« La Fugue » : Valérie Karsenti veut briser les tabous avec ce téléfilm « brutal et épuré »

FICTION Dans « La Fugue » diffusé ce mercredi soir sur France 2, Valérie Karsenti incarne la mère d’une ado qui disparaît

Fabien Randanne

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Valérie Karsenti dans le téléfilm La Fugue.
Valérie Karsenti dans le téléfilm La Fugue. — Hassen BRAHITI / FTV
  • Ce mercredi, France 2 programme une soirée continue sur le thème « Ados en fugue : le cauchemar des parents ». Le téléfilm La Fugue sera diffusé à 21h05 avant un débat en plateau à 22h40.
  • Dans La Fugue, Valérie Karsenti incarne une mère dont la fille adolescente disparaît du jour au lendemain.
  • En moyenne, quelque 150 mineurs fuguent chaque jour en France. « Les chiffres sont inimaginables !, s’alarme Valérie Karsenti. Il y a énormément de tabous au sujet de la souffrance des enfants et adolescents en France. Personne n’en parle. »

Dans La Fugue, Jeanne est confrontée à la disparition de sa fille adolescente. Le téléfilm de Xavier Durringer diffusé ce mercredi à 21h05 sur France 2 raconte la quête effrénée et angoissée de cette mère prête à remuer ciel et terre pour retrouver son enfant.

« C’est un scénario assez brutal, très épuré », glisse à 20 Minutes Valérie Karsenti qui incarne cette héroïne et porte cette fiction sur ses épaules. A la ville, la comédienne est maman de deux ados, mais hors de question pour elle de dire si ce rôle a eu une résonance particulière sur ce pan privé de sa vie. « C’est de la pudeur mais je ne trouve pas cela non plus intéressant », balaie-t-elle.

« Les chiffres sont inimaginables ! »

Pour composer son personnage, elle n’a pas cherché à entrer en contact avec des parents de jeunes fugueurs. « Je n’avais pas envie d’être submergée d’informations que je n’étais pas censée avoir », souligne-t-elle. Alors elle s’est mise dans la peau de Jeanne en découvrant tout au fur et à mesure : « l’impuissance de la brigade des mineurs, le nombre hallucinant de disparitions de mineurs chaque jour »… Dans la note d’intention, la statistique de 68.000 ados fugueurs recensés en 2016 est avancée.

« Les chiffres sont inimaginables ! », reprend Valérie Karsenti. « Je suis marraine de l’Enfant bleu, une association qui s’occupe de l’adolescence maltraitée, poursuit-elle. Je réalise qu’il y a énormément de tabous au sujet de la souffrance des enfants et adolescents en France. Que ce soit la maltraitance, la fugue, le suicide… Personne n’en parle. C’est très dommage. Je suis bouleversée par ça. On les laisse se débrouiller dans une grande solitude. »

« Un scénario en grande partie autobiographique »

L’adolescente qui disparaît dans La Fugue n’est pas maltraitée, ni suicidaire. « Elle vit une pression énorme, notamment à cause des réseaux sociaux. C’est le monde qu’elle se construit qui s’écroule, résume Valérie Karsenti. Ses parents sont des personnes lambda, ils ne sont ni parfaits ni merdiques, mais ils ne voient rien venir et ne perçoivent pas le chagrin, la douleur, l’isolement de leur fille. »

Le scénario est cosigné par Mikael Ollivier et Olga Vincent. « Je le dis parce qu’elle m’y a autorisé, c’est un scénario avec une grande partie autobiographique, affirme la comédienne. Olga n’a pas eu besoin de recueillir beaucoup de témoignages de parents parce qu’elle l’a vécu. Elle s’est entourée des conseils du psychiatre Xavier Pommereau, dont la vie est consacrée à cette période tellement merveilleuse et particulière mais aussi fragile. »

A 22h40, dans la foulée de la diffusion de cette fiction, Valérie Karsenti et Xavier Pommereau seront sur le plateau du débat animé par Julian Bugier. Le thème de cette soirée continue : « Ados en fugue : le combat des parents ». L’occasion d’évoquer ouvertement un sujet qui meurtrit chaque année des milliers de familles.