« The Voice » : « "Le Chant des partisans" correspond à ce qu’on vit en ce moment », estime Luc

INTERVIEW « Il me semble important de rappeler aux jeunes générations qu’on a un passé et qu’il faut s’y intéresser », explique Luc Laversanne à « 20 Minutes »

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Luc Laversanne, candidat de la saison 10 de The Voice.
Luc Laversanne, candidat de la saison 10 de The Voice. — Bureau 233/ITV/TF1
  • Samedi, TF1 diffusait le quatrième épisode de la saison 10 de The Voice. Parmi les candidats sélectionnés pour l’étape suivante, Luc Laversanne, qui a rejoint l’équipe de Marc Lavoine.
  • Luc a interprété Le chant des partisans, célèbre hymne de la Résistance. « Quand on m’a proposé de le chanter, j’ai dit oui et je n’ai pas hésité une seule seconde », assure-t-il à 20 Minutes.
  • « C’est une chanson qui dit aussi qu’on ne va pas se laisser faire, qu’on va se battre », ajoute-t-il, estimant que « les paroles correspondent à ce que l’on vit en ce moment » avec la crise sanitaire.

Il n’est pas rare d’entendre dans The Voice des chansons sortant des sentiers battus : des airs lyriques ou folkloriques, des chants traditionnels ou polyphoniques… Mais on n’aurait pas imaginé qu’un candidat tenterait sa chance en interprétant Le Chant des partisans. Or, c’est cet hymne de la résistance que Luc Laversanne a défendu lors de son audition à l’aveugle diffusée samedi sur TF1 (et visible par ici). Avec succès puisqu’il a convaincu Marc Lavoine de se retourner. Il révèle les raisons de ce choix à 20 Minutes.

Pourquoi avoir choisi « Le chant des partisans » ?

Je trouve que les paroles correspondent à ce que l’on vit en ce moment. « Le vol noir du corbeau sur nos plaines », en gros, c’est l’épidémie qui plane sur nous, « le cri sourd du pays qu’on enchaîne », c’est le confinement. C’est une chanson qui dit aussi qu’on ne va pas se laisser faire, qu’on va se battre : « Liberté ! Liberté ! ». Cette chanson me rappelle aussi mon enfance. Petit, je faisais partie d’une fanfare en Lozère et on faisait beaucoup de commémorations d’anciens combattants. Il me semble important de rappeler aux jeunes générations qu’on a un passé et qu’il faut s’y intéresser. Quand j’entends que des jeunes ne savent pas chanter La Marseillaise ou ne connaissent pas le titre du Chant des partisans, je me dis que le passé s’efface. Je n’aime pas cela.

Vous n’avez à aucun moment pensé que c’était un choix risqué ?

J’ai une anecdote : elle était dans ma liste de chansons potentielles, mais, au départ, j’étais censé chanter Lovely de Billie Eilish. On a changé à la dernière minute, lors de la répétition en studio avec les musiciens qui précède les auditions à l’aveugle. On m’a proposé d’interpréter Le chant des partisans, j’ai dit oui et je n’ai pas hésité une seule seconde.

Dans le portrait diffusé avant votre prestation, vous dites que vous avez été SDF pendant plusieurs années…

Vivre à la rue n’est jamais facile. On voit des gens bien comme d’autres qui sont foncièrement méchants. La rue, c’est une manière d’être confiné. On est confiné dans sa solitude. Il y en a qui se plaignent du confinement aujourd’hui, mais il ne faut pas oublier que d’autres se plaignent depuis des années d’une autre forme de confinement, le confinement social – si on peut appeler ça comme ça. On ne pense pas à ces gens-là. Pour l’avoir vécu, quand je croise un SDF dans la rue, je lui propose à manger, de l’héberger quand j’ai de la place ou de l’aider à faire quelque chose.

Vous dites aussi que vous êtes né en Auvergne, que vous avez vécu à Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère. C’est important pour vous de représenter cette ruralité, ces territoires de « la diagonale du vide » parfois oubliés ou méprisés ?

Bien sûr ! Je suis très fier d’être né dans le Cantal et d’avoir grandi en Lozère. Quand je vois des personnes de la ville qui n’ont jamais vu une vache alors qu’ils en ont pratiquement tous les jours dans leur assiette, je trouve ça grave (rires). Que quelqu’un ait peur d’une poule (il éclate de rire), je trouve ça grave. Quand on me demande de quelle origine je suis, j’adore répondre : « Je suis Auvergnat ». Les gens ne s’y attendent pas. Je suis né à Saint-Flour, sinon je suis d’origine mahoraise du côté de ma mère. Et puis tout le monde connaît ces départements : on voit de la nature à perte de vue et on n’a pas envie que ce soit détérioré par quelques imbéciles qui viendraient tout détruire.

Vous vivez toujours à Saint-Chély ?

Je suis toujours dans le Languedoc-Roussillon mais je vis maintenant à Montpellier. C’est là que j’ai pu enfin vivre ma vie pleinement depuis quatre ans. Quatre ans de pur bonheur ! J’ai pu rencontrer des gens merveilleux, je peux même dire qu’ils font partie de ma famille de cœur. Ce sont des mots que je pèse et ils pèsent très lourd. Cette région-là, me plaît vraiment beaucoup !