VIDEO. « Zone Interdite » : « Tous nos reportages vont être impactés par le coronavirus », assure Ophélie Meunier

INTERVIEW L’émission emblématique des dimanches soir de M6, « Zone Interdite », revient pour des reportages inédits à partir de ce dimanche

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Ophélie Meunier présente « Zone Interdite » depuis 2016
Ophélie Meunier présente « Zone Interdite » depuis 2016 — Benjamin Decoin/M6
  • Zone Interdite est de retour ce dimanche sur M6 avec des inédits.
  • Les équipes du programme ont fait le choix d’un thème feel good et proche des Français pour accompagner le déconfinement.
  • Ophélie Meunier explique à 20 Minutes ce que la crise du coronavirus a changé pour l’émission.

La voix de Michel Jonasz va de nouveau résonner dans le salon des Français le dimanche soir sur M6. Ce 24 mai, Zone Interdite est de retour après plusieurs semaines de pause en raison du coronavirus. Avec le reportage « Envers et contre tout : ils construisent la maison de leurs rêves », l’émission suit les péripéties de quatre familles qui ont décidé de changer leur habitation. Une telle aventure s’accompagne naturellement de rebondissements, mais c’était sans compter sur la pandémie de Covid-19 et le confinement, venus perturber les projets des protagonistes du documentaire. A la tête de l’émission depuis 2016, Ophélie Meunier s’est confiée à 20 Minutes sur les conséquences du coronavirus pour Zone Interdite, la reprise du tournage, et le futur du programme.

« Zone Interdite » revient en inédit dimanche avec un sujet sur les constructions et rénovations de maison. Pourquoi avoir fait le choix de ce reportage ?

On avait démarré le tournage bien avant le confinement. Il faisait partie de ces quelques docs qu’on a réussi à ne pas mettre sur pause à partir de mi-mars. Il se trouve qu’il est sur nos propres maisons, et nos chez-nous sont devenus le centre de nos vies ces derniers mois. Ça tombait parfaitement bien, c’était un alignement de planètes.

Il y a des cas exceptionnels comme celui de l’architecte qui se plante dans les mesures… Comment trouvez-vous ces familles ?

Cela se fait par connaissances, par réseau, et parfois par le biais de constructeurs de maisons que l’on contacte directement. Ils nous proposent un certain nombre de familles qui sont en chantier, puis on les rencontre. Dans ces moments-là, on se dit que ça peut être intéressant de rencontrer ces familles, mais il faut encore qu’elles soient d’accord pour être suivies. On est exigeants, on demande vraiment à faire partie de la vie de ces personnes pendant plusieurs mois, donc c’est un investissement de temps et d’énergie pour eux aussi.

Au moment de l’annonce du confinement, est-ce que ce sont les équipes qui ont pris contact avec les familles, ou l’inverse ?

Dans ce cas-là, ce sont nous qui avons immédiatement demandé aux familles si on pouvait continuer avec elles. Par chance, cela faisait plus de six mois qu’on les suivait, donc ils nous connaissaient par cœur et nous faisaient confiance. Pour la plupart des documentaires dont on a poursuivi le tournage en France pendant le confinement, c’était notre démarche de demander à nos témoins si on pouvait continuer à les suivre, et tout le monde a dit oui.

Comment les équipes de l’émission ont-elles travaillé sur le terrain ?

Il se trouve que les familles ont accepté que l’on continue à tourner si on mettait masques, gants et que l’on gardait les distances. On a vraiment réduit au strict minimum le nombre de personnes, et on a appliqué les gestes barrières, avec les masques, les gants, le gel, des protections sur toutes les bonnettes de micro. Le plus important, c’était de garder nos distances. On a appliqué tout ça à la lettre, et cela s’est très bien passé.

Y a-t-il eu une période de pause dans les tournages, ou les équipes ont-elles continué à travailler même à l’annonce du confinement ?

Il n’y a pas eu de pause pour ce documentaire. Pour d’autres, il y a eu une semaine ou quinze jours de flottement à l’annonce du confinement pour voir ce qui était prioritaire, ce qu’il fallait continuer de tourner, ce qui pouvait attendre. Tout ce qui était à l’étranger a été suspendu, donc la question ne s’est posée que pour les tournages en France.

Quels sujets seront diffusés dans les prochaines semaines ? Ont-ils, eux aussi, été impactés par le coronavirus ?

La semaine prochaine, on diffuse le doc « Séjours insolites ou à sensations fortes pour des vacances près de chez soi ». Ce qui est intéressant, c’est qu’on avait tourné une grosse partie avant le confinement. Ce lundi, on va filmer la manière dont tous ces lieux, qui pourront tout à fait être des destinations pour les Français cet été, se sont adaptés à cette nouvelle vie. A partir de maintenant, tous nos reportages vont, d’une certaine manière, être impactés par le coronavirus. Nos vies et notre quotidien ont changé, donc on ne peut pas faire comme si de rien n’était, comme si ça n’existait pas. Ça va être systématiquement mis à jour dans chaque documentaire.

Vous avez également eu l’exclusivité de tourner à bord du paquebot qui n’a jamais été touché par le coronavirus…

Oui, on a suivi les dernières personnes au monde à vivre normalement sur un paquebot alors qu’on était tous confinés. Comme personne n’était malade, ils ont pu continuer à vivre, aller au restaurant en attendant de débarquer. Cette croisière autour du monde, c’était la première, et on a eu l’autorisation d’y tourner en exclusivité. Lorsque le confinement est arrivé, nos personnages ont accepté de continuer à être suivis, donc on pourra raconter l’histoire de ce paquebot qui a fait le tour du monde et a fini son périple en faisant la fête sans aucun cas de coronavirus à bord.

En janvier, un reportage très fort était diffusé sur les enfants placés. Vous revenez avec un sujet plus feel good. Est-ce la recette du succès que d’alterner ces deux types de reportages ?

Zone Interdite est un magazine qui essaye d’être le reflet de la société française. La vie de chacun d’entre nous est faite de jours heureux et de moments plus difficiles. Voilà pourquoi Zone Interdite est fait, en moyenne, d’environ une moitié de documentaires plus durs, et d’autres plus feel good. On va continuer à faire cela parce qu’on en a besoin. Avec le confinement, les Français ont besoin de voir des choses qui font du bien et on va essayer de répondre au moral du moment.

Avez-vous re-signé pour la saison prochaine à la tête de l’émission ?

Oui, on repart pour une saison. Ensuite, on regardera tranquillement la façon dont les choses évoluent au fil de l’année pour les saisons prochaines. Chaque chose en son temps. Pour la saison à venir, je serai là.