« Pourquoi je vis » : Raconter la vie de Grégory Lemarchal est « un exercice de transmission d’émotion »

TELEFILM Raconter la vie d’une personnalité aussi médiatique que Grégory Lemarchal est un exercice difficile, raconte le producteur

Clément Rodriguez

— 

Mickaël Lumière dans la peau de Grégory Lemarchal
Mickaël Lumière dans la peau de Grégory Lemarchal — CHRISTOPHE CHEVALIN/TF1
  • Ce lundi, TF1 diffuse Pourquoi je vis, son biopic événement sur la vie de Grégory Lemarchal.
  • Le film retrace le parcours du petit garçon, du candidat de la Star Academy et du chanteur.
  • Le producteur Sébastien Charbit explique à 20 Minutes les défis qui se sont imposés à lui durant la préparation de cette fiction.

Dire que l’attente autour de Pourquoi je vis est immense serait un euphémisme. Dévoilé mi-août, le premier extrait du biopic consacré à Grégory Lemarchal a cumulé près de quatre millions de vues sur les réseaux sociaux de TF1, le public oscillant entre le scepticisme de voir la vie de celui qui a ému la France en 2004 transposée à l’écran, et l’envie de le retrouver à l’antenne. Mais retranscrire la vie d’un artiste qui a grandi devant les yeux de millions de téléspectateurs n’est pas chose facile, et la vie du projet, de sa naissance jusqu’à sa diffusion, ne s’est pas faite sans encombre.

L’envie de raconter la vie de Grégory Lemarchal est née il y a cinq ans dans l’esprit du producteur Sébastien Charbit. S’en est suivie une discussion avec ses parents, Pierre et Laurence, mais tous les deux ont répondu que c’était encore trop tôt pour eux. Jusqu’au jour où ils se sont sentis prêts à franchir le pas. L’accord du couple a déclenché l’écriture de différentes histoires, dont une première version avec laquelle ils étaient à l’aise, mais que TF1 a refusée. Des ajustements ont alors été nécessaires afin de satisfaire à la fois la chaîne et la famille.

L’impossible adaptation d’une vie en 90 minutes

En tant qu’interlocuteurs prioritaires, les parents de Grégory Lemarchal ont eu un droit de regard sur les différentes étapes du processus créatif. Et parce qu’il est impossible de réduire une vie à un téléfilm, la production a dû faire des choix. « Ils ont accepté qu’on mette parfois un pas de côté parce que raconter la vie de quelqu’un en 90 minutes demande un exercice de narration qui n’est pas celui d’un documentaire, c’est une réécriture », confie Sébastien Charbit.

Tel un condensé de la réalité, Pourquoi je vis raconte, en cent séquences, la jeunesse de Grégory, ses premiers pas sur scène, son parcours dans Star Academy et son succès en tant que chanteur, le tout sous le prisme du regard de sa famille. « Il faut que chaque séquence révèle une chose, voire deux ou trois, et que ce ne soit pas indigeste, raconte le producteur. Parce que si on raconte ce qu’il s’est passé, ça va nous prendre cinq ou six séquences pour le faire, et donc il y a plein d’autres choses qu’on ne va pas raconter. »

Le film dépeint les moments les plus marquants de la vie de Grégory Lemarchal, alternant entre l’intimité familiale de sa jeunesse et ses prouesses télévisuelles dans Star Academy. L’idée d’une retranscription chronologique des événements n’a pas été envisagée, car « l’exercice de fiction n’est pas un exercice de documentaire, mais de transmission d’émotion. Sinon, autant lire une page Wikipédia », lance Sébastien Charbit. C’est ce qui explique également pourquoi certains éléments, qui ne sont pas strictement fidèles à la réalité, risquent de faire tilt chez certains fans. « On n’est pas là pour faire le jeu des sept erreurs avec la réalité », rappelle le producteur, qui a préféré privilégier l’émotion par rapport au copier-coller des différents éléments du plateau de la Star Ac, par exemple.

Une première séquence dans le feu de l’action

L’ouverture du téléfilm se fait sur la prestation la plus mémorable de Grégory Lemarchal, du temps où il était élève au château de Dammarie-les-Lys. Les notes de S.O.S d’un terrien en détresse résonnent et Mickaël Lumière, qui incarne le candidat, apparaît. La pression a été énorme à ce moment-là pour le comédien, puisqu’il s’agissait de la toute première scène du tournage. L’acteur n’avait pas le droit à l’erreur, et a enchaîné cette prestation avec le tournage de la scène de la victoire en finale. Tout cela en deux jours…

Alors que la production et la chaîne s’étaient mises d’accord sur plusieurs noms pour incarner Grégory Lemarchal à l’écran, elles ont accepté de recevoir Mickaël Lumière suite à une proposition du directeur de casting. Avec ses cheveux lissés, des vêtements similaires à ceux de son personnage et un travail remarquable sur le play-back, il a séduit l’équipe du film. « Il avait la conviction qu’il était la meilleure personne pour faire ça, confie Sébastien Charbit. Il est venu très humble mais convaincu. »

La magie devrait vraisemblablement opérer entre le comédien et le public de TF1, notamment lors de ses prestations sur le plateau de la Star Academy ou sur la scène de l’Olympia. Pourquoi je vis ne manque pas de rappeler l’existence de l’association Grégory Lemarchal, créée par ses parents en 2007 dans le but de lutter contre la mucoviscidose. Le film sera d’ailleurs suivi d’un documentaire relatant les coulisses de tournage et le combat de la famille de Grégory, disparu il y a treize ans.