« Stars à nu » : « C’est une responsabilité d’être dans cette émission », soutient Cartman

INTERVIEW Cartman fait partie du casting de « Stars à nu », dont la saison 2 sensibilise le public au dépistage précoce du cancer du côlon

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Cartman et ses compères sur la scène du Lido pour « Stars à nu »
Cartman et ses compères sur la scène du Lido pour « Stars à nu » — Laurent VU/TF1
  • TF1 diffuse ce vendredi la deuxième saison de Stars à nu, dans laquelle des personnalités sensibilisent le public au dépistage précoce des cancers masculins.
  • Gil Alma, Christophe Beaugrand, Cartman, Vincent Desagnat, Jeanfi Janssens, Camille Lacourt et Laurent Maistret forment le casting masculin de l'émission.
  • « Il y avait très franchement cette camaraderie qui nous a amenés à faire beaucoup de choses et à dépasser nos limites de pudeur et de réserve », confie Cartman à 20 Minutes.

Au lendemain de la journée mondiale de lutte contre le cancer, sept personnalités se mettent à nu sur TF1 pour sensibiliser à l’importance du dépistage précoce du cancer du côlon qui touche 40.000 personnes chaque année. Après une première édition couronnée de succès l’an dernier, Stars à nu défie ce vendredi sept hommes de monter sur la scène du Lido pour un strip-tease intégral.  Cartman, habitué à se mettre à poil sur certains plateaux télé mais jamais dans ce contexte-là, raconte à 20 Minutes la façon dont il a vécu l’expérience.

Comment avez-vous été approché pour participer à l’émission ?

J’avais vu l’émission l’année dernière et j’avais trouvé ça vraiment cool. Ce que j’ai trouvé génial, c’est de parler de cancer, un mot que l’on n’entend pas beaucoup finalement. Quand une personne avec une certaine notoriété disparaît, on dit qu’elle est morte d’une longue maladie. Arthur m’a proposé de faire la saison 2. Je lui ai dit que je m’étais déjà assez mis à poil comme ça, que ça n’allait pas intéresser les gens (rires). Il m’a répondu qu’après la première diffusion, des gens se sont dit « tiens, c’est ça la palpation ? » et ils se sont rendu compte qu’ils avaient une tumeur qu’ils avaient pu prendre en charge à temps. J’ai trouvé ça assez cool d’avoir un challenge à réaliser en équipe et d’un autre côté, d’avoir un message fort à faire passer. D’autant plus qu’il y a eu et qu’il y a toujours des cancers dans ma famille, j’ai vu des gens se battre contre la maladie, changer physiquement. Tout ça m’a fait réfléchir. J’ai dû mettre au moins deux mois à dire oui parce que déjà c’est une responsabilité d’être dans cette émission qui est assez forte.

La chorégraphie à apprendre, le show final, les exercices… Quelle a été la partie la plus difficile à réaliser ?

Je me suis quand même retrouvé entre Gil Alma qui est super beau et musclé, Laurent Maistret, un avion de chasse, et Camille Lacourt qui fait un mètre de plus que moi. Moi, je suis arrivé avec mon petit bidon. On va dire que j’étais un peu l’outsider. Pour moi, tout a été dur. Apprendre la chorégraphie, danser… La nudité, c’est dur pour moi, même si à une époque on se mettait à poil pour se marrer et parce que c’était devenu notre marque de fabrique. Mais ce n’est pas du tout la même chose. Décider de se mettre à poil dans un sketch avec des copains, c’est rigolo. Là, ce n’est pas pareil. Il y a un truc répété, c’est sur commande, tout était dur : la nudité, le fait de danser, d’apprendre une choré. En vrai, on avait tous envie de très bien faire, on a donné tout ce qu’on pouvait.

Chris Marques avait peur que certains d’entre vous n’aient pas la discipline nécessaire pour faire les choses bien. Finalement, vous n’avez pas trop joué les trouble-fêtes ?

Nous, on fait des blagues avec Vincent et Gil. Mais on tenait à ne pas donner l’impression qu’on était là pour faire notre show. On a essayé de toujours laisser une place à notre vérité du moment. Si on avait envie de rire, on riait, si on avait envie d’écouter, on écoutait. On est passés par des dizaines de sentiments différents pendant le tournage. On est tous devenus potes depuis. Il y avait aussi des moments où on se soutenait mutuellement, on se motivait. Il y avait très franchement cette camaraderie qui nous a amenés à faire beaucoup de choses et à dépasser nos limites de pudeur et de réserve. Je crois même que pour le show final, quelques personnes se sont prises pour des chippendales. Et souvent, c’est celles qui avaient le physique le plus approximatif (rires).

Que retenez-vous de l’émission, à titre personnel ?

On retient beaucoup de choses parce qu’il y a un côté très médical. Plus on détecte tôt un cancer ou une maladie en général, mieux on va être traité. Il ne faut pas avoir peur d’aller chez le docteur, poser des questions même si ça touche à des choses intimes. Pour la famille, il faut le faire. Je me suis retrouvé dans une situation où je me suis projeté en me disant « mais qu’est-ce qu’il se passe si ma femme m’apprend qu’elle a un cancer et si je la perds ? Je suis dévasté, je ne sais même pas si je pourrais continuer à vivre ». Rien que pour ça, je pense qu’on est responsable de nous mais aussi des gens qu’on aime. La deuxième chose, c’est quand on est une bande aussi hétéroclite que celle que l’on est et si on arrive à monter sur la scène du Lido, ça donne de l’espoir à pas mal de gens. Tout est possible. L’émission a un ton qui va faire du bien dans les cœurs, qui va passer un beau message et je suis vraiment très fier de l’avoir faite.

Est-ce que vous diriez donc que c’est la première fois qu’on vous voit autant à poil dans tous les sens du terme ?

J’ai mis des années à pouvoir dire mon vrai prénom aux gens, j’étais toujours caché derrière des pseudos, des perruques, des personnages. Il y a deux ans et demi, je suis monté sur scène pour la première fois. Je me suis mis à parler de moi et je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’être Cartman pour que ma vie ait de l’intérêt. Je ne renie pas du tout ce que j’ai fait avant mais c’est vrai que je me suis beaucoup caché derrière les pseudos et les personnages. De pouvoir faire ça aujourd’hui, c’est aussi pour moi une sorte de thérapie personnelle. J’ai un peu plus envie que les gens découvrent Nicolas, qu’ils oublient un peu au fur et à mesure de l’émission l’image de Cartman et qu’à la fin, ils se disent « s’il l’a fait, nous aussi on peut le faire. » L’émission ne s’arrêtera pas quand vous allez éteindre la télé mais quand vous serez chez le docteur. Là, vous pourrez dire que vous avez été jusqu’au bout de l’aventure et que vous l’aurez faite avec nous.