Miss France 2021 : Indignation après une vague de tweets antisémites contre Miss Provence

POLEMIQUE Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, et une partie de la classe politique sont montés au créneau

R. G.-V.

— 

Miss Provence, première dauphine de Miss France 2021, April Benayoum.
Miss Provence, première dauphine de Miss France 2021, April Benayoum. — LOIC VENANCE / AFP

Signalement au procureur et réactions indignées : élus, membres du gouvernement et organisateurs ont dénoncé ce dimanche une « abomination » et des propos « inadmissibles » après des tweets antisémites visant April Benayoum, Miss Provence lors du concours Miss France organisé samedi. « Je suis profondément choqué par la pluie d’insultes antisémites contre Miss Provence. Nous ne devons rien laisser passer. Honte à leurs auteurs », a affirmé sur Twitter le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en affirmant que « les services de police et de gendarmerie sont mobilisés ».

La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a pour sa part indiqué qu’elle adressait au procureur un signalement sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler une infraction dont elle a connaissance. Le concours miss France « n’est pas un concours d’antisémitisme », a ajouté Marlène Schiappa sur Twitter.

TF1 condamne et Miss France apporte son soutien à sa dauphine

April Benayoum, qui a terminé première dauphine lors de cette émission très suivie, a été visée par de nombreux commentaires antisémites sur les réseaux sociaux après avoir révélé que son père était d’origine israélienne. « TF1, EndemolShine France et l’organisation Miss France condamnent fermement les propos haineux et antisémites proférés hier soir sur les réseaux sociaux à l’encontre de Miss Provence », apportant « tout (leur) soutien à Miss Provence, première Dauphine. »

Interrogée dimanche sur BFMTV​, Amandine Petit, élue Miss France, a jugé « extrêmement décevants » ces « propos déplacés » visant sa dauphine, à qui elle a apporté son « soutien ». Associations et élus de tous bords ont multiplié les réactions indignées sur twitter. « Rendez-vous devant la justice pour les twittos qui hier soir ont transformé Twitter en cloaque antisémite », a promis la Licra, en invitant les internautes à signaler les contenus sur son site afin de mener « une action de groupe ». L’union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle dénoncé « un concours d’antisémitisme ».

Indignation à droite et à gauche

A droite, le président LR de la région Paca Renaud Muselier a apporté son soutien à une Miss « française, d’origine italienne et israélienne, provençale, du sud » et qui « représente parfaitement notre région et notre pays ». A gauche, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel s’est interrogé : « twitter complice ? » en rappelant que « l’antisémitisme, le racisme sont des délits depuis la loi Gayssot ». Pour la députée LFI Clémentine Autain, « dans cette matrice de violence, le peuple juif est haï pour la seule raison qu’il est juif ».

« Insupportable antisémitisme. Ne rien laisser passer », a souligné l’ancien Premier ministre Manuel Valls, tandis que le sénateur PS Rachid Temal condamnait « tous ces fachos lâchement anonymes ». L’élu RN (et membre du bureau) Julien Odoul a lui estimé que « l’immigration massive et l’absence d’assimilation peuvent donc pourrir un concours de Miss France », tandis que l’eurodéputé Gilbert Collard affirmait que « vraiment, ces sales cons salissent tout ! »