« Chouette, pas chouette » : Une série animée pour lutter contre les stéréotypes sexistes chez les tout-petits

JEUNESSE A partir de mercredi, Fafa Lapin, Jaja Panthère & Cie s'invitent dans les programmes jeunesse de toutes les grandes chaînes pour plus d'empathie et moins de sexisme

Vincent Julé

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«Chouette,  pas chouette», un programme animé et jeunesse pour déconstruire les clichés sexistes (chouette!)
«Chouette, pas chouette», un programme animé et jeunesse pour déconstruire les clichés sexistes (chouette!) — 2 Minutes - Gaumont
  • « Chouette, pas chouette », c’est une série animée de 16 épisodes multidiffusés à partir de mercredi sur TF1, France Télévisions, Canal+, Disney, Gulli, etc.
  • Le projet est né dans le cadre de la Grande cause nationale « Comment lutter contre les violences faites aux femmes ? » lancée par Make.org
  • Comment parler de ces valeurs aux plus petits ? Un vrai défi pédagogique

A partir de mercredi, ils seront partout, sur toutes les chaînes, de TF1 à Gulli en passant par France Télévisions, Piwi +, Disney Channel et Junior, Nickelodeon Junior et même l’application Bayam. Molang ? Marinette ? Les Petits Poneys ? Non, Fafa Lapin, Jaja Panthère, Lili Cochonne, Toto Goeland et tous leurs copains et copines. Chouette, pas chouette est une nouvelle série animée, destinée aux 4-6 ans et surtout à déconstruire les stéréotypes sexistes comme « Une fille, ça ne peut pas jouer au foot », « Le rose, ce n’est pas pour les garçons «, «Une fille ne peut pas être cheffe «… Des trucs pas chouettes.

Le sexisme commence très tôt, dès la cour de récréation

Chouette, pas chouette est née dans le cadre de la Grande cause nationale « Comment lutter contre les violences faites aux femmes ? » lancée par Make.org, avec plusieurs actions comme la plateforme « Mémo de vie » au service des personnes victimes de violences, des hébergements d’urgences en collaboration avec des hôtels et donc une sensibilisation à la lutte contre le sexisme dès le plus jeune âge.

« De nos discussions avec le Centre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information (CLEMI) et l’association Chiennes de Garde, il est vite apparu que la racine du mal des violences faites aux femmes était le sexisme, explique Dominique Poussier, responsable éditoriale du projet et ancienne directrice des programmes jeunesse de TF1. Or, il se manifeste très tôt, dès la cour de récréation. A peine la cloche retentit, que les garçons jouent au foot et occupent les 2/3 de la cour, et les filles se retrouvent dans les coins. »

Toutes les chaînes se sont engagées

Mais on ne parle pas aux enfants comme aux adultes, et même aux ados, sur ces sujets-là. « Il fallait un programme très accessible mais pas trop didactique, dont on imaginait qu’il puisse se glisser dans toutes les grilles des chaînes ». Produite par 2 Minutes en coproduction avec Gaumont, Chouette, pas chouette se compose de 16 épisodes, d’une minute 30, faits pour rester, être multirediffusés. « D’habitude, ce genre de campagne, sur des sujets qui nous tiennent à coeur, dure une semaine, puis on passe à autre chose. C’est le principe même de la télévision. L’objectif était ici que toutes les chaînes s’engagent en même temps, sur la durée, pendant trois ans. Il n’y a eu aucune hésitation. »

Apprendre aux enfants l’empathie et le vivre-ensemble

Chaque épisode questionne un préjugé sexiste et celui ou celle qui l’a dit. Une fille n’a pas le droit de jouer au foot ? Et si toi, tu n’avais pas le droit d’y jouer ? « Ce n’est pas de la faute des enfants, commente la responsable éditoriale de la série. Ce sont des clichés qui sont dans nos têtes depuis longtemps, une construction historique et culturelle. Il n’est donc pas question de les gronder, mais de leur apprendre l’empathie et le vivre-ensemble. D’ailleurs, la voix-off avait un petit côté "tu vois, il ne faut pas faire ça", et on a tout repris pour qu’elle soit moins donneuse de leçon, plus complice et bienveillante. On est dans la nuance, mais c’est très important chez les jeunes ».

Si les 16 courts en appellent d’autres, et il y a de la matière en termes de clichés sexistes, ce n’est pas prévu pour l’instant. Mais un livret pédagogique sur l’égalité filles/garçons et la déconstruction des stéréotypes sexistes sera adressé aux enseignants des écoles, de la maternelle à la 6e, pour ouvrir et continuer le dialogue. Un dialogue et une lecture également possibles avec le livre Les filles et les garçons peuvent le faire aussi chez Gründ, ainsi que, sur une approche différente mais complémentaire, l’inénarrable Mortelle Adèle.