« Plus Belle La Vie » : « Même si c’est un divertissement, on arrive à parler du cancer du sein », se réjouit Cécilia Hornus

INTERVIEW La série de France 3 propose cette semaine une intrigue en partenariat avec l’association Ruban Rose, dont Cécilia Hornus est la marraine depuis dix ans

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Cécilia Hornus, alias Blanche dans « Plus Belle La Vie », depuis le 30 août 2004
Cécilia Hornus, alias Blanche dans « Plus Belle La Vie », depuis le 30 août 2004 — Bruno Bebert / Bestimage
  • Plus Belle La Vie aborde cette semaine le sujet du cancer du sein grâce à une intrigue autour d’un quintette d’actrices.
  • Fait assez rare pour le souligner, une vraie association, en l’occurrence Ruban Rose, est mentionnée dans la série.
  • La comédienne Cécilia Hornus, qui en est l’ambassadrice, revient sur l’importance de cette trame scénaristique.

Les Marseillaises font leur show. Cette semaine, Plus Belle La Vie clôt son histoire consacrée au burlesque. Lancée il y a un mois, l’intrigue autour de la confiance en soi des personnages de Blanche et Claire prend une autre tournure aujourd’hui avec la révélation du cancer du sein de Lila, la chorégraphe. Voilà de quoi chambouler les femmes emblématiques du quartier du Mistral, qui décident de renfiler leurs trucs en plume dans le cadre d’un show burlesque en soutien au Ruban Rose.

L’association, parrainée par Cécilia Hornus depuis une décennie, insiste sur l’importance du dépistage précoce. Tous les deux ans, une invitation à réaliser une mammographie gratuite est envoyée à toutes les femmes de plus de 50 ans. Un rendez-vous qui n’est honoré que par la moitié d’entre elles. En se taillant une place de choix dans la série de France 3, Cécilia Hornus espère que l’association gagnera en visibilité. L’actrice, présente depuis le tout premier épisode de Plus Belle La Vie diffusé il y a seize ans, revient pour 20 Minutes sur cette initiative, son intégration à la série, et l’importance d’en parler dans une série de service public.

Comment s’est fait le partenariat entre Ruban Rose et la série ? Est-ce que c’est vous qui en avez eu l’idée ?

Au départ, non, mais c’est vrai que la chaîne sait très bien que je suis marraine du Ruban Rose depuis dix ans. Ce n’est pas toujours évident pour les auteurs d’insérer des sujets autres que ceux qu’ils prévoient dans la manière éditoriale de faire avancer les personnages et les histoires du Mistral. Mais j’avais quand même cet espoir-là. Je suis récompensée, et je trouve que c’est une super démarche parce que le Ruban Rose est très important, le cancer du sein touche une femme sur huit.

Le lien avec l’association se fait grâce à une intrigue autour du spectacle burlesque…

C’est une intrigue qui défend des valeurs féminines, de solidarité, c’était une très belle occasion de mettre en lumière cette association qui est vraiment importante. C’était déjà prévu avant le confinement mais l’intrigue a été décalée. La productrice Géraldine Gendre m’en a parlé, j’ai été tout de suite enthousiaste, et ce qui a été très intéressant, c’est que l’on a créé ce quatuor avec quatre générations de femmes avec Fabienne Carat, Annie Grégorio, Marie Hennerez et moi-même. Ce qui est beau, c’est que quatre générations sont mises en avant parce que le cancer du sein touche toutes les générations de femmes.

Le climax de l’intrigue, c’est la danse burlesque que vous proposez. Comme vous y êtes-vous préparée ?

Cela fait partie des défis qu’on donne aux acteurs. Selon les intrigues, on a plusieurs choses à jouer, dans le drame, la comédie ou des choses plus sportives comme on peut les aborder dans les primes. Quand on a su qu’il y allait avoir un show burlesque, Guénaël Dumur a été approchée parce qu’elle en a déjà fait. On a travaillé en amont pendant un mois à Paris, on a beaucoup répété toutes les cinq. Elle s’est vraiment adaptée à chacune d’entre nous, il y a eu beaucoup de créativité et de bonne humeur. C’était un super défi et une manière de serrer des liens entre nous. Je connais très bien Fabienne [Carat] mais je connaissais très peu Annie [Grégorio] personnellement. 

Au-delà de l’intrigue autour du burlesque, comment la prévention au cancer du sein va-t-elle être abordée dans la série ?

Nos personnages vont décider d’arrêter le burlesque pour diverses raisons, Samia va être un peu harcelée du point de vue des médias après la publication d’une vidéo, c’était aussi intéressant de traiter ce sujet. Ça va nous faire peur et c’est Lila, incarnée par Guénaël Dumur, qui va nous regonfler à bloc, en nous disant que c’est important de s’accepter, de montrer qu’on est heureux de vivre. Elle a été touchée par le cancer et elle s’en est sortie grâce au burlesque et à l’association Ruban Rose. Elle va nous pousser à faire ce spectacle dont les bénéfices seront reversés à l’association. C’est la mise en lumière de l’association à travers son personnage. Cela a déjà dû arriver pour le Téléthon, mais c’est très très rare de parler d’une association dans la série. Elle est vraiment nommée, on en parle plusieurs fois. De notre côté, sur la communication, on est beaucoup en miroir dans tout ce que l’on peut mettre sur nos réseaux sociaux qui sont très suivis par les fans. C’est une belle mise en lumière et j’en suis très fière.

Toute l’intrigue est finalement abordée sous un angle feel-good…

On voulait développer le côté de l’espoir. Le Ruban Rose est une association qui défend beaucoup la prévention et le dépistage. Ce côté-là est très important parce que quand le cancer est dépisté très tôt, il peut être guéri, on peut s’en sortir. Beaucoup d’outils sont aussi mis en place pour l’après maladie. Il faut que la vie continue mais c’est compliqué, donc c’était très bien de l’aborder sous cet angle-là.

On imagine que c’était important pour vous de parler de l’association dans une série aussi populaire que Plus Belle La Vie ?

Plus Belle La Vie est diffusée sur une chaîne du service public qui nous soutient depuis le début. On a un panel d’intrigues, depuis seize ans, qui sont des intrigues policières et de romance, mais aussi beaucoup d’intrigues sociétales qui parlent aux Français, avec le handicap, le chômage, la maladie, le harcèlement, l’homosexualité. Grâce à la série, et même si c’est un divertissement, on arrive à parler de sujets forts comme le cancer du sein et ce que fait le Ruban Rose. L’éclairage est forcément magnifique parce que l’on est suivi par des millions de téléspectateurs tous les soirs. C’est vraiment le but de cette série de défendre cela. C’est aussi multigénérationnel de par les personnages et de par le public qui nous regarde. L’impact est important donc c’était évident que Plus Belle La Vie devait mettre en valeur l’association.