« Top Chef » : « Ce serait débile d'avoir fait l’émission et de repartir en Asie », avance Pierre Chomet

INTERVIEW Candidat de la brigade violette de Paul Pairet, Pierre Chomet n’est pas parvenu à convaincre le jury en dernière chance

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Pierre Chomet, potentiel finaliste, échoue en semaine 4 de « Top Chef »
Pierre Chomet, potentiel finaliste, échoue en semaine 4 de « Top Chef » — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • M6 proposait ce mercredi soir le quatrième épisode de Top Chef.
  • Basée sur le thème de la tomate, l’épreuve de la dernière chance n’a pas permis à Pierre Chomet de se qualifier pour la suite du concours.
  • « Si les quatre chefs pensent que c’était une assiette de merde, c’est que c’est vrai », confie-t-il à 20 Minutes​.

Figurant parmi la liste des candidats les plus prometteurs de cette saison, Pierre Chomet a dû quitter Top Chef au terme de la quatrième semaine de compétition. Malgré un soufflé plutôt réussi (et visuellement très appétissant) face à Pierre Gagnaire, son chef de brigade Paul Pairet a décidé de l’envoyer en dernière chance. Sa « gourmandise de tomates », elle, n’aura pas fait le poids face à l’assiette de ses concurrents. « Quatre semaines, c’est trop court mais c’était magique », regrette Pierre Chomet auprès de 20 Minutes.

Pourquoi avez-vous décidé de vous inscrire à l’émission ?

Depuis que ça existe, je me suis toujours dit qu’il fallait que je le fasse, je n’ai jamais vraiment eu le courage de le faire. Je me suis inscrit de Bangkok l’année dernière. J’ai envoyé ma candidature, ils m’ont rappelé, entretien téléphonique, entretien vidéo Skype. Comme j’étais à Bangkok, c’était compliqué parce qu’il fallait que j’aille à Paris pour faire le test de cuisine. J’ai pris toutes mes affaires, j’ai envoyé mes six années de vie dans un container et on est rentrés à la maison. On ne pouvait plus rester parce que ma femme s’était fait licencier, elle était en période d’essai, donc avec le Covid, terminé bonsoir. Mon salaire a aussi été très fortement réduit à cause du Covid. Ça faisait beaucoup de choses donc on a décidé de quitter la Thaïlande. On est rentrés, on ne savait pas ce que l’on allait faire mais on a quitté la Thaïlande avec six ans dans le sac à dos, en espérant que Top Chef soit positif.

Comment expliquez-vous votre élimination au terme de cette dernière chance ?

J’étais très stressé. Déjà sur le visuel, j’aurais dû faire quelque chose de plus joli. C’est ce qui m’a plombé dès le début, je me suis pris des grosses cartouches sur le visuel donc ça n’a pas aidé à donner envie de manger. J’ai le souvenir de courir partout, d’avoir chaud, d’être stressé. J’ai goûté tout ce qu’il y avait dans mon assiette, mais apparemment, ce n’était pas ça. Si les quatre chefs pensent que c’était une assiette de merde, c’est que c’est vrai. En plus, je me suis explosé le front au moment où je me baisse dans le frigo pour voir mon siphon gaspacho. Je ne m’en suis même pas rendu compte et c’est le cameraman en face qui me dit « Pierrot, essuie-toi le front, tu as la gouttelette qui tombe » (rires).

Intégrer la brigade de Paul Pairet, c’était un peu une évidence parce qu’il a des accents asiatiques dans sa cuisine. N’auriez-vous pas voulu vous confronter à un autre univers ?

Quand je me suis inscrit à Top Chef, je me suis dit que si j’avais le choix, je voulais être avec Paul Pairet parce que même si ça faisait six ans que j’étais à Bangkok, je n’ai pas pu m’exprimer sur le point de vue asiatique. Les gens ne viennent pas dans des restaurants français pour manger autre chose que du français. Je me suis dit que Paul Pairet serait la continuité de mon parcours. Même si j’étais basé en Asie, je restais dans le cocon gastronomique français. Paul Pairet, j’aime bien ce qu’il dégage, il apporte un genre de cuisine que je n’ai pas aujourd’hui. Quand j’ai eu l’honneur de choisir entre lui et Michel Sarran, j’ai hésité parce que Michel Sarran avait été ému par mon pad thaï revisité, ça m’a touché.

À la fin de l’émission, vous dites que parmi tout ce que vous avez fait, « il n’y a pas un truc qui a été bien à 100 % ». Pourquoi ?

C’est le sentiment que j’ai. Tout ce que j’ai envoyé, ce n’était pas fini, pas abouti. Le cœur coulant n’était pas complètement coulant, le pad thaï n’est pas sorti exactement comme je le voulais. Il n’y a pas une assiette que j’ai envoyée où j’étais vraiment heureux. Même pour l’épreuve du soufflé avec Pierre Gagnaire, j’avais un soufflé original mais il manquait de cuisson, donc encore une fois, il manquait un truc. J’ai eu l’impression d’avoir loupé un tout petit truc à chaque fois.

On voit que vous essayez de garder la tête haute devant les chefs mais que c’est moins facile lors de l’interview ensuite. Que ressentez-vous à ce moment-là ?

Je me dis que ce merveilleux moment que j’étais en train de vivre se termine et ça me fait très très mal. Ça me fait beaucoup chier parce que j’aurais aimé montrer plus. J’avais envie de continuer, je suis un battant, un joueur, j’ai la gagne mais je n’ai pas pu. Donc je suis dégoûté. Quand je sors, je suis abattu. On dirait un cheval qui a raté une haie, abattu sur un champ de course (rires). Je suis dégoûté et très énervé contre moi-même en fait.

Quelle est désormais la prochaine étape ? Retourner à Bangkok ou rester en France ?

Je reste en France. J’ai ramené toutes mes affaires, ma vie est là, mon bébé est né. Je veux ouvrir mon restaurant avec ma femme Cristina qui est aussi cuisinière. Le projet, c’est de rester en France et d’utiliser la magie de Top Chef parce que ce serait débile d’avoir fait l’émission et de repartir en Asie. Là, on a un peu plus de visibilité. Avec le fait d’avoir fait un programme télé, les gens te reconnaissent un peu plus. L’idée, c’est d’ouvrir notre restaurant en Bretagne ou à Paris, où la meilleure opportunité sera. Une cuisine avec une grosse base française, légèrement twistée avec nos parcours et nos origines. Une cuisine ouverte avec un îlot central, où tu te fais servir par le chef. Un truc pas guindé où tu manges bien.