Miss France 2021: Les coulisses d'une élection vraiment pas comme les autres

REPORTAGE Notre journaliste a assisté dans la nuit de samedi à dimanche au sacre d’Amandine Petit au Puy du Fou. Il raconte comment il a vécu cette élection de Miss France bien particulière en raison du contexte sanitaire

David Phelippeau
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Amandine Petit, tout juste couronnée Miss France 2021, le 20 décembre 2020. Clémence Botino, Miss France 2020, tient son écharpe.
Amandine Petit, tout juste couronnée Miss France 2021, le 20 décembre 2020. Clémence Botino, Miss France 2020, tient son écharpe. — Laurent Vu/SIPA
  • L’élection de Miss France 2021 se tenait samedi au Puy du Fou, en Vendée. Amandine Petit, Miss Normandie, a été sacrée après minuit et demi.
  • Une vingtaine de médias, dont 20 Minutes, avait été conviée à couvrir l’événement sur place.
  • Les choses ne se sont pas passées comme prévu pour les journalistes qui, sur décision de la préfecture et pour des raisons sanitaires, ont été tenus à l’écart de la salle de spectacle.

Au Puy du Fou (Vendée), David Phelippeau

« T’es quand même un sacré privilégié… » Voilà ce qu’on entendait depuis une huitaine de jours après avoir appris qu’on faisait partie des vingt journalistes choisis pour assister à l’élection de Miss France 2021. On plastronnait gaiement avec les amis et la famille (même si on n’a jamais eu une appétence particulière pour ce concours) en indiquant qu’on ferait partie des très rares personnes autorisées à assister au spectacle.

Vendredi, à 17 h 30, contexte sanitaire se dégradant, on a appris le contre-ordre de la préfecture : dans le Grand Carroussel du Puy du Fou, pouvant accueillir un peu plus de 3.000 spectateurs, seules un peu moins de 90 personnes ne pourraient contempler les Miss au lieu des 400 prévues quelques heures avant. Pas de panique, aucune conséquence pour les journalistes.

« Vous ne pouvez plus avoir accès à la salle de spectacle »

20 h, après la prise de température (moins de 37 selon le thermomètre frontal), on nous indique qu’on peut rejoindre la salle de presse. Le dernier barrage susceptible de nous priver de la soirée est ainsi passé. On rejoint nos confrères et consœurs. Ambiance studieuse. On nous indique qu’on peut naviguer entre la salle de presse et le haut de la grande salle du Carroussel. Un « C’est partiiii… Répétition ! Silence ! », s’échappe de la scène. Les tribunes sont vides. L’ambiance très feutrée. Un peu tristounette même.

Quelques minutes avant le démarrage de l’émission, on nous indique que la préfecture a décidé de serrer un peu plus la vis. « Vous ne pouvez plus avoir accès à la salle de spectacle, on vous demande de rester devant les télés ici ! » Stupéfaction et légère contestation de certains confrères. Le plateau-repas, avalé en quelques minutes, reste un peu sur l’estomac…

Nous voici cloîtrés devant des écrans de télévision. Avec comme seul petit privilège le fait d’avoir deux minutes sur ceux qui sont chez eux devant leur télé : l’élection est diffusée sur TF1 avec un léger différé et non en direct. Mais impossible, forcément, de spoiler les résultats sur les réseaux sociaux.

« Elle, en deux pièces, ça déborde de partout ! »

« De toute façon, depuis de nombreuses années, on n’a plus accès à grand chose, nous rassure un confrère, blasé. Alors en temps de Covid… » Seuls les familles (seulement parents) des Miss et les délégués des comités régionaux ont le droit de prendre place en tribune. Les accompagnants des anciennes Miss sont installés – comme les journalistes – devant des écrans de TV dans la salle de l’Orangerie, à deux pas du Grand Carroussel. Exit aussi les Puyfolais.

Bien calé dans notre siège, on s’amuse des commentaires des consœurs, rompues manifestement à cet événement. Des remarques bienveillantes fusent – « Elle est top elle ». D’autres beaucoup moins – « Oh, c’est pas synchro là ! » ou « Elle, en deux pièces, ça déborde de partout ! » Eclats de rire quand Miss Rhône-Alpes lance : « Je vais vous faire craquer. Pourquoi ? Car je suis ostéopathe… ». Sourires gênés en revanche quand une autre se plante dans un accord de temps…

23 h, champagne. On n’y croyait plus car on nous l’avait « vendu » avant de venir. Les bulles pétillent et le concours suit son long, très long cours. A 0h35, enfin, une petite clameur accompagnée d’un vent de stupeur se fait entendre lorsque Jean-Pierre Foucault annonce la victoire de Miss Normandie, Amandine Petit, face à l’archi-favorite Miss Provence, April Benayoum. Presque une délivrance pour nous car on nous promet une interview avec la nouvelle élue et Sylvie Tellier, directrice générale de Miss France, dans la salle de l’Orangerie.

Après une heure d’attente, enfin, une Miss en chair et en os arrive face à nous. C’est la gagnante ! « Il n’y avait pas de public, mais on a su se motiver entre nous », estime la spontanée et détendue Amandine Petit qu’on interroge sur le contexte bien particulier de cette édition. « Il y avait de l’ambiance, dans les coulisses, sur scène, embraie Sylvie Tellier. Il n’y avait pas de spectateurs, mais beaucoup d’émotions sur le plateau. » On avoue que devant notre télé, et pourtant à trois pas de la scène, on a eu du mal à ressentir cet émoi…