« Top Chef » : Comment la production a convaincu la ministre Barbara Pompili de participer à l'émission

UNE CUISINE PLUS VERTE L’émission de M6 accueille ce mercredi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili pour une épreuve autour de la défense de l'environnement 

Clément Rodriguez

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Barbara Pompili s'invite à la table de « Top Chef »
Barbara Pompili s'invite à la table de « Top Chef » — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • M6 diffuse ce mercredi le neuvième épisode de Top Chef.
  • La deuxième épreuve de la soirée se déroulera au ministère de la Transition écologique et aura pour thème la transmission d’un message écolo à travers l’assiette.
  • La ministre Barbara Pompili, qui goûtera les plats des candidats et candidates, et Romuald Graveleau, le producteur de l’émission, racontent à 20 Minutes comment s’est déroulée cette journée de tournage.

Promis, ce repas-là n’était pas clandestin. Il a même été filmé par une dizaine de caméras devant soixante techniciens. Ce mercredi, Top Chef organise la première « épreuve verte » de son histoire, durant laquelle les candidats et candidates devront faire passer un message écologique à travers leur assiette. Pour l’occasion, le chef Mauro Colagreco jugera les plats en compagnie de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, puisque la compétition prendra place au sein de son ministère.

L’idée de cette épreuve est apparue dans l’esprit des membres de la production dès la préparation de la saison, au mois de mai dernier. Le chef Mauro Colagreco, qui avait déjà accueilli les équipes de l’émission l’année précédente dans son établissement, était partant pour remettre le couvert avec un défi autour de son plat « Marée noire », qui met en lumière son engagement pour la défense de la planète. Les candidats et candidates, pour leur part, auraient à soutenir une cause environnementale de façon choc dans leur assiette.

« Allô le ministère ? C’est Top Chef »

Organiser ça dans les cuisines de Top Chef ? Trop simple. Se déplacer jusqu’au restaurant de Mauro Colagreco ? Déjà fait. La production de l’émission a alors eu l’idée de passer un coup de fil au ministère de la Transition écologique. « Ils nous ont rappelés en nous disant "pourquoi pas". On s’est rencontrés, on a expliqué ce que l’on voulait faire, on est allés visiter le ministère et faire du repérage puis ils ont accepté », se remémore Romuald Graveleau, le producteur du programme.

Et puis, tant qu’à faire, autant inviter la ministre en personne pour marquer le coup. « On s’est vraiment mis à la disposition de son agenda, glisse Romuald Graveleau. Il se trouve qu’elle avait une demi-heure à nous consacrer, entre deux rendez-vous, qui correspondait au moment de la dégustation. »

Barbara Pompili, qui confie avoir accepté l’invitation « avec enthousiasme », n’a pas hésité avant de participer au programme. « C’était une bonne manière pour moi de parler des enjeux écologiques qui sont très importants et pour montrer qu’ils existent partout, y compris dans la vie quotidienne, explique-t-elle à 20 Minutes. Avoir une émission où l’on parle de ça d’une autre manière que dans les émissions politiques, je trouvais que c’était vraiment une excellente idée. »

Seule la voix de Mauro Colagreco compte

Lors de l’émission diffusée mercredi, les téléspectateurs et téléspectatrices découvriront donc la ministre de la Transition écologique dans un nouveau rôle, celui d’une jurée d’un concours culinaire. « On ne m’a pas coachée, répond-elle lorsqu’on lui demande si elle appréhendait de ne pas avoir les compétences nécessaires pour accomplir une telle tâche. Je ne voulais surtout pas me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. Je ne suis pas du tout une spécialiste de la cuisine, surtout quand je suis à côté d’un grand chef étoilé comme Mauro Colagreco, je ne me sens toute petite. »

Barbara Pompili prévient même qu’elle n’a « jamais voulu rentrer dans des considérations techniques. » Le producteur de l’émission note d’ailleurs que son avis lui était demandé « en tant que quidam et pas en tant que spécialiste du monde de la restauration. » En revanche, le public découvrira que la ministre s’accordait régulièrement avec le chef Mauro Colagreco au moment d’exprimer son ressenti. « Quelque part, je trouve que c’est pas mal aussi d’avoir, dans les jurés, des personnes qui n’ont pas de compétences culinaires mais qui sont un peu la cible », indique-t-elle.

Sa mission, si elle l’acceptait, consistait à vérifier que le message que les candidats et candidates voulaient faire passer était visible et lisible, même si cela impliquait de donner un coup de fourchette dans une assiette qui ne respecte pas toujours les codes d’un dressage gastronomique de prime abord. Et cela pour six plats différents ! « Je n’ai eu aucun mal à les finir. A la fin, on me les enlevait avant que je puisse les finir », lance-t-elle. En revanche, dans le cadre de la compétition, son avis n’aura finalement que peu d’importance puisque seule la décision de Mauro Colagreco permettra à l’un ou l’une des concurrents d’éviter la dernière chance.