« The Voice » : Qui est Jeremy Levif, ce Lyonnais qui enchante la version britannique ?

PORTRAIT Le Lyonnais de 29 ans joue, samedi soir, sa place en finale de la version britannique du télécrochet

Caroline Girardon
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Jeremy Levif, Lyonnais de 29 ans, est en demi-finale du concours The Voice au Royaume-Uni.
Jeremy Levif, Lyonnais de 29 ans, est en demi-finale du concours The Voice au Royaume-Uni. — ITV
  • Recalé des castings de The Voice en France, Jeremy Levif cartonne outre-Manche.
  • Ce Lyonnais de 29 ans est en demi-finale de la version britannique de l’émission.
  • Professeurs de français et d’allemand en Ecosse, il a découvert la musique et le chant sur le tard.

Sa prestation toute en douceur et sa voix incroyable n’ont pas mis longtemps à convaincre les quatre jurés de se retourner. Jeremy Levif, un Lyonnais de 29 ans, a créé la surprise lors des auditions à l’aveugle du concours télévisé The Voice, version britannique. Le légendaire Tom Jones, Anne Marie, Olly Murs et Will.i.am ont semblé subjugués par son interprétation de How long will i love you d’Ellie Goulding. Professeur de français et d’allemand, exilé en Ecosse, Jeremy jouera samedi soir sa place en finale. Sans pression particulière.

« Je suis arrivé jusque-là, c’est déjà pas mal, confesse-t-il modestement. Les auditions à l’aveugle étaient finalement l’épreuve la plus stressante. Les duels m’ont ensuite permis d’être plus serein, plus libéré, plus à l’aise sur scène ». Les conseils de son coach, Will.i.am, l’un des membres fondateurs des Blacks Eyed Peas, se sont également avérés très précieux. « Il m’a aidé à croire en moi, ses retours ont toujours été encourageants », explique Jeremy, à quelques heures de sa demi-finale, qui sera particulièrement scrutée par sa famille, vivant toujours à Lyon. Mais aussi par ses élèves.

« J’ai gardé le secret de ma participation à The Voice jusqu’à deux jours avant la diffusion de l’émission. Mes élèves étaient un peu sous le choc, raconte-t-il en rigolant. Aujourd’hui, ils sont super excités. » Et d’ajouter : « En Ecosse, nous sommes toujours reconfinés depuis le mois de décembre. L’ambiance est un peu étrange. Cette émission les divertit et ils aiment suivre mon parcours. Il y a un côté communautaire. »

Repéré sur Instagram

C’est par le biais de son compte Instagram, sur lequel il postait des vidéos de ses concerts, que l’enseignant a été contacté afin de participer au concours : « La première fois, c’était lors du confinement en mars. J’ai été approché par l’équipe du casting de The Voice France pour passer des premières auditions en visio. Une semaine plus tard, c’était au tour de la production britannique de me proposer de faire la même chose ». Jeremy s’est donc prêté au jeu, passant les deux castings séparément. « En France, ils ont bien aimé mais ils n’ont pas voulu poursuivre l’aventure », précise-t-il sans amertume. Mal leur en a pris, le petit « Frenchie » cartonne désormais outre-Manche. La musique n’était pourtant pas une évidence au départ. Ni le chant.

« C’est venu sur le tard. J’ai commencé par la guitare à 16 ans puis j’ai pris une année de cours de chant quand j’étais au lycée. J’allais à l’Atelier Vocal de Laurent Lesca dans le Vieux-Lyon », se souvient celui qui a grandi dans le quartier Jean-Jaurès/Garibaldi (7e). « A la maison, j’étais le seul à faire de la musique. On écoutait beaucoup de zouk car mon père est Antillais, révèle-t-il en riant. Il tapait la table comme s’il jouait de la batterie. Peut-être que j’ai cherché à l’imiter pour trouver le rythme… »

Jamie Cullum, le déclic

Le déclic est surtout venu l’été 2009, lors d’un concert dans l’écrin magique du théâtre antique de Fourvière. « Ce soir-là, j’étais allé voir Jamie Cullum », se remémore Jeremy. Une révélation. Le jeune homme tombe « amoureux du jazz » et se met à écrire ses premières compositions. Quelques mois plus tard, il commencera à se produire en solo au Shamrock, pub de la rue Sainte-Catherine. Puis ses études, entamées à l’université Lyon-2, le poussent à migrer vers Glasgow en 2012.

« C’est la première fois que j’allais au Royaume-Uni. Je devais passer une année à l’étranger comme assistant de français dans un établissement scolaire. C’était pour voir si je voulais vraiment être prof. Au final, j’ai adoré et j’ai continué ma formation sur place », explique Jeremy. L’étudiant pose alors définitivement ses valises, tombant sous le charme de l’Ecosse, mais aussi de Kristie, professeur de musique, devenue sa fiancée.

Mariah Carey pour une place en finale

« Elle m’aide beaucoup à me préparer. On répète ensemble à la maison », précise l’enseignant qui interprétera samedi une chanson de Mariah Carey. Sa « french touch » fera-t-elle la différence ? « Je ne pense pas, répond-il. Je vais surtout essayer de leur transmettre une émotion car je sais que les jurés sont touchés par cela. Avant d’interpréter une chanson, je fais d’abord un travail d’introspection. Je l’écoute plusieurs fois pour la ressentir et ensuite me l’approprier afin de raconter l’histoire à ma façon ».

Lui-même n’a pas choisi précisément le morceau qu’il devra défendre. « Il faut savoir que la production nous suggère plusieurs chansons. Elle m’a orienté sur celle-là, avoue-t-il. Je leur fais confiance car jusque-là, je n’ai jamais eu à regretter. Au contraire, cela m’a porté chance ».