« Un si grand soleil » : Comment le tournage de la série de France 2 vit à l'heure du Covid-19

TELE Aux studios de Vendargues, un protocole strict a été mis en place. Mais l’épidémie a également conduit à adapter les tournages de certaines scènes

Nicolas Bonzom

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Lors de la répétition d'une scène d'Un si grand soleil, mercredi
Lors de la répétition d'une scène d'Un si grand soleil, mercredi — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Si le tournage d’Un si grand soleil a été interrompu au printemps dernier, depuis le 1er juin, il n’a jamais cessé dans les studios de Vendargues, près de Montpellier.
  • Un protocole a été mis en place pour éviter les risques liés à l’épidémie de Covid-19.
  • Le virus a également enjoint les réalisateurs à ruser pour les scènes les plus intimes.

Si le tournage d’Un si grand soleil a dû être interrompu pendant onze semaines au printemps dernier en raison du Covid-19, depuis, les caméras n’ont jamais cessé de chauffer, dans les studios de Vendargues (Hérault), près de Montpellier.

Alors, forcément, dans cette véritable ruche, où travaillent 200 à 250 personnes chaque jour, il a fallu se mettre à l’heure du coronavirus, pour que les épisodes de la série de France 2 puissent continuer à être mis en boîte. Le gel hydroalcoolique coule à flots aux quatre coins des studios, et tout le monde, évidemment, est masqué.

« Nous n’avons pas souhaité nous limiter dans la façon d’écrire »

Si le scénario de la série a intégré la crise que l’on traverse à l’intrigue, les comédiens tombent cependant le masque quand ils tournent. Puis le remettent, quand le moteur est coupé. « Sur le plateau, on s’efforce de faire en sorte que tout soit pareil, pour ne pas que cela détruise quoi que ce soit dans le jeu, confie la comédienne Salomé Granelli, qui campe le rôle d’Emmy, dans le feuilleton quotidien. Une fois que l’on a enlevé le masque, que l’on joue, c’est très important d’oublier complètement le contexte. »

Quant au tournage des scènes les plus intimes, il demande forcément un peu d’inventivité pour éviter une trop grande proximité entre les comédiens. « Nous n’avons pas souhaité nous limiter dans la façon d’écrire, indique Olivier Roelens, le producteur exécutif de la série. Nous voulions que cela continue à ressembler à la vie de tous les jours, à la maison, par exemple, où l’on ne porte pas de masque avec les proches. Mais cela a nécessité, séquence par séquence, à adapter la mise en scène. »

Un vrai couple pour doubler des comédiens

Avec, parfois, « de petites astuces », en permettant aux comédiens hors champ de rester masqués, ou en plaçant la caméra de telle sorte que l’on ne remarque pas qu’ils le sont. « Il nous est arrivé de tourner des scènes d’intimité avec des doublures qui formaient un vrai couple dans la vie, ce qui permettait de les laisser s’approcher, car, de toute façon, ils vivent déjà ensemble », note le producteur. Parfois, les scènes sont un peu modifiées. « Dernièrement, un personnage était censé en embrasser un autre, et finalement, on le voit entraîner son partenaire dans un canapé, et la séquence se termine sur le désir, plutôt que sur l’acte », raconte Eric Woreth, l’un des réalisateurs d’Un si grand soleil.

Lors du tournage d'une scène d'Un si grand soleil, mercredi
Lors du tournage d'une scène d'Un si grand soleil, mercredi - N. Bonzom / Maxele Presse

Dans les studios, de nouveaux postes ont aussi été créés par France Télévisions, pour accompagner le protocole anti-coronavirus : une personne est chargée de désinfecter régulièrement les points de contact, comme les poignées de porte, et quatre autres veillent au respect des gestes barrières sur les tournages. Toutes sont épaulées par un médecin, présent quotidiennement auprès des salariés, des techniciens et des comédiens. « Il nous a accompagnés dans la réflexion sur le protocole à mettre en place, et il est désormais là chaque jour pour informer et les former les équipes, s’assurer que tout est bien respecté, et nous accompagner en cas de crise », reprend Olivier Roelens.

« La priorité, c’est la santé »

Depuis la reprise des tournages d’Un si grand soleil, le 1er juin dernier, s’il y a eu quelques cas avérés de Covid-19 et quelques cas contacts, aucun n’a nécessité l’arrêt de la production. « Nous avons réagi rapidement, pour que tout cela reste très limité, et que la production puisse continuer », explique le producteur exécutif. Il y a quelques mois, par exemple, un comédien a appris qu’il était positif au Covid-19 alors qu’il tournait.

« La scène a été arrêtée, il a immédiatement vu un médecin, et les comédiens avec qui il avait tourné ont été déclarés cas contacts. » A la faveur de tests négatifs, quelques jours plus tard, tous ont pu revenir au studio. « Il a fallu remanier les plans de travail, l’ordre de tournage des scènes, note Olivier Roelens. Mais la priorité, c’est la santé de chacun. »