Miss France 2021 : « L’émission ne vieillit pas. Sauf son présentateur ! », rigole Jean-Pierre Foucault

INTERVIEW Jean-Pierre Foucault présente, pour la 26e fois, la soirée Miss France sur TF1

Benjamin Chapon

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Pour la 26e fois de l’Histoire, c’est à Jean-Pierre Foucault qu’incombera, samedi soir sur TF1, la lourde tâche d’annoncer l’identité de la nouvelle Miss France. Alors que la rumeur lui prêtait l’intention de passer la main cette année, après une édition organisée dans SA ville de Marseille, le présentateur historique sera bien là, pour l’émission diffusée depuis la Puy du Fou.

Alors, elles sont comment les Miss cette année ?

Je n’aime pas trop les rencontrer avant le jour J. J’ai toujours un peu peur de lier des relations et d’être ensuite accusé de favoritisme. Même si je n’ai aucune influence sur les votes, on me suspecte toujours de privilégier Miss Provence. Mais comme Miss Provence n’a jamais gagné depuis vingt-six ans que je suis à la présentation de Miss France, je pense que cette théorie ne tient pas.

Vous pensez vraiment n’avoir aucune influence sur le déroulement de l’élection ?

Absolument. Mon rôle est très limité et se limite à peu de vocabulaire. Je n’interviens pas beaucoup, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Je suis un maître d’hôtel qui met en valeur tout ce qui fait la qualité de l’émission. Mais comme c’est du direct, il faut du sang-froid. Je dois meubler quand il y a des problèmes techniques, j’aime beaucoup ça.

Il y a aussi l’interview des Miss. Épreuve redoutée des candidates…

Mais maintenant, les questions sont écrites par les téléspectateurs et le jury. Je donne très peu de conseils aux miss. Je leur suggère de garder leur spontanéité, de ne pas réciter, de se détendre… Mais à l’antenne, moi, je reste de marbre, neutre. Même quand j’annonce le titre.

A quoi va ressembler cette édition de Miss France ?

Il n’y aura presque pas de public. Le bon côté, c’est que Miss France redevient une émission de télévision alors que c’était devenu un grand spectacle filmé avec des foules de supporteurs en folie. Là, ce sera plus feutré. Les publics sont arrivés sur le tard dans les grands shows télé. On revient à notre métier initial de fabricants d’émissions de télé. La scène est immense, mais on va travailler presque comme en studio.

Vous semblez presque vous en réjouir…

Non, parce que c’est agréable de sentir et d’entendre le public, même si on ne le voit pas avec les lumières plein la poire. Le public est devenu essentiel. Cette absence va avoir un impact sur le tempo. Il y aura de la musique mais pas de faux applaudissements ou de hourras enregistrés.

A part le public, l’émission Miss France a-t-elle changé ces dernières années ?

Bien sûr. Amusez-vous à regarder celle de 1995, vous la trouverez très datée. Il y a une évolution constante, c’est pour ça que ce n’est pas une émission démodée.

On a pourtant le sentiment que Miss France est un programme plutôt du genre… immuable.

Vous parlez de moi, là. Moi je suis immuable, c’est vrai, mais on fait attention à faire évoluer l’émission. Ça ne se voit pas forcément parce qu’on fait attention à ne pas tout changer. Le public, c’est de la nitro, si on change trop il vous pète à la gueule. Chaque année, on change un petit quelque chose. L’émission ne vieillit pas. Sauf le présentateur ! Alors que les Miss, elles, ont toujours 20 ans. C’est cruel.

Si l’émission évolue un peu, le concours, lui, évolue peu. Le règlement de Miss France est sujet à critique sur son inadéquation avec la société, le sexisme de sa logique…

Je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Les miss ont énormément changé, elles ont compris qu’être Miss France est un ascenseur social incroyable, ça fait griller les étapes. Avant, les jeunes femmes qui se présentaient étaient là juste parce qu’on leur disait qu’elles étaient pas mal… Alors que depuis quelques années, toutes les Miss France ont saisi cette opportunité de faire une carrière. Ça a commencé avec Sophie Thallman, qui a dit qu’elle voulait prendre ma place. C’est ce qui l’a fait gagner. Il ne faut pas que les miss s’aseptisent.

Sophie Thallman n’a finalement pas pris votre place, mais votre succession est souvent évoquée. Ça vous agace ?

Non, c’est amusant. En réalité, on est peu nombreux à faire ce métier, les candidats potentiels à ma succession se comptent sur les doigts d’une main. Et ils sont tous très discrets dans leur ambition !

« Ils » ? Une femme ne pourrait pas vous succéder à la présentation de Miss France ?

Ha, ça, je ne sais pas. De toute façon, comme pour Miss France, ce n’est pas moi qui choisirai. Depuis 2009, Sylvie Tellier coprésente avec moi. C’est elle la patronne.