« Pékin Express » : Comment les candidats ont vécu l’arrêt (et la reprise) du tournage en pleine pandémie

TELEVISION Le tournage de la saison de « Pékin Express », actuellement diffusée sur M6, a dû être suspendu près de six mois en raison de la pandémie de Covid-19

Fabien Randanne
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Arnaud et Pierre-Louis, lors du tournage de la 4e étape de Pékin Express, en septembre 2020.
Arnaud et Pierre-Louis, lors du tournage de la 4e étape de Pékin Express, en septembre 2020. — Patrick ROBERT/M6
  • Le quatrième épisode de la nouvelle saison de Pékin Express est diffusé ce mardi, à 21h05 sur M6.
  • Cette quatrième étape est celle de la reprise de la course en Grèce après un hiatus de plusieurs mois en raison de la pandémie de Covid-19, du confinement et de la fermeture des frontières et espaces aériens.
  • Pierre-Louis et Jonathan, deux des candidats de cette saison, racontent à 20 Minutes comment ils ont vécu l’arrêt et la reprise du tournage.

Et soudain, le Covid-19 s’est mis au travers de la route de Pékin Express. En mars 2020, le troisième épisode du jeu de M6 est tout juste mis en boîte en Ouganda qu’Emmanuel Macron annonce la fermeture des frontières et de l’espace aérien. Le rapatriement doit être organisé en urgence. La stupéfaction s’abat sur les candidats.

« On venait d’arriver en Ethiopie. C’était la veille du départ de la quatrième étape. La production nous a annoncé que le tournage devait être interrompu, se remémore auprès de 20 Minutes Pierre-Louis, l’un des deux "frères fêtards". On a vécu ça comme un choc, comme un drame. » « C’était cataclysmique, appuie le Nordiste Jonathan, lancé dans la course au côté de son épouse Aurore. Tout s’est effondré, on était en train de vivre un rêve. On était dans une bulle depuis deux semaines, c’est comme si on débarquait sur une nouvelle planète. »

Les binômes prennent alors conscience de l’ampleur de la pandémie et de ses conséquences. « Quand on est rentrées, on aurait dit qu’il y avait la guerre, tout était fermé, tout était vide », nous confient les Belges Jenny et Crisoula. Pour elles, la compétition était cependant terminée puisque la troisième étape s’est achevée sur leur élimination. Mais pour les autres duos qui pouvaient encore espérer aller au bout de l’aventure, une angoisse surgit : et s’ils avaient fait tout cela pour rien ? Et si ce qui avait été tourné finissait purement et simplement à la poubelle ?

Angoisses exorcisées sur WhatsApp

« On ne savait pas si on allait pouvoir repartir, mais la production ne nous a jamais dit que le tournage était définitivement arrêté », reprend Pierre-Louis. Pendant le confinement et durant les semaines qui ont suivi, les candidats gardent contact via une boucle de discussion commune sur WhatsApp. « Cela permettait d’exorciser nos angoisses, de donner des nouvelles. On parlait des fenêtres de tir potentielles. On avait besoin de garder ce fil-là », nous glisse Jonathan, parlant du « goût d’inachevé » qui les accompagnait alors.

Mi-juillet, fin de l’attente : les binômes sont informés que la course pourra reprendre en septembre sur un autre trajet. Adieu « la route de la terre rouge » passant par l’Ethiopie et les Émirats arabes unis, place à « la route des trois continents », en direction de la Grèce et de la Turquie.

À « l’euphorie » suscitée par cette annonce, succède, « la peur de choper le Covid et de ne pas pouvoir partir », reprend Jonathan. Toutes et tous ont dû à nouveau se libérer pour les quatre semaines de tournage restant. « Nos employeurs ont été compréhensifs. Les miens savaient à quel point j’étais déterminé à vivre cette aventure et que j’aurais pu démissionner, sans hésitation, pour faire Pékin Express », assure le Nordiste qui gère un regroupement de quatre agences d’intérim. Pierre-Louis, kiné en libéral n’a pas eu trop de mal à trouver un remplaçant et son frère Arnaud, étudiant, ne devait pas retourner à la fac avant la fin septembre.

L’auto-stop a été « une vraie galère »

C’est dans la célèbre ville grecque d’Olympie que le coup d’envoi de la quatrième étape - diffusée mardi soir sur M6 - est donné. Les candidats doivent s’adapter au protocole sanitaire et reprennent la course masqués, avec la consigne de ne monter à bord de véhicules ne transportant aucun autre passager. « Ça limitait les possibilités et les automobilistes étaient angoissés à l’idée de prendre deux personnes en stop. ça a été une vraie galère », résume Jonathan.

Pierre-Louis s’était préparé à en baver : « On savait que ça allait être beaucoup plus dur, mais de toute manière tout le monde était dans le même bateau. » Comme le dit l’animateur Stéphane Rotenberg, « dans un contexte pareil, quand quelqu’un vous aide et accepte de vous donner le gîte et le couvert, ça paraît incroyable. » Que les fidèles se rassurent : même baignant dans le gel hydroalcoolique, Pékin Express reste une expérience humaine.