« Lolywood Night » : « Entre TF1 et nous, c’était comme un match Tinder », racontent Ugo, Manu et Choopa

INTERVIEW Lolywood, qui sévit sur YouTube depuis 2015, s’offre pour la première fois une soirée sur le petit écran

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Ugo, Manu et Choopa de Lolywood sur leur 31 pour leur premier prime
Ugo, Manu et Choopa de Lolywood sur leur 31 pour leur premier prime — LAURA GILLI/TMC
  • TMC propose ce mardi une soirée spéciale incarnée par le trio de youtubeurs Lolywood.
  • Ugo, Manu et Choopa n’en sont pas à leur coup d’essai à la télévision. Pourtant, ce prime a une saveur spéciale.
  • Pour 20 Minutes, ils témoignent de la pression que représente cette émission, et les envies qu’elle suscite pour l’avenir.

La télé, ils la connaissent bien. Pourtant, ils n’avaient encore jamais eu les honneurs d’un prime. L’erreur est réparée ce mardi soir avec la diffusion de Lolywood Night sur TMC, une soirée pendant laquelle Ugo, Manu et Choopa présentent des sketchs inédits au travers d’un fil rouge. L’histoire est simple :  Scarlett Johansson est de passage à Paris, et le trio va tenter de la convaincre d’intégrer leur bande. Pour cela, il va falloir la trouver dans l’hôtel de luxe dans lequel elle séjourne.

Les trois garçons se sont rencontrés à la fac en 2005, puis ont commencé à investir YouTube en 2011. Aujourd’hui, Lolywood, c’est plus de 3 millions d’abonnés et près d’un milliard de vues sur leur chaîne YouTube. Mais le collectif a déjà fait ses premières armes sur le petit écran, d’abord sur D17 puis sur TFX, où l’un de leurs sketchs est diffusé chaque jour. Le défi de ce prime est de taille pour le trio, qui compte bien réitérer l’expérience si le succès est au rendez-vous. Ils répondent aux questions de 20 Minutes à propos de la pression de l’émission, leur volonté de ne pas tomber dans la routine, et l’envie de voir encore plus grand.

Ce n’est pas la première fois qu’on vous voit à la télé. Qu’est-ce qui change avec ce prime ?

Manu : On a voulu se différencier des sketchs unitaires que l’on faisait avant. C’est une soirée événement avec une histoire suivie, une sorte de moyen-métrage de 25 minutes qui introduit plein de sketchs. On a essayé de lier tout ça dans une histoire un petit peu cohérente et d’en faire un événement grâce à TF1 qui a un peu financé ce projet ambitieux et novateur pour nous.

Choopa : Ça a aussi été l’occasion de s’entourer de nouvelles personnes, d’abord d’un point de vue technique avec une plus grosse équipe que d’habitude. On a aussi eu la chance de tourner avec plein de comédiens et comédiennes que l’on admire et qu’on n’avait pas encore eu l’occasion d’inviter sur nos sketchs comme Pascal Légitimus, Elie Semoun, Fred Testot, Denis Brogniart, Valérie Damidot. Il y a aussi plein d’amis de YouTube : Bertrand Usclat, Nicolas Berno, Laura Domenge, Pierre Croce, Benjamin Verrechia.

Ugo : Tous les ans, on produit quasiment le même nombre de minutes de contenu sur une saison, sauf que c’est diffusé tous les jours en télévision. Pour le prime, on a produit ce même nombre de minutes différemment, avec une ambiance de tournage que l’on n’a jamais eue parce que c’était trois semaines intenses. D’habitude, c’est plutôt trois jours par-ci, quatre jours par-là. On avait l’impression de tourner un film ou une série.

Est-ce que c’est vous qui êtes allé vers TF1 avec l’idée de ce prime ou l’inverse ?

Manu : C’est un peu des deux. Entre TF1 et nous, c’était comme un match Tinder (rires). Nous, on se demandait comment évoluer. Eux aimaient la façon dont on programmait le truc, mais ils cherchaient une façon différente de le faire. On est rapidement arrivés à cette idée de soirée de manière commune.

