Après ses propos controversés sur « Charlie Hebdo », Cyril Hanouna appelle à « l’apaisement »

POLEMIQUE Après avoir déclaré que les dessins « comme ceux de "Charlie Hebdo" mettent, mine de rien, de l’huile sur le feu », Cyril Hanouna estime qu’« il faut essayer d’être dans l’apaisement »

A.D.

— 

L'animateur Cyril Hanouna, en 2019.
L'animateur Cyril Hanouna, en 2019. — PIERRE-OLIVIER/C8

Un appel à « l’apaisement » après des propos controversés. Cyril Hanouna a exprimé son point de vue sur la liberté d’expression à l’occasion d’un débat ce lundi sur le plateau de Touche pas à mon poste sur C8 autour de Freeze Corleone, après que le gouvernement a annoncé avoir saisi la justice au sujet de plusieurs de textes jugés « antisémites » et « négationnistes » du rappeur.

« Moi je pars du principe que quand on choque une personne, il faut arrêter », a estimé l’animateur d’entrée de jeu. Le trublion de C8 a expliqué que des « jeunes, des parents et des juifs » peuvent être « extrêmement choqués » par les textes du rappeur.

« Mila c’est de la merde ce qu’elle a fait »

Il a comparé la situation à celle de la jeune Mila, menacée de mort après avoir insulté l’islam dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux en réponse à des insultes homophobes. « Mila c’est de la merde ce qu’elle a fait. C’est inadmissible. Je suis toujours contre les blagues et les provocations sur les religions. Aujourd’hui on sait que c’est un sujet sensible », a-t-il jugé.

Et de lancer : « Est-ce qu’on a vraiment besoin aujourd’hui de textes comme ça ? De messages comme celui de Mila qui est insupportable ? De dessins comme ceux de Charlie Hebdo qui mettent, mine de rien, de l’huile sur le feu ? »

« La bêtise, l’irresponsabilité et le poison »

Ces propos ont suscité un vif tollé sur les réseaux sociaux, estimant que Cyril Hanouna mettait en péril la liberté d’expression en faisant l’amalgame entre critique de la religion et discrimination envers une personne ou un groupe de personne en raison de l’appartenance à une religion. « Il faut voir cette séquence pour en mesurer la bêtise, l’irresponsabilité et le poison », a notamment commenté Caroline Fourest, ex-collaboratrice de l’hebdomadaire satirique.

L’animateur est revenu ce mercredi sur la polémique sur le plateau de Touche pas à mon poste : « Sur la liberté d’expression, on a été mine de rien très divisés sur les Unes de Charlie Hebdo. On a aussi eu une histoire avec les paroles d’un rappeur. Quand j’ai reçu son fan, je lui ai dit : “On n’a pas besoin de messages de haine”. Avec la crise qu’on vit, je pense qu’il faut essayer d’apaiser les choses et éviter quoi qu’il arrive les messages de haine que ce soit dans l’humour, dans la chanson ou dans les sketchs », a expliqué Cyril Hanouna.

« Ce n’est pas parce qu’on dit ça qu’on n’est pas pour la liberté d’expression. On dit juste qu’en ce moment, il faut essayer d’être dans l’apaisement », a-t-il lancé.

Christine Kelly, ex-membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel et chroniqueuse de Cyril Hanouna, a judicieusement conclu : « La liberté d’expression s’arrête aux portes de la loi. A partir du moment où on tombe sous le coup de la loi pour incitation à la haine ou autre chose, là on doit s’arrêter »