Deux décrets autorisent désormais la publicité ciblée et la promotion du cinéma à la télévision

NOUVELLES REGLES La publicité dite « segmentée » et la diffusion de longs-métrages le samedi à la télé entreront en vigueur vendredi

20 Minutes avec AFP

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Un père et sa fille devant la télévision (illustration)
Un père et sa fille devant la télévision (illustration) — Jenny Norquist/Mood B/REX/SIPA

C’est une petite révolution qui se prépare pour la télévision. Deux décrets, publiés jeudi au Journal officiel et qui entreront en vigueur vendredi, vont assouplir les règles du petit écran, d’une part en matière de publicité, et d’autre part en ce qui concerne la promotion et la diffusion du cinéma dans la petite lucarne.

Le premier décret porte sur l’assouplissement du régime encadrant la publicité télévisée. Il autorise la publicité segmentée, c’est-à-dire des spots ciblés diffusés en fonction de certains critères, notamment géographiques ou liés au profil des téléspectateurs, via les box des fournisseurs d’accès à Internet.

De nouvelles mesures en faveur du cinéma pendant dix-huit mois

En outre, ce texte autorise pour une période de dix-huit mois les publicités télévisées en faveur du secteur du cinéma. Celles-ci étaient jusqu’ici interdites, une mesure qui visait à soutenir les films indépendants qui n’ont pas a priori pas les moyens de se payer des campagnes publicitaires, contrairement aux "blockbusters" américains. Le décret prévoit cependant que cette autorisation de la publicité pour le cinéma à la télévision fera l’objet d’un rapport d’évaluation dans un délai de quinze mois, afin de vérifier, justement, son impact sur la filière du cinéma et notamment d’évaluer le profil des films qui profiteront de cette réforme.

Un second décret, également publié au Journal officiel jeudi, met fin à une règle très décriée par les chaînes du PAF : celle qui leur interdisait de diffuser en clair des films certains jours ou soirs (notamment les jours de sortie des nouveaux films en salles), comme le samedi. Une disposition qui visait à protéger les salles de cinéma, mais qui ne s’appliquait pas aux plateformes de streaming et dont les chaînes réclamaient la suppression.

Objectif : réduire l’écart avec Netflix et Amazon

Les mesures entérinées dans ces deux textes visent à remettre les chaînes du PAF sur un pied d’égalité avec les plateformes de streaming vidéo, en assouplissant une partie des contraintes réglementaires qui pesaient sur les chaînes traditionnelles mais qui ne s’appliquaient pas en revanche aux acteurs de la télévision en ligne comme Netflix ou Amazon. Elles visent en outre à soutenir la création audiovisuelle française en aidant les chaînes tricolores à développer leurs recettes publicitaires, ce qui devrait bénéficier par ricochet à toute la filière.

Ces dispositions, très attendues par les professionnels de la télévision et les annonceurs, d’autant que leur publication a pris des mois de retard en raison notamment de la crise du Covid-19, s’inscrivent dans la vaste réforme du secteur de l’audiovisuel présentée l’an dernier par l’ancien ministre de la Culture Franck Riester.