« Enquête exclusive » : M6 conteste les accusations de l’Algérie sur son reportage sur le Hirak

REPONSE Interdite en Algérie à la suite d’un reportage d'« Enquête exclusive » sur le Hirak, M6 demande aux autorités de renoncer à lui interdire d’opérer en Algérie

20 Minutes avec AFP
— 
Le siège de la chaîne M6.
Le siège de la chaîne M6. — Bertrand Guay / AFP

M6 réagit à son interdiction en Algérie par le gouvernement du pays, à la suite de la diffusion ce dimanche du reportage d’Enquête exclusive, intitulé « L’Algérie, le pays de toutes les révoltes ». Le ministère algérien de la Communication accuse l’équipe de l’avoir réalisé munie d’une « fausse autorisation de tournage » et d’avoir porté « un regard biaisé sur le Hirak », ce mouvement de contestation qui secoue le pays. M6 conteste ce mardi vigoureusement ces accusations et demande aux autorités de renoncer à lui interdire d’opérer en Algérie.

Dans un communiqué, M6 assure que ce reportage a bien été réalisé par une équipe qui bénéficiait d’une autorisation de tournage délivrée initialement en mai 2018 et prolongée plusieurs fois jusqu’en 2019.

« Contrôlée à plusieurs reprises par les autorités algériennes »

L’équipe de tournage a d’ailleurs « été contrôlée à plusieurs reprises par les autorités algériennes », qui l’ont laissée travailler au vu de cette autorisation.

En revanche, d’autres demandes d’autorisation présentées par Enquête exclusive en mars 2020, pour pouvoir filmer des séquences en plateaux depuis Oran, ont, elles, été refusées par les autorités algériennes et elles « n’ont donné lieu à aucun tournage en Algérie », assure la chaîne.

Une « enquête dans le respect des principes déontologiques »

« M6 renouvelle sa confiance au producteur (du reportage) Patrick Spica ainsi qu’aux journalistes qui ont réalisé cette enquête dans le respect des principes déontologiques attachés à leur profession », a ajouté la chaîne, ajoutant que « les évolutions de la société algérienne constituent un sujet d’intérêt général qui mérite d’être traité dans le cadre du droit légitime à l’information du public ». Dans le même élan, M6 « demande aux autorités algériennes de revenir sur leur position de boycott afin de poursuivre de façon objective et sans aucune polémique sa mission d’information ».

Ce reportage, filmé par moments avec des « caméras discrètes », expose des témoignages de trois jeunes Algériens sur l’avenir de leur pays, en proie à un soulèvement inédit depuis février 2019. La crise sanitaire a entraîné la suspension des marches du Hirak à la mi-mars.