« A TF1, on m’avait dit : "Si tu ne maigris pas, on t’enlève de l’antenne" », révèle Anne-Laure Bonnet

SEXISME Lundi sur le plateau de « C à vous », la journaliste spécialisée en sports Anne-Laure Bonnet a évoqué la misogynie qu’elle a vécu dans son parcours professionnel

F.R.
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La journaliste Anne-Laure Bonnet en 2019 à Roland-Garros.
La journaliste Anne-Laure Bonnet en 2019 à Roland-Garros. — HAEDRICH JEAN-MARC/LAURENT VU/SIPA

« Quand je travaillais sur TF1, sur la F1, on m’avait dit : "Si tu ne maigris pas, on t’enlève de l’antenne" », a révélé Anne-Laure Bonnet sur le plateau de C à Vous, lundi soir. La journaliste sportive avait répondu à cette menace : « Je parle cinq langues sinon, c’est pas plus utile pour la formule 1 ? »

Celle qui a quitté TF1 en 2009 et officiait récemment sur la chaîne Téléfoot, a livré dans l’émission de France 5 son témoignage au lendemain de la diffusion sur Canal + du documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, consacré à la misogynie sévissant dans les rédactions sportives.

Anne-Laure Bonnet a ainsi raconté qu’un de ses anciens directeurs de la rédaction avait envoyé à un de ses collègues pendant une émission un SMS disant : « Tu vas bien t’amuser avec Anne-Laure, tu as vu son décolleté ? »

« J’ai parlé à ma direction et cela n’a absolument rien changé »

Lorsqu’elle a fait remonter ce message à sa direction, il lui a été répondu : « C’est pour rigoler ! » « Mais c’est pas drôle, parce que cela arrive une fois, deux fois, trois fois et vous savez que le directeur de la rédaction vous voit comme la gonzesse à qui on demande de mettre des décolletés, de maigrir », déplore la journaliste.

« Au bout d’un moment, vous en avez marre et vous partez, a-t-elle continué. J’ai parlé à ma direction et cela n’a absolument rien changé. » Anne-Laure Bonnet souligne que « les journalistes et dirigeants qui ont ce genre de propos sont toujours en place » mais a conclu avec « un note d’espoir : les plus jeunes [journalistes] sont habitués à voir des femmes. »