« District Z » : « On ne m’avait jamais vu dans ce rôle », raconte Denis Brogniart

INTERVIEW L’animateur de TF1, à la tête du nouveau jeu « District Z », fait le bilan de son année télé bien chargée

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Denis Brogniart sur le tournage de « District Z »
Denis Brogniart sur le tournage de « District Z » — © ALAIN ISSOC/SATISFACTION, THE TELEVISION AGENCY/TF1
  • TF1 lance District Z ce vendredi, une émission dans laquelle des célébrités affrontent des zombies dans le but de récolter de l’argent pour des associations.
  • Denis Brogniart incarne ce nouveau programme et s’impose davantage comme le visage incontournable des jeux d’aventure de la chaîne.
  • « On rentre dans les foyers de millions de gens grâce à la télévision, ce n’est pas négligeable et ça a un véritable impact », confie-t-il à 20 Minutes.

Après des semaines passées sur une île paradisiaque, changement d’ambiance pour Denis Brogniart. Dès ce vendredi, l’animateur sera aux commandes de District Z, le nouveau jeu d’aventure de TF1. Les plages de sable fin ne sont plus qu’un lointain souvenir pour lui, qui se retrouve parachuté dans une zone interdite peuplée de zombies et autres créatures extraordinaires. Choisi pour incarner ce nouveau pari ambitieux, Denis Brogniart est plus que jamais un visage indispensable de la chaîne. Pour 20 Minutes, celui qui a désormais vingt ans de maison au sein de la chaîne en dit plus sur District Z et se confie sur son statut d’animateur indéboulonnable.

Après quinze semaines de Koh-Lanta, vous ne quittez pas la case du vendredi soir puisque vous débarquez dans District Z. Quel va être votre rôle dans cette émission ?

Je serais l’animateur, le garant des règles et le trait d’union entre le professeur Z et les cinq personnalités à qui il ouvre les portes de son district pour leur permettre de disputer des épreuves. Je suis aussi le complice des personnalités parce que mon souhait, c’est qu’elles soient les plus performantes possible et qu’elles remportent un maximum d’argent pour l’association qu’elles défendent. J’ai un rôle de proximité un peu plus fort que sur Koh-Lanta. Je me dois d’être moins impartial parce que les personnalités ne jouent pas les unes contre les autres, elles forment la même équipe. Il y a aussi plus d’humeur, on s’est beaucoup amusés à les challenger, à les regarder avoir peur, à constater qu’elles étaient capables de transcender leurs peurs. Comme dit Arthur, on ne m’avait jamais vu dans ce rôle. Sur Koh-Lanta, j’ai cette distance indispensable pour rester impartial. Là, ce n’est pas du tout mon rôle mais j’ai quand même cette espèce de casquette de Monsieur Loyal.

Est-ce que c’est Arthur qui est venu vous voir pour incarner le programme ?

C’est Arthur et TF1. Je crois que le producteur et la chaîne étaient d’accord pour me confier la présentation. C’était pour moi un grand honneur de travailler avec Arthur, que je ne connaissais que comme animateur et collègue à TF1. Il s’est avéré être un producteur très prévenant et précis. J’étais surtout très heureux et flatté qu’on puisse penser à moi pour une superproduction française. J’insiste là-dessus : beaucoup d’émissions sont tirées de programmes étrangers, et là c’est totalement l’inverse, c’est un programme français qu’Arthur vendra peut-être à l’étranger.

En quoi l’émission se distingue-t-elle de Fort Boyard, où l’on voit aussi des célébrités se dépasser dans des épreuves ?

Les épreuves n’ont absolument rien à voir, on est dans du très grand spectacle, dans des épreuves de grande dimension. Évidemment, il y a des célébrités mais l’univers avec les zombies et les créatures étranges, l’atmosphère et les décors hallucinants donnent un aspect grandiose. Il y a des personnalités qui jouent pour gagner un maximum d’argent pour une association, c’est un point commun.

Vous avez tellement de projets que vous avez dû renoncer à Automoto cette année. C’est la première fois que vous devez abandonner des émissions pour vous consacrer à d’autres ?

Je pense que j’avais fait le tour d’Automoto et ça me prenait beaucoup trop de temps par rapport à tous mes autres projets. Il faut aussi être capable de se renouveler et je pense qu’il était temps pour moi de passer à autre chose. Je fais un podcast audio sur les aventuriers de la vie, j’ai fini l’écriture d’un roman. Après huit ans, je trouvais que c’était bien de passer la main. De toute façon, je n’avais pas vraiment le choix pour pouvoir endosser la présentation de Ninja Warrior, de Koh-Lanta une à deux fois par an, de District Z et des grands événements de sport. La dernière année, je faisais Automoto mais mon remplaçant faisait plus de semaines que moi, ça n’avait plus de sens. Je pense que dans la vie professionnelle, il faut savoir tourner des pages de temps en temps. C’était une très belle page, ça m’a beaucoup nourri et construit.

