Malgré la suspension de la grève, pas de soirée électorale sur BFM et RMC

NEGOCIATIONS Les salariés des antennes de BFMTV et RMC ont décidé de suspendre le mouvement de grève ce lundi à 9 heures. Il n’y aura donc pas de soirée électorale ce dimanche sur leurs antennes

A.D. avec AFP

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Illustration micro et camera de la chaine d information BFMTV
Illustration micro et camera de la chaine d information BFMTV — ALLILI MOURAD/SIPA

Les équipes de NextradioTV ont été en partie entendus. Les salariés des antennes du groupe médias qui rassemble BFMTV, BFM Paris, BFM Business, RMC et les rédactions digitales de NextRadioTV, s’étaient mis en grève ce mercredi contre un plan d’économies prévoyant 500 suppressions de postes, soit le tiers des effectifs de cette filiale du groupe Altice.

Réunis en assemblée générale ce dimanche à 16 heures, ils ont finalement décidé de suspendre la grève, après que la direction a annoncé qu’il n’y aurait pas de départs contraints avant novembre 2021.

« La grève sera suspendue lundi matin à 9 heures »

« La grève sera suspendue lundi matin à 9 heures », a confirmé ce dimanche à 20 Minutes un journaliste au service politique à RMC. « Nous avons reçu un mail de la direction environ deux heures avant l’AG. Ce mail annonçait un plan de départ volontaire du 15 juillet à fin novembre avec au maximum 330 CDI concernés, mais pas de départ contraint, ni de licenciement économique jusqu’en novembre 2021 », explique un journaliste reporter de BFM TV. Et de détailler : « La direction est ouverte aux négociations sur le volume des pigistes, et c’est aussi un point essentiel. Les personnes qui travaillaient sur RMC Sport vont pouvoir trouver de nouveaux postes au sein de la nouvelle organisation. »

Anticipant un écroulement des recettes publicitaires, NextRadioTV avait annoncé un plan de réduction d’effectifs à la mi-mai. « Nous avons été déficitaires en avril et en mai pour la première fois depuis dix-sept ans », explique Alain Weill dans les colonnes du Journal du Dimanche. La crise du coronavirus a été « un coup de massue et personne n’y échappe : TF1, M6, Canal+... Les mois à venir vont être difficiles pour tout le monde », prévient-il.

Les SDJ du groupe avaient annoncé ce samedi dans une tribune publiée sur le site du Journal du Dimanche qu’ils ne couvriraient pas le second tour des municipales. « Un crève-cœur en tant que journalistes, avaient-ils précisé. Nous devrions être présents dans des dizaines de villes, devant les QG de campagne, sur les plateaux, dans les rédactions, pour vous raconter, décrypter, vivre avec vous ce temps fort de la démocratie. C’est notre mission. Pourtant nous ne la remplirons pas. »

« Il n’y aura pas d’antenne ce dimanche »

Le journaliste du service politique de RMC aurait dû être ce dimanche en province pour couvrir les élections municipales. « Comme nous étions en grève, je suis resté à Paris et j’ai assisté à l’assemblée générale. C’est une journée particulière sur le plan professionnel et personnel, c’est notre premier mouvement de grève », raconte-t-il. « Certaines équipes sont sur place et attendent de faire des reportages sur les municipales qui seront diffusés à l’antenne ce lundi. La grève est maintenue jusqu’à demain 9 heures et il n’y aura pas d’antenne ce dimanche », explique de son côté le journaliste de BFM TV.

C’est la première fois que le journaliste du service politique de RMC ne traite pas d’une actualité politique aussi forte. « J’ai le cœur lourd, confie le journaliste, mais je sais pourquoi je ne vais pas couvrir cet événement. Nous avons beaucoup donné pendant la crise du Covid-19, et nous attendions ces élections comme une récompense. Il y a une grande frustration professionnelle. »

La couverture du second tour des élections municipales a été « réadaptée » et confiée à « des pigistes et des CDD », selon un membre de la SDJ à l’AFP. « On n’a pas fait tout ça pour rien. Le mouvement a fait bouger les lignes. Les organisations syndicales peuvent désormais retourner à la table des négociations sereinement. Et je peux le dire d’autant plus que je ne suis pas syndiqué », conclut le journaliste de RMC.