« Top Chef » : « J’appréhendais l’image qu’ils allaient rendre de moi », témoigne Chloé Charles

INTERVIEW La cheffe indépendante n’a pas pu sauver sa place au terme de la cruelle épreuve du retour des éliminés

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Chloé Charles, la cheffe indépendante de « Top Chef ».
Chloé Charles, la cheffe indépendante de « Top Chef ». — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • M6 diffusait ce jeudi, exceptionnellement, le huitième épisode de la saison 12 de Top Chef.
  • Pas de dernière chance cette semaine, mais l’épreuve du retour des éliminés, qui a vu le départ de Chloé Charles.
  • Remarquée pour ses dressages parfois moins raffinés que ceux de ses camarades, la candidate savait « que c’était là-dessus [qu'elle aurait] des difficultés », explique-t-elle à 20 Minutes.

Ils étaient deux à tenter de réintégrer le concours. Lors de la traditionnelle épreuve du retour des éliminés, Bruno et Pierre n’ont même pas l’air d’avoir eu trop à forcer pour se faire à nouveau une place dans Top Chef. En revanche, leur victoire a eu des conséquences pour Arnaud, qui devient un candidat solitaire, et pour Chloé, qui voit son parcours s’arrêter lors de la huitième semaine. Elle se confie à 20 Minutes sur les peurs qu’elle a eues avant de participer au programme, à l’image qu’elle a renvoyée et sur son investissement dans la compétition.

Comment aborde-t-on une épreuve comme celle du retour des éliminés ?

C’est une épreuve assez sadique d’une certaine manière dans le sens où on se dit que Bruno et Pierre ne sont plus dans le concours. On est contents de les retrouver mais on se dit « mais qu’est-ce qu’ils font là ? » (rires) Leur élimination était une bonne nouvelle pour aller plus loin dans le concours. Ils ont la rage, ils sont beaucoup plus reposés que nous parce que le tournage est quand même très fatigant. Ils ont envie de revenir parce qu’ils sont clairement partis trop tôt. Cette saison, il y a quand même un niveau de dingue, on est tous plus ou moins au même niveau, donc il faut bien qu’il y en ait qui partent en premier.

Avant de participer à Top Chef, vous disiez que ce n’était pas forcément fait pour vous. Pourquoi ça ?

Je trouve que Top Chef est de plus en plus calé vers la cuisine mais à un moment c’était très téléréalité, dû à l’époque à laquelle c’était diffusé. Il y a aussi une réalité économique avec mon entreprise que j’aime beaucoup et avec laquelle je me bats. On vit une période compliquée et je me suis dit que c’était une manière de rester dans la partie et de remonter la machine.

Appréhendiez-vous la diffusion de l’émission ?

C’est vrai que j’appréhendais quand même l’image qu’ils allaient rendre de moi. La télé n’a quand même pas une très bonne image, une image qui souvent modifie les traits de notre personnalité et ne rend pas exactement qui on est. En tout cas, c’est ce que je pensais. Après, je me suis rendu compte qu’il y avait des gens derrière Top Chef qui ne cherchaient pas à faire ça et que si je restais moi-même, ça marchait quand même. J’ai pris le risque et je n’en suis pas mécontente.

Le fait d’être une cheffe indépendante, était-ce une pression supplémentaire ?

J’ai longtemps travaillé dans la restauration plus classique et j’adore travailler en équipe. Je le fais malgré tout étant donné que je fais aussi des menus pour 100 personnes et que je ne peux pas être toute seule. Là où c’était une pression, c’est que j’ai une entreprise et que j’ai envie qu’elle dure donc c’était un pari. Est-ce que ça va le faire ou est-ce que je vais passer pour le boulet de service ? J’ai risqué ma crédibilité et c’est aussi un pari que j’ai fait.

S’il y a une chose sur laquelle l’émission a insisté, surtout au début, ce sont les dressages de vos assiettes. Le ressentiez-vous comme un point faible vous aussi avant qu’on ne vous fasse la remarque ?

Ça a toujours été un point faible, ça a toujours été ce que m’ont reproché les chefs. Je sais que dans Top Chef, c’est assez particulier. Il faut faire des dressages particulièrement esthétiques alors que moi, je préfère avoir un produit le plus brut possible parce que je trouve que c’est ce qu’il y a de plus beau. Ce n’est pas quelque chose qui fonctionne dans un concours comme Top Chef, donc je savais que c’était là-dessus que j’aurais des difficultés.

Lors de l’interview, on voit que vous craquez même si vous dites que vous ne vouliez pas pleurer. C’est représentatif de votre niveau d’investissement dans le concours ?

C’est un concours ultra-prenant, qui joue sur les émotions, le stress, la fatigue et compagnie. Je ne m’attendais pas à ressentir autant de choses. C’est rare de ressentir autant de trucs, que ce soit en joie, en tristesse, en stress, en satisfaction. C’est précieux parce que ressentir tout ça, c’est une chance finalement. J’adore ressentir des émotions fortes, c’est ce qui fait qu’on est humains et qu’on s’éclate. Les émotions de déception, de tristesse, ce n’est pas forcément celles que l’on a envie de vivre direct mais en réalité, c’est génial de ressentir ça.

Aujourd’hui, êtes-vous toujours cheffe indépendante à Paris ? Quels sont vos projets ?

J’adore ma boîte, j’adore ce que je fais. Le but, c’est de la décupler. Pour l’instant, je suis en train de lancer une gamme de produits d’épicerie fine en collaboration avec plein de marques différentes. C’est vraiment pour pousser les gens à cuisiner chez eux, en leur montrant que c’est assez simple et que tout repose un peu sur des condiments.