Qu’est-ce que représente la télé pour vous aujourd’hui ? Pourquoi faire ce prime ?

Ugo : Il y a une fierté de donner rendez-vous à des gens pour la première fois. On a fait quasiment 200 sketchs depuis nos débuts et on garde toujours le même plaisir en écriture, en tournage et en montage. Mais à la diffusion, on a un peu perdu ce plaisir parce que c’est devenu un peu la routine pour nous qu’il y a un sketch qui sorte tous les dimanches, avec toujours à peu près le même nombre de commentaires. Pour la première fois, on va dire à tout le monde de venir à telle date.

Manu : Il y a aussi la fierté de ce que l’on a fait. On a essayé de faire un truc ambitieux avec ce côté fil rouge. On a vraiment fait en sorte que ce soit une partie importante du programme. On a l’impression d’avoir donné quelque chose en plus par rapport à ce que l’on fait d’habitude. A la fois parce que TF1 nous a donné les moyens de faire quelque chose de différent, puisque qualitativement c’est mieux que ce que l’on fait d’habitude, c’est plus beau. Et aussi en écriture, on a mis beaucoup d’efforts pour que ça nous ressemble et que ce soit un peu différent.

Est-ce que vous comptez atteindre un nouveau public avec cette soirée ?

Ugo : C’est la première occasion pour les foyers de regarder un programme ensemble. Aujourd’hui, les parents regardent la télé et les plus jeunes regardent YouTube mais ils ne le font jamais ensemble. Nous, on a créé un programme que tu peux regarder en famille dans ton salon. Ça ne veut pas forcément dire qu’on a pratiqué un humour familial, mais ça veut dire que c’est suffisamment osé pour que les parents ne se fassent pas chier et suffisamment débile pour que tout le monde le mate en famille.

Faire tout le temps les mêmes choses, c’est une chose qui vous effraie ?

Manu : Dans la production du prime, on a essayé de changer la façon dont on faisait les choses. On a gardé cet esprit familial mais on a fait le truc un peu différemment. On est allés sur des sujets différents, pour ne pas faire tout le temps les mêmes choses. Même dans la construction du programme, c’était vraiment dur de faire 25 minutes de liant où tout doit être lié thématiquement avec les sketchs pour pas que ça sorte de nulle part. Je ne sais pas si on a réussi à 100 % mais on a l’impression que le contrat est rempli. Ça nous a changés, ça a changé la façon dont on travaille, ça nous a permis de faire des choses différentes, plus longues.

Vous avez des projets de série et de films. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Choopa : On a très envie de refaire une nouvelle soirée de sketchs mais on se dit qu’il faut aussi que l’on s’intéresse à d’autres formats plus longs. Depuis toujours, notre rêve est de faire des blagues ensemble, maintenant on va les faire dans d’autres formats de plus en plus longs. Les projets de séries et de films sont dans notre trousse, mais on se les répartit. Il y a un projet de série sur lequel travaille Manu, un projet de film sur lequel travaille Ugo, et un autre sur lequel je suis aussi. Comme pour nos sketchs, on vient avec nos idées, tout le monde va mettre la main à la pâte, et puis on va chacun travailler sur ses projets. Ce sont toujours des projets de groupe mais on multiplie les chances qu’ils se réalisent.

Ugo : Jusqu’ici, on travaillait vraiment en flux tendu. On ne s’était jamais laissé du temps, et là on l’a pris. Maintenant, on prend du temps pour réfléchir à d’autres trucs. L’envie est là et ce sera un futur objectif.

Manu : Il y a une des séries sur lesquelles on travaille, le projet le plus avancé, qui est un format court. Le but, ce serait de l’accompagner d’une sortie YouTube, avec une première diffusion en télé puis en replay, et quelque temps après, l’épisode dispo sur YouTube. Ce serait une sorte de triple vie du programme. Si c’est une série avec des épisodes de 26 minutes, on ne le diffusera pas sur YouTube parce que ce sera moins cohérent.