« Les Reines de la Route » : Les conductrices de poids lourds soufflent un vent de liberté sur 6ter

GIRL POWER 6ter diffuse, à partir de ce jeudi, une nouvelle émission consacrée au quotidien de sept femmes chauffeurs routiers

Clément Rodriguez

— 

Jennifer fait partie des sept « Reines de la routes » de 6ter
Jennifer fait partie des sept « Reines de la routes » de 6ter — Wlad SIMITCH/M6
  • Le monde du transport compte 210.000 chauffeurs routiers en France, dont seulement 5 % de femmes.
  • Pour les mettre en lumière, 6ter propose une série documentaire, Les Reines de la Route, consacrée à leur profession qui prend obligatoirement le pas sur leur vie privée.
  • 20 Minutes a interrogé Renaud Rahard, directeur des programmes de Warner Bros, qui produit l’émission.

Elles sont au volant des plus gros gabarits de la route. Lexie, Sarah et Chrystelle font partie des 5 % de femmes qui exercent le métier de chauffeurs poids lourds en France, sur un total de 210.000 routiers. Une catégorie largement sous-représentée parmi les effectifs de cette profession qui demande des sacrifices au quotidien. Dans Les Reines de la Route, diffusée dès ce jeudi 7 janvier, sept d’entre elles ont accepté d’embarquer les caméras de 6ter dans leur cabine pour en parler.

Quatre mois et demi de suivi

Le programme est une adaptation d’un format allemand, nommé « Trucker Babes » (qu’on pourrait sagement traduire par « les filles du camion »). Pendant quatre mois et demi, les équipes de la version française ont gardé contact avec sept femmes conductrices de poids lourds. Pour autant, les caméras n’ont pas tourné aussi longtemps. Pour rendre l’émission plus spectaculaire, les missions des chauffeurs routiers ont été savamment étudiées.

Un chargement de gypse dans la plus grande carrière souterraine d’Europe, des allers-retours dans le brouillard, une traversée du Rhône avec un 44 tonnes, autant d’objectifs que doivent réaliser les « reines de la route » (presque) au quotidien. Dans le cadre d’une émission de télévision, c’est du pain bénit puisque des enjeux s’immiscent dans le programme. « Il y a une pression de temps. Il faut prendre les choses quand elles viennent d’être fabriquées pour les emmener à un endroit où on les attend, explique Renaud Rahard, directeur des programmes de Warner Bros, à 20 Minutes. Comment s’organise-t-on à l’intérieur de cette tension de prise de chargement et comment le faire dans les temps ? »

Une émission qui a « à voir avec la liberté »

L’une des forces du programme est indéniablement son casting. Agées de 21 à 49 ans, les sept sélectionnées ont à cœur de transmettre leur passion, qu’elles roulent depuis une dizaine d’années ou un an et demi seulement. « Ça a aussi à voir avec la liberté, témoigne Renaud Rahard. Toutes les femmes qui le font ont décidé d’être libres. Elles ont toutes une personnalité forte pour passer le permis poids lourds, être responsables de leur chargement et faire face aux gens à qui elles sont confrontées toute la journée. »

Pour les trouver, la production a directement fait appel aux entreprises de transport « parce qu’il était très important d’avoir l’accord et la collaboration des employeurs », note Renaud Rahard. Elle s’est ensuite appuyée sur différents critères tels que leur âge ou leur envie de participer au programme. « On a eu le choix parce que ce sont globalement des femmes assez formidables qui sont de bons personnages dans leur majorité », confie le directeur des programmes de Warner Bros.

Les moments de stress de l’émission s’entremêlent avec des moments de vie plus intimes, quand les femmes témoignent de la peur qui a pu les animer aux prémices de leur carrière lorsqu’elles ont dû dormir seules dans leur cabine, mais aussi plus cocasses. On se souviendra notamment de Sarah, 29 ans, qui traverse la frontière italienne et qui enchaîne les selfies avec des chauffeurs routiers masculins, ébahis de voir une femme exercer leur métier. Une situation qui ne brusque pas la jeune femme qui ne perd jamais son sourire, malgré ces hommes un peu balourds qui, eux, alimenteraient presque les clichés.