« Ici Tout Commence » : Comment TF1 veut faire revenir les jeunes devant la télé avec le spin-off de « Demain Nous Appartient »

ROULEZ JEUNESSE Le nouveau feuilleton quotidien de TF1 pose ses caméras dans l’antre d’une école de la haute gastronomie française

Clément Rodriguez
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« Ici Tout Commence » le lundi 2 novembre sur TF1
« Ici Tout Commence » le lundi 2 novembre sur TF1 — © JEAN-PHILIPPE BALTEL/MI2/TF1
  • À partir de ce lundi 2 novembre, TF1 proposera sa nouvelle série quotidienne, juste avant Demain Nous Appartient.
  • Ici Tout Commence relate les aventures des élèves de l’institut Auguste Armand, une école de gastronomie.
  • Le feuilleton, porté par un casting majoritairement jeune, a pour ambition de susciter l’intérêt d’un public plus « teen ».

Un « pari artistique et industriel ». Voilà les mots choisis par Anne Viau, directrice de la fiction française de TF1, au moment de la présentation d’Ici Tout Commence, dernier événement de la chaîne. À grand renfort de panneaux publicitaires et de bandes-annonces diffusées sur toutes les antennes du groupe, la série dérivée de Demain Nous Appartient ambitionne de susciter la curiosité auprès du public jeune en le faisant (re) venir devant le petit écran. Comment ? On le détaille en trois points.

Un lieu, théâtre de toutes les intrigues

C’est une première pour un feuilleton quotidien. Oubliez les longues promenades en ville, le petit café du matin accoudé au comptoir du bar du quartier, Ici Tout Commence se déroulera presque exclusivement derrière les portes closes de l’institut Auguste Armand, une école de la haute gastronomie française. Un château, un parc de quatre hectares, un restaurant d’application, un potager, autant de lieux susceptibles de recueillir les confidences des personnages, même les plus sombres.

Afin de les ancrer davantage dans ces lieux, les jeunes chefs en devenir dormiront sur place, dans un internat accolé aux cuisines. De quoi laisser libre court à l’imagination des auteurs pour d’éventuels rapprochements. L’histoire d’amour quelque peu compliquée entre les personnages de Maxime et Salomé est d’ailleurs le point de départ du feuilleton.

Les étudiants encore en colocation pourront donc s’y retrouver et ceux qui s’en souviennent retrouveront l’esprit d’Un, dos, tres, l’une des références dans la production du soap. La série espagnole (culte pour une génération) faisait vibrer le public au rythme des cours et des scènes en internat des apprentis artistes au début des années 2000. Vingt après, la mécanique fonctionnera-t-elle encore ?

Un casting, moderne et identifiable

Portée par Clément Rémiens, l’un des héros de Demain Nous Appartient, la série s’est entourée d’une panoplie de jeunes acteurs. Au total, une vingtaine d’élèves aura un rôle à jouer dans les histoires de l’institut. Parmi eux, Eliott, un personnage non-binaire et pansexuel. Une première dans une série de TF1.

« Il y a un accent particulier sur la jeunesse et les problématiques liées aux jeunes adultes, soutient Anne Viau. L’idée, à travers ce casting très diversifié, est de représenter une microsociété dans laquelle tout le monde peut se retrouver. » Ne pas enfermer ses personnages dans des catégories et s’engager pour davantage de diversité à l’écran faisaient partie des enjeux dès les prémices du projet de spin-off.

Ici Tout Commence est même la toute première expérience télévisuelle de certains des acteurs, à l’image de Nicolas Anselmo, le fameux Eliott, qui a répondu à l’annonce du casting sur Facebook, sans passer par un agent puisqu’il n’en avait pas. Azize Diabaté, Lucia Passaniti, Aurélie Pons et Julie Sassoust, qui forment la bande principale de la série, dépassent à peine la vingtaine d’années. Avec une distribution jeune, mélangée à des acteurs plus reconnus, le processus d’identification devrait se mettre en route plus facilement auprès du public.

Une volonté, la transmission et le dépassement de soi

Comme tout soap qui se respecte, les vieux secrets de famille cadenceront évidemment les histoires des protagonistes, mais la volonté de la chaîne est bien de mettre les élèves au premier plan. Si la production a décidé de poser ses caméras dans le château de Calvières pour y installer une école de cuisine, c’est parce que l’univers de la gastronomie prône le dépassement de soi et favorise l’éclosion de héros auxquels s’attacher.

« Ces jeunes vont non seulement avoir leurs histoires humaines mais dès l’instant où ils sont dans l’armée de la cuisine, leur personnalité change, constate Francis Huster, l’un des visages du feuilleton. Les jeunes qui regardent cette série vont se dire "quand tu as la passion d’un métier, tu peux devenir quelqu’un." »

Les valeurs préconisées par la série seront-elles suffisantes pour séduire les « teens », désormais collés à Netflix plutôt que devant le petit écran ? « Dans Ici Tout Commence, on traite les dilemmes des jeunes comme ceux des adultes, argumente le producteur Vincent Meslet. Le feuilleton quotidien a cette magie de réunir des générations différentes autour d’un même programme. » Et si tout ce beau monde n’est pas au rendez-vous dès 18h30 sur TF1, il reste encore le replay pour convaincre, peut-être plus adapté aux modes de consommation actuels.