Un vendredi soir sans Denis Brogniart, c’est possible ? N’avez-vous pas peur que les téléspectateurs se lassent de vous voir ?

Je ne me pose pas cette question-là, je suis flatté de la confiance de la chaîne et des producteurs qui me proposent des concepts. Je crois surtout que les téléspectateurs sont conscients que j’ai une casquette sur TF1, celle des jeux à connotation sportive avec du dépassement de soi. C’est ça qui est bien à TF1, on a chacun son propre univers. Le mien est bien défini et j’ai la chance d’avoir plusieurs programmes mais je ne pense pas qu’il faut raisonner en termes de lassitude. Evidemment, pour Koh-Lanta, ça fait 20 ans donc on commence à me connaître, mais je n’ai pas ce ressenti et je ne le constate par sur les réseaux sociaux ou avec les gens que je rencontre.

Avez-vous l’impression d’avoir passé un cap dans la reconnaissance du public qui vous suit comme jamais sur les réseaux sociaux ?

J’ai toujours eu l’impression d’avoir une proximité avec les téléspectateurs. Je suis très heureux d’être assez fédérateur et d’être la tête du programme le plus puissant de la télévision, Koh-Lanta, depuis tant d’années. C’est ce qui fait que je suis un peu rentré dans le foyer des gens. Et puis, je pense qu’on me reconnaît une forme d’authenticité, de naturel dans ma vie et de ne pas être devenu quelqu’un d’autre avec la notoriété. Le travail est une partie importante de la vie et quand on a la chance d’avoir un métier passionnant, on a forcément une vie plus agréable que ceux qui ont un métier rébarbatif. J’essaye de transmettre un peu de cette passion et de cette chance qui sont les miennes aux gens. Et les réseaux sociaux sont un incroyable facilitateur pour transmettre ce message. C’est pour ça que je pense que je suis apprécié des gens. Ils voient que je ne triche pas et que ce que je montre, c’est ce que je suis. Le leitmotiv de ma vie, c’est d’être toujours émerveillé. C’est ce que j’impose aux gens qui travaillent avec moi. On dit toujours que c’est un métier éphémère, que c’est un métier compliqué. Bien sûr que c’est compliqué, mais comme plein de métiers. Si vous regardez, à TF1, il y a une fidélité assez impressionnante, une récurrence avec les téléspectateurs qui nous donne une proximité. On rentre dans les foyers de millions de gens grâce à la télévision, ce n’est pas négligeable et ça a un véritable impact. Globalement, les gens sont sympas avec moi, que ce soit à Papeete ou chez mon boulanger, dans la rue ou au feu quand je suis à moto. Ça fait du bien parce que j’ai l’impression qu’il y a un vrai partage avec les téléspectateurs.

Vous rentrez de Polynésie française où vous avez tourné la prochaine saison de Koh-Lanta. Comment cela s’est-il passé ?

C’était un tournage compliqué dans la mesure où il fallait absolument que l’on évite le Covid. On est les seuls au monde à avoir tourné Koh-Lanta cette année. Les Américains ont préféré s’abstenir et différer leur tournage. Nous, on a pris ce risque en créant une véritable bulle sanitaire autour de l’équipe de production, que ce soient les Français ou les Polynésiens. Nous vivions sur un bateau où nous étions vraiment éloignés de tout le monde, on est arrivés avec chacun cinq ou six tests contre le Covid en une quinzaine de jours à notre actif, tous négatifs. Avec rigueur, en gardant les masques et en ne côtoyant personne d’autre à côté, on a terminé le tournage avec zéro cas positif. Comme il y a eu une vraie rigueur de la part de l’équipe technique, on a réussi à passer entre les gouttes et tant mieux, parce qu’on a en boîte une très belle saison de Koh-Lanta.

L’émission fêtera ses 20 ans l’an prochain. Est-ce que l’on doit s’attendre à un événement particulier ?

L’anniversaire ne se fera pas dans ce Koh-Lanta tourné en Polynésie mais dans celui d’après. On va fêter les 20 ans. Avec qui et pourquoi, je ne peux pas vous le dire. Même si je le savais, je ne vous en parlerais pas mais on est en pleine réflexion par rapport à ça.