparavant » selon le youtubeur qui explique qu’en créant leur business, les participants et participantes donnent une image plus crédible et capitalisent sur leur succès.

Faire de leur visage une marque, c’est l’un des objectifs que se fixent certaines des figures du genre. Il y a vingt ans, certains et certaines espéraient atteindre la notoriété rapidement et se forger une réputation. « Ça faisait peut-être quelque part aussi du bien à l’ego parce qu’on se rend compte que souvent, il y a des histoires de vie derrière où ils ont besoin de réparer certaines choses de leur passé », décrypte Sam Zirah.

Signer des autographes dans la rue (à l’époque où ça se faisait encore) ou prendre des selfies avec des inconnus (quand la photo n’était pas gâchée par des masques), cela fait du bien au moral. En revanche, ça ne remplit pas le porte-monnaie et celles et ceux qui prennent part aux émissions de téléréalité ont fini par le comprendre. « Aujourd’hui, j’ai la sensation que le moyen est beaucoup pécuniaire, note le youtubeur. Les différentes téléréalités, les buzz, sont des moyens qui vont permettre d’accéder à une certaine finalité qui va être le placement de produit, mettre un maximum d’argent peut-être de côté et puis un jour, on ne parlera plus d’eux. »

Quel futur pour la téléréalité ?

En faisant appel à d’anciens candidats et d’anciennes candidates, il devient difficile pour les productions d’enfermer simplement ses protagonistes dans une maison sous l’œil de dizaines de caméras statiques. Mais dix ans après le premier épisode des Anges, la mécanique semble toujours être la même : « la superbe villa, les vacances de rêve, les jobs, les interactions entre eux, les problèmes. »

« Je pense qu’il faut complètement revoir l’écriture de la téléréalité et certainement beaucoup plus s’adapter aux réseaux sociaux. Un vrai mariage peut être fait, je pense qu’il faut le faire et je pense que je vais le faire », annonce Sam Zirah. Le youtubeur planche sur plusieurs concepts de programmes, dont l’un semble plus avancé que les autres. « Depuis dix ans, on a une phase avec beaucoup d’histoires d’amour, à croire que la téléréalité, ce ne sont que des couples et des ruptures. Faux, la téléréalité c’est tout autre chose », promet celui qui a « hâte » de présenter le fruit de ses travaux.

20 secondes de contexte

Il existe de multiples formes de téléréalité aujourd’hui. Nous avons choisi ici de ne pas y inclure les émissions d’aventures (type Koh-Lanta), certaines émissions de dating (comme l’Amour est dans le pré), les concours (émissions de cuisine, de shopping, etc.) ou encore les télécrochets (sauf la Star Academy parce qu’on suivait en continue la vie des candidats au château).