« Askip » : J’ai été figurant sur le tournage de la série ado de France Télévisions

REPORTAGE La série, tournée à Sète, raconte le quotidien d’adolescents dans un collège du Sud de la France

Nicolas Bonzom

— 

Sur le tournage d'Askip
Sur le tournage d'Askip — Cecile Mella / France Télévisions
  • « Askip » est une série de France.tv, qui raconte le quotidien d’adolescents au collège.
  • « 20 Minutes » a pu se glisser dans le tournage, et même faire un peu de figuration.
  • Chaque jour, 30 à 70 jeunes figurants participent au tournage de la série.

Comment, journaliste à 20 Minutes, me suis-je retrouvé à donner la réplique à l’un des héros d'Askip, affublé d’un costume de pompier (beaucoup trop petit pour moi) ? Je vous raconte. Chez Newen, la société qui produit cette série pour France.tv, on m’a proposé de m’immiscer sur le tournage, au lycée Joliot-Curie, à Sète (Hérault).

Et de faire, à l’occasion, un peu de figuration sur la série. Un petit métier, qui, depuis que les tournages de feuilletons se multiplient dans l’Hérault, connaît un véritable essor. « Et nous avons un costume de pompier, pour vous ! », me glisse-t-on.

Premiers amours, harcèlement…

Diffusée sur la plate-forme Okoo,Askip, réalisée par Capa Drama, raconte le quotidien d’adolescents dans un collège. On y cause premières amours, harcèlement, grossophobie… Et on rigole beaucoup. Mercredi, l’une des deux équipes de tournage mettait en boîte un épisode où les élèves participent à un « carrefour des métiers ». Ils viennent y rencontrer des pilotes d’avion, un soudeur, un policier… Et un pompier.

Et me voilà à tenter d’enfiler un costume bleu et rouge, que je sais beaucoup trop petit pour moi. J’oublie le pantalon, je passe seulement le pull, façon crop top, et je mets ma casquette. « Vous êtes parfaits ! », m’assure Benoît Masocco, le (très sympathique) créateur et réalisateur de la série. Sur le tournage, une quinzaine de figurants sont déjà en place. Ça bosse dur, mais l’ambiance est très chaleureuse.

Le pompier, au fond, c'est moi.
Le pompier, au fond, c'est moi. - Cecile Mella / France Télévisions

« C’est kiffant, et on est payé ! »

Chaque jour, la production fait appel à 30 à 70 figurants, essentiellement des jeunes, dont certains sont scolarisés dans le lycée où se tourne la série. « Il nous arrive de renouveler les figurants, mais c’est souvent les mêmes qui reviennent de saison en saison, note le réalisateur. C’est agréable pour nous, car on revoit des jeunes que l’on aime bien, et surtout, ils savent comment se déroule un tournage. Et à l’image, même si ce sont des rôles muets, ce sont des visages que le spectateur a l’habitude de voir. »

Ça tourne déjà. Entre les prises, on papote, masqués, avec Elliot et Simon, deux jeunes figurants de 17 ans, dont ce n’est pas la première apparition à l’écran. Comme les autres, ils ont envoyé un mail, avec des photos, pour présenter leur candidature. Et depuis, ils reviennent, très régulièrement, pendant les vacances, tourner dans la série. « Ça fait un peu d’argent de poche », assure Elliot, « passionné » par ce job. « C’est une expérience géniale », reprend son camarade. Bilal, lui aussi figurant, ne « connaissait pas du tout ce milieu » avant de tourner pour Askip. « Ça me plaît beaucoup, confie-t-il. Et ça m’occupe ! Au lieu de rester chez moi ou de traîner avec les potes. C’est kiffant, et on est payé, c’est top ! Et j’ai découvert l’envers du décor. » « Je ne savais pas qu’il fallait tourner autant de fois les scènes, sur plein d’angles différents », s’étonne Audrey.

Sur le tournage de la série Askip
Sur le tournage de la série Askip - Cecile Mella / France Télévisions

« On est une famille »

La caméra se rapproche de nous. Je dois échanger quelques mots avec Gabriel Caballero, qui interprète le rôle de Maxime, l’une des stars du programme de France.tv. Son personnage est en effet persuadé que la tenue de pompier plaît aux filles, et voudrait bien me la chiper. Hors-de-question que je cède si facilement un costume que j’ai eu tant de mal à enfiler ! J’improvise quelques mimiques, je bredouille deux mots. On la refait plusieurs fois. Le réalisateur semble conquis. « Mais vous êtes vraiment pompier ? », s’étonne un jeune figurant. « Non, je suis journaliste », dis-je. « Ah oui ! Et comment on fait pour être reporter de guerre ? C’est un rêve ! », s’exclame-t-il.

D’autres me glissent que ce job de vacances leur a donné envie d’être comédien. Pour eux, la porte n’est pas fermée. Au contraire. « Plusieurs d’entre eux passent des castings pour des rôles, certains sont allés même assez loin dans le processus, explique Benoît Masocco. Quelqu’un qui est motivé, qui a des propositions à faire en tant que figurant, c’est quelqu’un qui peut, pourquoi pas, être un bon comédien. »

Le tournage s’achève. L’épisode devrait être diffusé d’ici la fin de l’année, ou en janvier. Aux autres figurants et comédiens, il reste encore quelques jours de tournage. Puis ce sera l’heure de se dire au revoir. « C’est à chaque fois très émouvant, on est une famille, confie le réalisateur. Mais on sait que l’on se retrouve aux prochaines vacances ! »